Du 2 au 11 avril 2026, le Festival international de cinéma Vues d’Afrique revient à Montréal avec une 42e édition riche de 117 films issus de 43 pays. Entre mémoire, transmission et dialogue des cultures, la programmation affirme la vitalité d’un cinéma africain en pleine effervescence.


« Beaucoup de films, cette année, sont des adaptations d'œuvres de romans d'auteurs africains »
Une 42e édition placée sous le signe du partage pour le festival Vues d'Afrique qui se tiendra du du 2 au 11 avril 2026 à la Cinémathèque québécoise et à l'Université du Québec à Montréal.
Dans l’atmosphère chaleureuse de la Cinémathèque québécoise, la conférence de presse s’est ouverte de manière musicale avec une entrée chantée de la marraine Djely Tapa, accompagnée de percussions.

Le maître de cérémonie Cyril Ekoala a donné le ton : « C’est un honneur d’être ici devant vous ce matin. C’est un retour à la maison comme on dit ». L’édition 2026 est placée sous le parrainage de Djely Tapa et d'Achille Ubalijoro.
« Moi aujourd'hui je suis très comblée et heureuse parce que j'ai commencé ma carrière artistique ici accompagnée et soutenue par Vue d'Afrique », raconte fièrement l’artiste malienne-canadienne.
De son côté, l'homme d'affaires Achille Ubalijoro a évoqué son parcours et la responsabilité des diasporas « Nous qui avons amené nos racines d'ailleurs, nous avons un devoir de créer des ponts. »
Présente lors de la conférence, Andréanne Moreau, représentante de la mairesse de Montréal, a souligné le rôle du festival dans la vie culturelle de la ville : « Vues d'Afrique nous fait découvrir des histoires puissantes et vibrantes […] et contribue à notre attractivité à l'internationale. »

Festival Vues d’Afrique : Coup d’envoie du Rallye-Expo
Un festival ancré dans ses lieux montréalais
Cette 42e édition se déroulera principalement à la Cinémathèque québécoise et dans la salle de cinéma de l’UQAM. « Nous avons un attachement très profond à ce lieu. Étant donné que nous sommes présents depuis 4 décennies », confie Géraldine Le Chêne, directrice générale du Festival.
Elle a également salué les partenaires historiques du festival « Merci à la Cinémathèque québécoise qui nous accueille aujourd'hui pendant ce 42e festival. Je tiens à souligner la qualité des projections et de toute l'équipe professionnelle et bienveillante. »
Le festival reste aussi dépendant du soutien de ses partenaires publics et privés « sans des partenaires qui l'accompagnent, qui le soutiennent, c'est très difficile », rappel le journaliste Cyril Ekoala, maître de cérémonie de cette matinée.
La Cinémathèque québécoise, fondée en 1963, joue un rôle majeur dans la conservation et la mise en valeur du patrimoine audiovisuel québécois et international, tout en accueillant festivals et projections.
Une programmation riche venue de 43 pays
La programmation 2026 témoigne de la vitalité du cinéma africain et des diasporas. Sur plus de 500 films reçus, 117 ont été sélectionnés, représentant 43 pays. « Beaucoup de films, cette année, sont des adaptations d'œuvres de romans d'auteurs africains », souligne Gérard Le Chêne le fondateur du festival.
Les films abordent des thématiques variées comme « la famille, la transmission, la migration, l'exil, la justice sociale », a-t-il expliqué.
Parmi les temps forts, le festival proposera plusieurs sections : fictions, documentaires, courts métrages et animations. Ainsi que des projections spéciales et des rencontres professionnelles. Pour Gérard Le Chêne, l’objectif reste avant tout de faire découvrir ces œuvres au public.
« Les films sélectionnés démontrent que le cinéma africain est aujourd'hui l'un des plus dynamiques du monde. »
Une affiche artistique pour célébrer le cinéma
Cette année, l'affiche a été conçue par l’artiste Ahmed Hasni. Son œuvre numérique, intitulée Projection fertile, mêle peinture et lumière cinématographique.
Pour les organisateurs, cette création met en scène « l’énergie du septième art à travers des couleurs lumineuses et des silhouettes évoquant une équipe de tournage », rendant hommage à celles et ceux qui travaillent derrière la caméra.

Aux origines de Vues d’Afrique
À l’origine du festival, un constat aussi simple que frappant : il y a plus de quarante ans, l’Afrique restait largement méconnue en Occident. Son fondateur, Gérard Le Chêne, s’en souvient avec précision : « Il y a 44 ans, l’Afrique était mal connue. Les Occidentaux ne la connaissaient qu’à travers les films de Tarzan. »
L’image est forte, mais elle n’a rien d’anecdotique. Lors d’une émission de radio, des étudiants africains se voient poser une question révélatrice des clichés de l’époque :
« Est-ce que, quand vous ouvrez la porte, vous n’avez pas peur qu’il y ait un lion derrière ? »
Face à ces représentations caricaturales, la réaction est immédiate. Avec quelques proches, Gérard Le Chêne décide d’agir. « On était un petit groupe d’amis qui connaissaient bien l’Afrique, qui l’aimaient. » L’idée s’impose alors : créer à Montréal une semaine dédiée au cinéma africain. Une initiative modeste, presque expérimentale — mais dont le succès dépasse rapidement les attentes.
Quarante ans plus tard, Vues d’Afrique s’est imposé comme l’un des rendez-vous majeurs du cinéma africain et créole, fidèle à sa mission première : montrer, raconter et faire évoluer les regards.

Un festival tourné vers l’avenir
Après plus de quatre décennies d’existence, Vues d’Afrique poursuit son développement. La directrice générale Géraldine Le Chêne, autour d’une question, a évoqué un projet qui lui tient particulièrement à cœur : l’implantation du festival sur le continent africain. « C'est un rêve que j'ai depuis plusieurs années et j'espère le réaliser dans les deux ou trois prochaines années. » Elle souhaite notamment ouvrir un bureau au Togo afin de renforcer les collaborations culturelles : « La demande est grande pour que Vues d'Afrique soit présente en Afrique. »
Une ambition qui prolongerait encore davantage la mission du festival : créer des ponts entre les cultures et les continents.
Sur le même sujet













