Édition internationale

Louise Misako Mazauric, bâtir des ponts pour un avenir plus durable

En terminant première dauphine de Miss Eco Canada, Louise Misako Mazauric ne s'attend pas à représenter quelques mois plus tard la France sur la scène internationale. Française née au Japon et installée au Québec depuis douze ans, elle se demande quelle est désormais sa place entre les deux rives de l'Atlantique. Une interrogation qui éclaire tout son parcours, construit autour de l'engagement, du développement durable et des liens qu'elle tisse entre la France et le Québec.

Louise Misako MazauricLouise Misako Mazauric
Lors de l'épreuve des costumes nationaux de Miss Eco International en Égypte, Louise Misako Mazauric représente la France avec une création inspirée de son patrimoine culturel. - Photo Courtoisie
Écrit par Bertrand de Petigny
Publié le 13 juillet 2026

 

Trouver sa place de l'autre côté de l'Atlantique 

Louise Misako Mazauric arrive au Québec pour poursuivre une maîtrise en architecture à l'Université Laval. Comme beaucoup d'étudiants étrangers, elle envisage alors cette expérience comme une étape de quelques années avant un éventuel retour en France. 

Mais le Québec lui offre rapidement autre chose. 

Dans les ateliers d'architecture, elle découvre un environnement qu'elle juge plus ouvert et plus bienveillant que celui qu'elle a connu lors de ses stages en France. Les professeurs lui paraissent plus accessibles, les parcours moins figés et les perspectives plus nombreuses. 

Dans un milieu encore largement dominé par les hommes, cette jeune architecte trouve peu à peu sa place. 

Après ses études, elle rejoint Montréal, où elle travaille plusieurs années au sein d’un important cabinet d’architecture avant d'évoluer vers la gestion immobilière au gouvernement fédéral. Aujourd'hui, elle participe à la planification et à la transformation de bâtiments partout au Canada. 

Entre-temps, elle a rencontré celui qui deviendra son mari, lui aussi Français installé au Québec. Le projet d'études est devenu un projet de vie. 

 

Transformer plutôt que démolir 

Au fil des années, une conviction s'impose comme fil conducteur de son parcours : la transformation est souvent plus riche que la rupture. 

Dans son métier, cela se traduit par une attention particulière à la réutilisation des bâtiments existants et à la réduction de l'empreinte environnementale du secteur immobilier. 

« Transformer plutôt que démolir » est devenu son principe directeur. Une philosophie qu'elle applique également à son engagement professionnel. 

Très active dans les réseaux de femmes de l'immobilier et de la construction, elle consacre une partie importante de son temps au mentorat. L'an dernier, lorsqu'elle enseigne le design d'intérieur, elle refuse de se limiter au contenu du programme. Elle invite des professionnels issus de différents horizons, présente à ses étudiantes des parcours atypiques et les encourage à envisager des carrières qu'elles n'auraient peut-être jamais osé imaginer. 

Quatre de ses étudiantes remporteront par la suite des distinctions nationales dans leur domaine. Pour elle, la transmission fait partie intégrante du métier. 

 

Redécouvrir la France depuis Montréal 

Pendant longtemps, pourtant, la communauté française organisée occupe une place relativement discrète dans son quotidien. 

Durant ses études à l'Université Laval, Louise construit son réseau autour de la vie universitaire. Ses amitiés naissent davantage des rencontres faites sur les bancs de l'université que de son appartenance à la communauté française. Parmi ses proches figurent aujourd'hui des personnes originaires du Québec, d'Haïti, des Philippines ou comme de France. 

Lorsqu'elle s'installe ensuite à Montréal pour débuter sa carrière d'architecte, son réseau se développe principalement dans les milieux professionnels de l'immobilier, de la construction et du développement durable. 

 

Avant son départ pour l'Égypte, Louise Misako Mazauric a réuni à la Maison France Montréal les partenaires et les proches qui ont contribué à faire de son projet une aventure collective.
Avant son départ pour l'Égypte, Louise Misako Mazauric a réuni à la Maison France Montréal les partenaires et les proches qui ont contribué à faire de son projet une aventure collective.

 

C'est finalement sa rencontre avec la Maison France-Montréal qui lui fait découvrir une autre dimension de la présence française au Québec. 

À travers cette organisation et son implication lors de la récente campagne des conseillers des Français de l'étranger, elle découvre une communauté qui cherche à renforcer les liens entre la France et le Québec tout en accompagnant l'intégration des nouveaux arrivants. 

Elle y retrouve une vision qui lui ressemble : ouverte, tournée vers l'avenir et fondée sur les échanges. 

 

Trois clés pour comprendre Louise Misako Mazauric

De MisakoMiss Eco
Née au Japon, Louise porte à la naissance le prénom japonais Misako, qui signifie « beauté ». Des années plus tard, elle représente la France à Miss Eco International. Un clin d'œil phonétique du destin qui l’interpelle.

L'écharpe de sa grand-mère
Avant de partir en Égypte pour Miss Eco International, Louise retrouve l'écharpe tricolore de sa grand-mère, l'une des premières femmes élues de sa commune. Elle l'intègre symboliquement à sa « robe culturelle » lors de l’une des nombreuses soirées à thème de la compétition pour lui rendre hommage.

Ambassadrice avant tout
Pour Louise Misako Mazauric, l'intérêt de cette expérience réside moins dans la visibilité qu'elle procure que dans ce qu'elle permet de mettre en lumière. Développement durable, mentorat, place des femmes dans les professions techniques ou engagement citoyen : autant de causes vers lesquelles elle cherche à rediriger l'attention. 

 

Une visibilité au service d'une cause

En janvier dernier, Louise Misako Mazauric participe d'abord à Miss Eco Canada, où elle représente Montréal. Elle y décroche le titre de première dauphine. Ce résultat lui ouvre les portes de Miss Eco International, dont les organisateurs lui proposent de représenter la France. L'invitation la fait pourtant hésiter. Comment représenter un pays que l'on a quitté depuis plus de dix ans ?

 

 

Elle finit par accepter, convaincue que cette mission dépasse largement la compétition elle-même. Créé en Égypte, Miss Eco International entend promouvoir le développement durable, la protection de l'environnement et l'autonomisation des femmes. Chaque année, l'ambassadrice mondiale élue devient porte-parole des 17 Objectifs de développement durable des Nations Unies. En 2026, cette responsabilité est revenue à la Mexicaine Palmira Ruiz.

Depuis Montréal, Louise mobilise alors son propre réseau. Entrepreneurs, professionnels, partenaires et membres de la communauté française se rassemblent autour de son projet. Ensemble, ils organisent des événements, créent des occasions de rencontres et donnent de la visibilité à une démarche qui rejoint les valeurs qu'elle défend déjà dans sa vie professionnelle.

Cette expérience lui permet aussi de rappeler un message qui lui tient particulièrement à cœur : le secteur du bâtiment joue un rôle majeur dans la transition écologique. Pour cette architecte, le développement durable ne se limite pas aux grandes déclarations. Il se construit chaque jour, dans les bâtiments que l'on rénove, transforme et réinvente.

 

Faire circuler les idées

Aujourd'hui, Louise Misako Mazauric réfléchit moins à ce qu'elle a accompli qu'à ce qu'elle souhaite transmettre.

Elle parle volontiers des objectifs de développement durable, du mentorat, de la place des femmes dans les professions techniques ou encore de l'importance de créer des espaces où les différentes communautés peuvent se rencontrer.

Cette volonté de rapprocher des univers qui semblent éloignés se retrouve aussi dans une autre de ses passions : la mode. Pour représenter la France en Égypte, elle imagine avec ses partenaires une garde-robe « carbone zéro » composée d'une quarantaine de tenues. Plusieurs sont créées par la designer montréalaise Lei Style Atelier, dont une robe entièrement réalisée à partir de matériaux recyclés. Une manière de montrer que la créativité peut, elle aussi, devenir un outil au service du développement durable.

Son parcours lui a appris qu'une carrière ne se construit jamais seule. Les opportunités naissent souvent des rencontres, des réseaux que l'on rejoint et de la confiance que d'autres nous accordent.

Douze ans après avoir traversé l'Atlantique pour poursuivre ses études, elle continue ainsi de faire dialoguer des mondes que l'on oppose souvent : l'architecture et la mode, l'engagement citoyen et le mentorat, la France et le Québec.

« Transformer plutôt que démolir » est devenu son fil conducteur.

Développement durable, autonomisation des femmes, mentorat : l'expérience égyptienne ne constitue pas un aboutissement, mais une nouvelle étape. Louise Misako Mazauric entend désormais mettre cette visibilité au service des causes qu'elle défend et des passerelles qu'il lui reste encore à construire.

 

Louise Misako Mazauric

 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.