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TÉMOIGNAGE D'EXPAT - 6 trucs infaillibles pour RATER son expatriation

Par Lepetitjournal Montreal | Publié le 03/11/2015 à 23:00 | Mis à jour le 04/11/2015 à 00:00

Et oui, la vie à l'étranger fait rêver, saliver, fantasmer, ?
Pourtant l'expatriation est tout sauf facile, n'est pas si rose, et peut même mener à des déceptions, des désillusions, voire des dépressions.

 

 

Personnellement c'est cette phrase de Mark TWAIN qui a été mon déclic :



Je m'estime « ben chanceuse » (à lire avec l'accent Québécois) que ma vie en Amérique du Nord et en Espagne se soient bien passées (l'une en couple, l'autre en famille). Pourquoi ? Parce-qu'à l'époque, personne de mon entourage n'a su me conseiller, m'épauler et me (PRÉ)PARER pour ma nouvelle vie.

Depuis le début de mon expatriation, je croise régulièrement des personnes (bien plus nombreuses que ce que l'on pourrait croire) qui ont malheureusement échoué dans cette aventure. Les raisons de cet échec semblaient différentes à première vue, mais je me suis rapidement aperçue qu'elles se comptaient sur les doigts de la main (d'un polydactyle***).

Si tu te prépares à franchir le pas de l'expatriation, assure-toi d'éviter les 6 écueils suivants, qui pourraient transformer ton rêve en cauchemar.

Partir pour les mauvaises raisons

Tu pars pour découvrir une autre culture, t'ouvrir l'esprit, sortir de ta zone de confort, te confronter à l'inconnu, parler une nouvelle langue, vivre une nouvelle aventure (seul, en couple ou en famille), changer (de vie, de travail, d'endroit) ? Ce sont de BONNES raisons : tu es sur la voie d'une expatriation réussie !

En revanche si tu pars pour FUIR, la réussite de ton expatriation me paraît plutôt compromise (hormis bien évidemment dans le cas de réfugiés politiques, ce billet s'adressant principalement à des lecteurs Français, Belges et Suisses?).

Quand je parle de fuite, je pense plutôt au refus d'affronter ses problèmes personnels et/ou psychologiques, de se remettre en question, de rejeter la société, etc. 9 fois sur 10, tes problèmes te rattraperont, même si tu vis à l'étranger.

 

Comme le dit Robert Louis Stevenson :

"Il est inutile de fuir ses faiblesses, il faut les affronter ou périr. Et quitte à les affronter, autant le faire tout de suite et aussi directement que possible."

Je ne dis pas que c'est facile (je ne pense d'ailleurs pas en être capable, car personnellement je n'ai rien fui, SAUF, après mûre réflexion, ceux qui me demandaient : « Et toi, les bébés, c'est pour quand ? » ;) ) et j'anticipe des réactions de certains de mes compatriotes, mais la fuite est une mauvaise raison, selon mon humble avis? Et qui dit mauvaise raison dit foncer dans le mur?

Le refus de l'échec

"Si vous n'échouez pas de temps à autres, c'est signe que vous ne faites rien de très innovant" woody Allen

La peur et les doutes sont omniprésents avant le grand départ (sauf si tu es un super héros bien sûr). Ce sont des émotions normales, humaines, que l'inconnu réserve à tous : vais-je m'adapter, vais-je aimer ma nouvelle vie, vais-je trouver le boulot de mes rêves, mes enfants vont-ils s'intégrer, ? ?

Mais de toutes les peurs, il y en a une que tu devras combattre, si tu veux réussir ta vie à l'international : la peur de l'échec. Une fois « là-bas », tu sentiras plus d'une fois le fantôme de l'échec planer lourdement au-dessus de ta tête? et il y a de fortes chances que tu ne réussisses pas du premier coup. Mais perdre une bataille ne signifie pas perdre la guerre.

L'important est d'en tirer un enseignement (et de l'humilité, ce qui ne fait de mal à personne, surtout si tu es Français ;) ), de relever ta tête et tes manches, et de repartir au combat, en te disant : « C'est pas grave, cette fois ça n'a pas marché, la prochaine fois sera la bonne. »

Si tu capitules au premier obstacle, au premier refus, à la première défaite, ben? tu ferais mieux de rentrer au bercail.

Personnellement, je me suis retrouvée à faire cuire des céréales à mon arrivée à Montréal dans un petit atelier, après avoir quitté un poste de direction à Paris pour Danone (avec la voiture et les ?????? qui allaient avec? ;) ). Mes enfants (alors âgés de 4 et 6 ans) n'ont maîtrisé l'espagnol qu'après plusieurs mois, alors qu'on m'avait garanti qu'en 1 mois, ils seraient bilingues. Mon conjoint n'avait toujours pas la sécurité sociale espagnole, après 2 ans à Valencia?

Et pourtant, ça roule ma poule ! Pourquoi ? Parce-qu'on reste confiant (même si la vie n'est pas rose tous les jours), qu'on ne regarde jamais en arrière, et qu'on se remet en question régulièrement? mais qu'est-ce que ça fatigue en revanche ! (Soupirs)

Je parle toujours de notre « petite étoile » à ceux qui m'interrogent sur notre avenir (encore incertain). Mais sincèrement, cette petite étoile, tu devras la nourrir tous les jours de positivisme et de confiance en l'avenir. Mais la récompense sera là, garanti ! :)



Ne pas être (pré)paré

J'entends deux choses par là : la première, évidente, est l'absence de préparation « administrative », à savoir ne pas faire les démarches nécessaires pour quitter ton pays natal l'esprit tranquille (impôts, sécu, passeports, ?) ET pour t'installer sereinement dans le nouveau pays (argent de côté, permis de conduire, assurance maladie locale, reconnaissance de diplômes, etc? sans oublier beaucoup de lecture pour t'imprégner de la culture locale, éviter les faux pas, gagner du temps, etc).

L'autre absence de préparation, est beaucoup plus subtile mais tout aussi (encore plus ?) importante : la préparation MENTALE. À quoi ? Au choc culturel, à l'échec (encore lui), et aux mauvaises surprises qui t'attendent (parce qu'il y en aura, sache-le), une fois sur place. Mais il y a pire. Le pire, tu y seras confronté AVANT ton départ : il s'agit de la PRESSION SOCIALE !!!!

Ah, la pression sociale (soupirs)? En vrac : « Quoi, tu quittes ton super poste sans avoir trouvé un job là-bas? », « Tu viens du Sud, t'es frileuse et tu vas vivre au Québec ? », « C'est la crise en Espagne et tu vas quand même vivre là-bas ? », « Tu ne sais pas parler Espagnol : comment tu vas faire ? », « Les soins en Amérique du Nord, c'est super cher ! T'as pas intérêt à avoir un problème de santé? « . (J'en ai 2000 autres dans ce style, pour ceux que ça intéresse?)

Et ÇA, comment dire? ÇA, si tu n'as pas préparé ton voyage avec précaution avant de L'affronter, c'est l'échec assuré. Si tu as un mental d'athlète, et que tu es amateur de méditation, de boxe, de yoga et de musique : tu pars avec un bonus de réussite, car tu y auras régulièrement recours, avant ton départ.

Les « pompeurs » d'énergie


J'ai pris conscience (bien trop tard à mon goût) du pouvoir de l'énergie (positive ou négative) de mon entourage, et des effets sur ma force santé mentale.

Un bon moyen de ne pas réussir son expatriation est de s'entourer de ces gens qui ne font que »pomper » de l'énergie aux autres, qui dramatisent tout, qui râlent tout le temps (ah tiens, la France se vide ? ;) ), qui te conteront des mauvaises expériences à l'étranger du cousin de la tante de la prof de math et de celle du beau-frère du collègue de la voisine.

Le départ pour l'étranger nécessite BEAUCOUP de courage, de motivation et d'énergie. Une fois que tu auras pris ta décision de partir, n'hésite pas à te montrer égoïste en gardant précieusement ce capital pour toi, et en mettant entre parenthèse temporairement ton côté « bon samaritain ». Conseil du jour : envoie ch? évite ces personnes négatives jusqu'à ton départ, et tu doubleras tes chances de réussir ton expatriation.

Quelqu'un qui veut mettre toutes les chances de son côté pour réussir a besoin de toutes ses forces pour franchir le pas. Ces forces, on les puise en soi, mais pas seulement.

C'est fou ce que comme les petites phrases dans le genre « Tu vas réussir », « J'ai confiance en toi », « Je t'admire », « Fonce », « Si ça va pas là-bas, n'hésite pas à m'appeler » ont un effet décuplant sur notre confiance en nous. En cas de coup de stress ou coup de blues, il suffit d'appeler les personnes à l'origine de ces phrases ou d'aller boire un café avec elles , et tout repart comme en l'an quarante.

Alors si tu veux franchir plus facilement le pas de l'expatriation, fréquente sans modération les personnes qui dégagent cette énergie positive.  Ces « coach de vie » sont faciles à repérer : à leur contact, ta force double de puissance et tu les quittes toujours « gonflé » à bloc.

Petite parenthèse pour ceux qui partent vivre au Québec : cette nation regorge de personnes ouvertes, positives, et entreprenantes. C'est LA plus grande différence que j'ai notée avec la mentalité française. Le contact des Québécois m'a beaucoup enrichie sur ce sujet.  À titre d'exemple, leurs panneaux et pancartes (même gouvernementaux) contiennent toujours des consignes positives, alors que pour le même message, la consigne sera négative. Devinez laquelle de ces consignes est québécoise et l'autre française : « Interdiction d'aller sur la pelouse » vs « Prière de rester sur les sentiers ». Ça veut dire la même chose, mais ça fait pas le même effet, non ?

Les mauvaises excuses

IL N'EST JAMAIS TROP TARD...

Depuis tout petit, tu rêves d'aller vivre en Australie ? D'étudier les ours polaires ? De faire de l'humanitaire (je te tire mon chapeau au passage) ? De sauver les baleines ? De cultiver des vignes au Chili (il n'y a pas que les vins Français en effet dans la vie?) ?

Arrête de rêver, réveille-toi et PASSE À L'ACTION !!! Go, fonce,  arrête de remettre au lendemain, d'avoir peur d'avoir peur (non, ce n'est pas une faute de frappe :) ), de te trouver des excuses :

YES you can, JUST do it. (Ça te dit quelque chose, mmmh ?)

Partir vivre à l'étranger, c'est un peu comme décider d'avoir des enfants : ce n'est JAMAIS le bon moment : c'est trop tôt pour certains, c'est trop tard pour d'autres. Les raisons semblent bonnes, et pourtant? c'est possible ! Et ce, quel que soit ton âge, ta situation professionnelle, l'âge de tes enfants, la santé de tes parents?

Fais le premier pas (prendre la décision de partir vivre à l'étranger) : c'est le plus difficile, et tu verras que les suivants s'enchaîneront.

L'Eldorado

Si tu t'attends à vivre au pays des Bisounours, où tout est beau, où tout le monde il est gentil, où les employeurs seront prêts à s'entre-tuer pour t'offrir le travail de tes rêves, où tu seras chaleureusement accueilli et immédiatement intégré :  reste à la case départ (chez toi), sinon la chute sera terrible et l'échec assuré.

Encore une fois, prépare-toi à devoir surmonter des obstacles, prendre des claques (au sens figuré au moins), courir d'administration en administration, vivre des moments de solitude, de déception et d'incompréhension. Bref, goûter aux « joies » de l'immigration?

Combien de mes compatriotes ai-je vu déchanter, halluciner, capituler et rentrer chez eux, après quelques mois dans leur nouvelle patrie (qui ne le sera jamais finalement). La plupart du temps, c'est parce-qu'ils avaient trop d'attentes, parce-qu'ils ne s'étaient pas suffisamment renseignés, parce-qu'ils résistaient (souvent inconsciemment) à s'adapter et donc à s'intégrer, parce-qu'ils voulaient continuer vivre à la Française (à la Belge ou à la Suisse, c'est pareil !).

Même si plusieurs pays y ressemblent, l'Eldorado n'existe pas (et tant mieux, sinon on y vivrait tous ! ). Mais avec un minimum d'efforts, il peut y ressembler. :)

 

En conclusion:

Je laisse la parole à Pablo Neruda? qui résume en une soixantaine de mots ce que j'ai écrit en presque 2000 ! (ma carrière d'écrivain, c'est pas pour demain, je sais? ;) )



Si cet article te fait réagir,  si tu aimes ta vie à l'étranger ou si tu la vis mal,  si tu as échoué, si tu as réussi, si tu as d'autres conseils à donner pour réussir un départ et une vie à l'étranger, tes commentaires sont les bienvenus !

*** : Si tu n'as pas aimé ce billet, mais que tu as cliqué sur le lien de polydactyle, tu n'auras pas perdu 100% de ton temps !

Laurence Comet pour (Lepetitjournal.com/Montréal) Mercredi 4 novembre 2015

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