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À Châteauguay, le Festival Plan d’ensemble veut rendre le cinéma plus écoresponsable

Le Festival de cinéma Plan d’ensemble sensibilise le public au développement durable. À Châteauguay, il met en lumière des pratiques plus respectueuses de l’environnement et interroge le rapport de l’industrie audiovisuelle à l’écologie

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Le Festival de cinéma Plan d’ensemble réunit à Châteauguay cinéastes et professionnels autour d’un cinéma indépendant, diversifié et écoresponsable. Photo LPJ - Alice Portais
Écrit par Alice Portais
Publié le 8 octobre 2026

 

 

Pendant trois jours, le Festival Plan d’ensemble a ouvert ses portes aux visiteurs. Pour entrer, pas d’invitation en papier : il suffit de présenter un QR code. Dans la salle de réception, les visiteurs se servent du café dans les tasses mises à leur disposition. Sur la table, ni gobelets en carton ni bouteilles d’eau en plastique. 

Consacré au cinéma indépendant, à la diversité culturelle et au développement durable, le festival se veut le plus écoresponsable possible. Pour son directeur général, Ibrahima Gassama, le développement durable est « un domaine d’avenir ». « On a besoin de protéger notre environnement », affirme-t-il. 

 

Du QR code aux producteurs locaux

Pour concrétiser cette démarche, le festival a minimisé l’utilisation du papier, installé des bacs de tri et encouragé le covoiturage. Afin de limiter l’empreinte carbone de l’événement, son directeur a également fait appel à des producteurs locaux des environs de Châteauguay pour les collations. L’hôtel Manoir d’Youville, qui a accueilli la remise des prix et certains festivaliers, est lui aussi écoresponsable, précise Ibrahima Gassama. 

Mais la démarche ne s’arrête pas à l’organisation du festival. Pour sa troisième édition, Plan d’ensemble a remis le prix du meilleur film écologique à Comment j’ai basculé, de Julien Boisvert. Cette catégorie met en compétition des courts métrages ayant suivi un protocole écoresponsable lors de leur tournage. 

 

 

Le film récompensé avait obtenu la certification « Performance » du programme On tourne vert. Ce programme est porté par le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec, Québecor et le Conseil québécois des événements écoresponsables. Il accompagne l’industrie de la production audiovisuelle dans l’adoption de pratiques durables et propose notamment un guide de bonnes pratiques ainsi qu’un répertoire de fournisseurs écoresponsables. 

La certification comporte trois niveaux : engagement, performance et excellence. Chacun correspond à des exigences différentes. Julien Boisvert rappelle que le cinéma est « une industrie polluante ». Pour rendre son tournage plus vert et atteindre le niveau Performance, son équipe a notamment limité les transports, recyclé et utilisé de la vaisselle réutilisable sur le plateau. 

 

Rendre toute la chaîne du cinéma plus verte

Pour Julien Boisvert, l’écoresponsabilité ne peut toutefois pas s’arrêter au tournage. Il faut s’intéresser à l’ensemble de la chaîne de production d’un film.

Une préoccupation partagée par Ibrahima Gassama. Pendant le festival, le directeur général a animé une conférence consacrée au cinéma écoresponsable, de la préproduction à la postproduction. Parmi les pistes évoquées : favoriser la création de banques de décors afin de pouvoir les réutiliser. 

L’objectif est de sensibiliser les professionnels comme le public, sans présenter la transition comme un changement à réaliser du jour au lendemain. Comme le souligne Ibrahima Gassama

« On ne vous demande pas de tout faire d’un seul coup, mais vous pouvez faire des pas et vous améliorer », . 

 

Quand les films interrogent notre rapport à l’environnement

À travers sa programmation de courts métrages, Plan d’ensemble souhaite également mettre en avant « des valeurs environnementales », explique son directeur général. Plusieurs films abordent ainsi des enjeux liés à l’environnement et à la crise climatique. 

Avec Comment j’ai basculé, Julien Boisvert invite notamment à s’interroger sur le greenwashing et le capitalisme. Le film avait déjà remporté un Deauville Green Award dans la catégorie « organisation et responsabilité sociale » en 2025, avant d’être récompensé cette année par Plan d’ensemble. 

Sensibilisé très jeune aux questions environnementales, le réalisateur explique avoir voulu faire « des projets qui soulèvent des questions sur l’environnement et notre rapport à celui-ci ». D’une durée de 19 minutes, son faux documentaire traite avec ironie et dérision de l’endoctrinement d’une jeune femme dans le capitalisme vert. Réalisé avec sept artistes issus des cultures autochtones, il prend la forme d’une fausse campagne de prévention et questionne notre rapport à la nature, aux autres espèces et à l’économie.

À Châteauguay, Plan d’ensemble cherche ainsi à faire de l’écoresponsabilité non seulement un sujet porté à l’écran, mais aussi une manière différente d’organiser un festival et de fabriquer des films. Une façon, à son échelle, de montrer que le cinéma peut lui aussi repenser ses pratiques.

 

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