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SCIENTIF’HIC - Pouvons-nous mourir deux fois ?

Par Elèves des SERIES SCIENTIFIQUES | Publié le 03/10/2017 à 21:00 | Mis à jour le 03/10/2017 à 21:00
mort cérébrale déclaration don d'organes prélèvement

C’est la question à laquelle en 1958 les médecins Pierre Mollaret et Maurice Goulon ont apporté une réponse surprenante et révolutionnaire à lépoque : OUI. En effet, leurs recherches ont montré quil ne suffit pas dêtre en arrêt cardiaque pour mourir.

Mais ils n’imaginaient alors pas les conséquences sociales engendrées par cette découverte.

Qu'est-ce qu'un état de "mort cérébrale" ?

Lors de leurs études sur plusieurs patients décédés, les deux médecins ont ainsi observé qu’un patient maintenu sous respiration artificielle pour maintenir ses poumons et son cœur en vie, pouvait déjà avoir cessé toute activité cérébrale. Ils ont donc appelé cet état « un coma dépassé ».

C’est le 24 avril 1968, que le ministère de la Santé a reconnu officiellement les conclusions de cette étude et a donné une légalité au concept de « mort cérébrale ». Depuis, cet état désigne l’arrêt de toutes les fonctions du cerveau dû à la non circulation du sang dans cette partie du corps. Le cerveau ne pouvant plus assurer les besoins vitaux d’une personne, la situation est donc irréversible. 

Un protocole de diagnostic a naturellement été mis en place pour pouvoir déclarer un patient en « mort cérébrale ». Il consiste en une série de tests pour déterminer l’absence de respiration, de conscience, d’activité motrice et de circulation sanguine. Les électroencéphalogrammes sont eux aussi utilisés pour montrer l’absence d’activité électrique du cerveau.

La complexe question du prélèvement et du don des organes

A partir du moment où le prélèvement d’organes n’est possible que si le cœur bat encore, cette découverte et la législation qui s’en est suivi ont ainsi permis le développement des pratiques de prélèvements d’organes et, par voie de conséquence, la poursuite des recherches sur les transplantations.

En France comme dans plusieurs autres pays, des changements ont dû être apportés pour adapter les règles régissant ces prélèvements. Mais, au-delà de l’aspect juridique, ce sont surtout les mentalités qu’il a fallu faire évoluer.

La mort d’un proche est toujours difficile à accepter, notamment quand le cœur bat encore. Par ailleurs, le prélèvement d’organes reste tabou dans certaines religions et dans certaines sociétés.

Néanmoins, la dernière loi en France prévoyant dorénavant le prélèvement systématique des organes (sauf déclaration préalable contraire de la personne concernée) montre à quel point la société a évolué sur cet aspect.

La découverte des docteurs Pierre Mollaret et Maurice Goulon a sauvé la vie de milliers de personnes dont les organes ont été transplantés. Ce qui ne signifie pas que les questions éthiques soient closes.

Margaux GIRARD - 1ère S

Trois ouvrages de fiction pour se plonger au cœur de ces problématiques :

  • Réparer les vivants, Maylis de KERANGAL, Gallimard, 2001 (le roman "aux dix prix littéraires, disponible en poche et format liseuse) – plus d’informations
  • "Réparer les vivants", adaptation cinématographique de Katell Quillévéré, 20016 – plus d’informations
  • "Tout sur ma mère" (Todo sobre mi madre), film de Pedra Almodovar, 1999 –plus d’information

Sources :

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