

Nouvelle chronique-conseils de notre psychologue, Adélaïde LEFEVRE, qui aborde cette semaine l’importance de l’écoute au sein de la famille dans la gestion des difficultés inhérentes à l’expatriation.
En expatriation, nous ne sommes pas seuls à vivre des changements. Nos enfants, notre conjoint sont eux aussi confrontés à une multitude de bouleversements et doivent faire preuve d’adaptation en passant par des étapes émotionnelles rapidement fluctuantes, souvent décrites par l’image de « l’ascenseur émotionnel ».
Vers l’empathie : pour écouter les autres, apprendre à s’écouter soi-même

C’est ce qu’on appelle l’empathie, qui est définie par Carl Rogers, thérapeute humaniste comme "la capacité à se mettre à la place de l’autre sans jamais oublier qu’il s’agit des expériences et des perceptions de l’autre". A travers l’acceptation de la différence, cette écoute va me permettre de trouver un point de rencontre entre mon univers et l’univers de l’autre, de valider le message reçu afin d’éviter les malentendus.
L’écoute active : accepter ses émotions et les émotions des autres pour mieux communiquer
Les travaux de Carl Rogers ont débouché sur une méthode d’écoute, appelée l’écoute active et développée par Thomas Gordon notamment auprès des parents qui cherchaient à mieux communiquer avec leurs enfants. Le principe de l’écoute active est de laisser l’autre s’exprimer vraiment. Lorsque nous écoutons quelqu’un nous pouvons avoir tendance à attendre de prendre la parole, sans finalement vraiment l’écouter.

Accepter nos émotions et celles de l’autre est une première étape vers une meilleure communication, car derrière le message verbal, il y a le message non verbal et l’émotion qui attendent d’être entendus. Par exemple, notre enfant rentre de l’école en racontant une dispute avec ses copains, nous allons avoir tendance à minimiser, dédramatiser (en général en lien avec notre propre angoisse), juger, conseiller, consoler, et surtout lui trouver des solutions …
Or le principe de l’écoute active est de se rendre disponible pour entendre l’émotion qui se cache derrière les mots. Nous pourrons alors lui répondre en fonction de ce que nous entendons du message non verbal "tu es déçu" ou "tu es en colère"… L’enfant sent alors qu’il a le droit de ressentir cette émotion et que la porte reste ouverte, et que lui-même a les ressources pour trouver ses propres solutions.
Rassurons-nous, nous sommes des êtres humains, et nous ne pouvons être en permanence disponibles aux autres. N’ayons pas peur de différer un échange si nous ne nous en sentons pas prêts !
Adélaïde LEFEVRE (www.lepetitjournal.com/manille) mardi 19 juillet 2016
Première publication jeudi 17 mars 2016

