Venue au Québec avec l'idée de vivre une expérience à l'étranger, Marie Foucherot pensait poursuivre sa route ailleurs. C'est finalement Montréal qui l'a convaincue de rester. À la tête de Vecteur Environnement, la revue de Réseau Environnement, le plus important réseau de spécialistes en environnement du Québec, elle met aujourd'hui son regard de journaliste au service d'un sujet qu'elle souhaite rendre accessible au plus grand nombre, sans jamais perdre son attachement au monde de la culture.


Née à Paris mais élevée à Bordeaux, où elle s'installe avec sa famille à l'âge de 6 ans, Marie Foucherot grandit avec une curiosité naturelle pour les autres cultures. Les voyages occupent déjà une place importante dans sa vie. Sans encore savoir où ils la mèneront, ils façonnent progressivement son regard sur le monde.
Lorsque Marie évoque son parcours, elle ne parle jamais de carrière toute tracée. Elle parle de curiosité.
Curiosité pour les pays qu'elle découvre, pour les personnes qu'elle rencontre, pour les histoires qu'elle recueille. De Dublin à la Mongolie, de Paris à Montréal, puis du Mexique, son itinéraire dessine moins une succession d'emplois qu'une manière d'habiter le monde.
Aujourd'hui, cette curiosité l'a conduite à prendre les commandes de Vecteur Environnement, la revue de Réseau Environnement, l'une des publications de référence du secteur environnemental québécois. Une responsabilité qui peut sembler éloignée de ses premières expériences. À ses yeux, pourtant, le fil est évident.
« Ce qui m'intéresse, c'est d'aller à la rencontre des gens, comprendre leur travail et transmettre leurs connaissances de la manière la plus claire possible. »
Montréal, un coup de cœur devenu un projet de vie
Si Marie vit aujourd'hui au Québec, l'idée ne date pas d'hier. Son frère s'est installé à Montréal il y a une douzaine d'années. Depuis son adolescence, elle vient lui rendre visite presque chaque année. Peu à peu, l'idée fait son chemin.
« Un jour, moi aussi je vivrai ici. »
En 2022, elle obtient un permis vacances-travail et découvre enfin la vie montréalaise de l'intérieur. À l'époque, pourtant, elle n'imagine pas s'y installer durablement. Son projet est alors simple : vivre une expérience canadienne avant de repartir explorer d'autres horizons.

Le détour mexicain
À la fin de son PVT, elle quitte Montréal pour le Mexique. Avec une amie, elle lance un projet de média culturel consacré aux artistes émergents.
Pendant plusieurs semaines, elles sillonnent une partie du pays, rencontrent peintres, galeristes et créateurs, réalisent des entrevues puis les diffusent sur une page Instagram destinée au public francophone.
L'objectif n'est pas de parler des lieux touristiques. Il s'agit plutôt de faire découvrir des artistes encore peu connus et de créer un pont culturel entre le Mexique et les lecteurs francophones.
Cette expérience confirme une conviction qui l'accompagne depuis longtemps : raconter des histoires permet aussi de faire voyager.
Quand Montréal commence à manquer
C'est pourtant loin du Québec qu'elle comprend ce que Montréal est devenue pour elle.
« Au Mexique, je me suis rendu compte que Montréal me manquait. »
La décision s'impose presque naturellement. Elle demande sa résidence permanente et revient s'installer dans la métropole il y a un peu plus d'un an. Entre-temps, elle continue de collaborer bénévolement avec le média culturel atuvu.ca, couvrant festivals, avant-premières et événements artistiques.
C'est en partageant ces articles sur les réseaux sociaux qu'une connaissance lui apprend que la direction de Vecteur Environnement est à pourvoir. Quelques entrevues plus tard, elle rejoint Réseau Environnement.
Changer de sujet sans changer de métier
Passer de la culture à l'environnement pourrait sembler un virage radical. Elle n'y voit pourtant qu'une continuité. Avant son arrivée au Québec, elle travaillait déjà à Paris pour une publication spécialisée consacrée aux politiques éducatives internationales. L'univers change. Le métier reste le même.
« La manière de faire un magazine est finalement très similaire. Il y a un comité de rédaction, l'édition, les auteurs, la publication… Ce sont surtout les sujets qui changent. »
Autour d'elle, les spécialistes de Réseau Environnement apportent leur expertise. Elle, en revanche, revendique un regard différent. Ne pas être ingénieure ou spécialiste de l'environnement devient même un avantage.
« Quand je relis un article, je me demande surtout : est-ce que moi je comprends ce qui est écrit ? Si je le comprends, il y a de bonnes chances qu'un public plus large le comprenne aussi. »

Ouvrir la revue à de nouveaux lecteurs
Depuis son arrivée, Marie Foucherot souhaite poursuivre l'évolution de Vecteur Environnement. La revue s'adresse principalement aux professionnels du secteur. Sans renoncer à cette vocation, elle souhaite élargir progressivement son audience.
De nouvelles chroniques internationales ou culturelles sont venues enrichir la publication afin de replacer les enjeux environnementaux dans un contexte plus large. L'objectif reste le même : rendre ces sujets plus accessibles sans sacrifier leur rigueur.
La réflexion se poursuit également sur les formats numériques et les évolutions futures de la revue.
Une passion intacte pour la culture
Même si l'environnement occupe désormais son quotidien professionnel, la culture continue de rythmer son temps libre. Elle collabore toujours avec atuvu.ca, fréquente les festivals montréalais et suit avec attention la scène artistique québécoise.
Les Francos lui ont récemment permis de découvrir des artistes qu'elle connaissait peu. Elle apprécie particulièrement cette capacité qu'offre Montréal de faire cohabiter des influences venues d'horizons très différents.
« J'ai fait de très belles découvertes sur la scène culturelle québécoise. »
Pour elle, environnement et culture ne s'opposent pas. Ils participent tous deux à la manière dont une société se raconte.
Voyager pour mieux comprendre
Depuis ses 19 ans, Marie Foucherot multiplie les expériences à l'étranger. Dublin pour perfectionner son anglais. La Mongolie pour un stage. Le Mexique pour un projet culturel.
À chaque étape, elle retrouve la même envie : rencontrer d'autres cultures et comprendre d'autres façons de voir le monde.
Cette ouverture se retrouve aussi dans son entourage montréalais, composé aussi bien de Québécois que de Français, de Mexicains ou de Marocains.
« J'aime échanger avec des personnes qui viennent d'horizons différents. »
Construire l'avenir au Québec
Aujourd'hui, elle se projette clairement au Canada. Elle souhaite poursuivre son travail chez Réseau Environnement, continuer ses collaborations culturelles et déposer prochainement une demande de citoyenneté canadienne. Pas pour tourner le dos à la France. Au contraire.
Elle continue de suivre avec attention l'actualité politique française, vote aux élections et conserve des liens étroits avec son pays d'origine. Mais Montréal lui offre un équilibre de vie qu'elle dit avoir difficilement trouvé ailleurs.
« Ce qui me manquerait le plus si je partais, c'est l'équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle. »
Après avoir longtemps voyagé pour découvrir le monde, Marie semble avoir trouvé un lieu où poser durablement ses valises.
Sans renoncer, pour autant, à cette curiosité qui guide chacune de ses rencontres.
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