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SCIENTIF’HIC - La révolution antibiotique

Par Elèves des SERIES SCIENTIFIQUES | Publié le 12/12/2017 à 21:00 | Mis à jour le 12/12/2017 à 21:00
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A la fin des années 1930, une découverte accidentelle provoque une révolution historique : la lutte contre les maladies infectieuses est bouleversée par le développement des antibiotiques. Au tournant des 20ème et 21ème siècle, un usage abusif desdits médicaments engage un nouveau problème de santé publique : la résurgence de certaines maladies infectieuses. Retour sur une histoire complexe et explications scientifiques.

 

Une découverte accidentelle

 

FlemingLe premier antibiotique a été découvert totalement par hasard le 3 septembre 1928 par Alexander Fleming, alors que le scientifique revenait de vacances à son laboratoire du St Mary’s hospital à Londres.

 

En ouvrant des boîtes de pétris où il cultivait des staphylocoques, il a la mauvaise surprise de découvrir que ces boîtes sont envahies de moisissures verdâtres. Avant de laver ces boîtes, Alexander Fleming observe qu’au niveau des colonies de moisissures le staphylocoque n’a pas pu se développer. Il émet alors l’hypothèse que les champignons en sont directement responsables : il suppose qu’ils auraient sécrétés une substance qui aurait empêcher le développement du staphylocoque. Alexander Fleming nomme cette substance la pénicilline.

 

La pénicilline est le premier antibiotique. Cette découverte va révolutionner le traitement des maladies infectieuses.

 

Nous trouvons aujourd’hui cette molécule sous forme de comprimés, de crèmes ou encore en solutions injectables qui font partie des médicaments les plus prescrits au monde.

 

Une révolution historique

 

En 1939, Howard Florey et Ernst Boris Chain reprennent les travaux de Fleming et parviennent à produire la pénicilline à grande échelle, à la purifier, la rendant plus stable et moins toxique. La pénicilline est d’abord utilisée dans les armées alliées pendant la 2ème guerre mondiale et devient disponible en pharmacie à partir de 1946. De nombreuses maladies auparavant incurables et mortelles ont pu êtres traités, sauvant des millions de vies tous les ans.

 

Les antibiotiques ont notamment permis de guérir des maladies infectieuses comme la pneumonie, l’angine, la méningite, l’otite, la tuberculose, les infections urinaires, des maladies sexuellement transmissibles (comme la vérole ou la syphilis), la septicémie, la peste, etc…

 

Si l’on prend l’exemple de la peste, cette maladie a fait de terrible ravages au Moyen Age. La peste noire notamment, de 1347 à 1352, a décimé 25% a 50% de la population européenne et fait 7 millions de victimes en France sur les 17 millions au total.

 

De nos jours, grâce aux antibiotiques, la bactérie Yersinia Pestis est quasiment éradiquée ce qui prévient donc de telles épidémies meurtrières.

 

Une autre maladie infectieuse emblématique éradiquée par les antibiotiques est la tuberculose. De nombreux artistes, intellectuels et hommes politiques fameux en sont morts prématurément, jusqu’au milieu du 20ème siècle. On peut retenir l’exemple des trois artistes romantiques que sont le peintre Eugène Delacroix, le pianiste et compositeur Frédéric Chopin et l’homme de lettres Alfred de Musset… trois œuvres sans aucun doute inachevées.

 

Des tueurs tolérés par l’être humain

 

D’un point de vue scientifique, la grande révolution apportée par les antibiotiques est qu’ils agissent contre les bactéries sans agir sur les cellules humaines, ce qui a permis d’en faire un médicament efficace toléré par l’organisme humain. 

 

En effet, les scientifiques exploitent les différences entre les cellules bactériennes et humaines afin d’élaborer des substances actives avec un spectre d’action plus ou moins large, c’est-à-dire visant un nombre de bactéries plus ou moins importants.

 

Ainsi, les scientifiques ont développé des antibiotiques s’attaquant par exemple à la mureine, un sucre uniquement présent sur les parois des cellules bactériennes, ou encore à l’acide folique qui est produit par les bactéries mais pas par les cellules humaines.

 

Le fait que le médicament n’affecte pas l’être humain permet d’avoir recours a des moyens d’administrations variés adaptés aux besoins des patients et à leurs maladies.

 

Cependant, certains antibiotiques peuvent aussi entrainer des effets secondaires.

 

En effet, nous avons par exemple des millions de bactéries dans notre intestin, qui sont utiles à notre digestion. Ainsi, lors de traitement par antibiotiques, la flore intestinale est déséquilibrée, ce qui peut entrainer des troubles digestifs.

 

Heureusement ces effets secondaires sont bénins et s’arrêtent une fois le traitement terminé.

 

Bactériostatiques versus bactéricides

 

De nos jours, on compte une vingtaine d’antibiotiques différents qui sont classés en fonction de l’endroit où ils agissent dans le métabolisme bactérien et de leur mode d’action.

 

antibiosParmi eux, on distingue principalement deux types d’antibiotiques.

 

Les antibiotiques bactériostatiques : ils empêchent la croissance ou la multiplication des bactéries sans les tuer directement. Par exemple le groupe des betalactamines (dont fait partie la pénicilline) sont des substances qui vont empêcher les bactéries de produire de la muréine qui compose la paroi protectrice de la bactérie. Le système immunitaire (anticorps, globules blancs) prendra le dessus sur la bactérie et la détruira. D’autres antibiotiques bactériostatiques comme les cyclines ou les macrolides présentent des modes d’actions différents.

 

Les antibiotiques bactéricides : ces antibiotiques tuent les bactéries. Le groupe des tétracyclines, par exemple, agissent au niveau de la synthèse des protéines. La bactérie ne peut plus produire certaines protéines qui leurs sont indispensables et finissent par mourir.

 

Les résistances aux antibiotiques

 

Avec la découverte des antibiotiques, on a cru pouvoir vaincre à tout jamais les maladies infectieuses. Et jusque dans les années 80,  on n’a cessé d’élaborer de nouveaux groupes d’antibiotiques. 

 

antibiosLes antibiotiques ont d’ailleurs joué un grand rôle dans l’augmentation de l’espérance de vie dans le monde. Comme on l’observe sur le graphique ci-contre, il y a une augmentation forte de l’espérance de vie à partir de 1950 (de 69,2 ans en 1950 à 83,8 ans en 2004 chez les femmes et de 63,4 ans à 76,7 ans chez les hommes).

 

Ils ont aussi contribué a la baisse de la mortalité infantile de manière significative : environ 220 décès sur mille en 1950 contre 25 pour mille de nos jours.

 

Or, on a découvert que l’utilisation excessive des antibiotiques peut entrainer chez les bactéries des résistances, rendant progressivement les antibiotiques inefficaces.

 

Cette résistance apparaît lors des divisions cellulaires qui peuvent entrainer des modifications du patrimoine génétique (mutation). Ainsi la bactérie mutée va résister à l’antibiotique et va se multiplier.

 

antibiosCe phénomène est de plus en plus préoccupant : l’automédication et la prescription excessive et inadaptée du médicament en sont la source essentielle.

 

Ainsi, l’utilisation inadaptée des antibiotiques, provoquant des résistances, a fait naitre un nouveau problème de santé publique : la résurgence de maladies infectieuses (comme la tuberculose) et la difficulté d’en traiter d’autres.

 

Paul DRIANNO – 1ère S

 

Sources :

 

http://www.docteurclic.com/traitement/antibiotiques.aspx

http://biotechlerncenter.interpharma.ch/fr/4996-2-comment-agissent-les-antibiotiques

http://biotechlerncenter.interpharma.ch/fr/4998-3-classification-des-antibiotiques

https://fr.wikipedia.org/wiki/Découverte_de_la_pénicilline#La_d.C3.A9couverte_accidentelle

http://bacterioblog.over-blog.com/article-10513113.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Catégorie:Mort_de_la_tuberculose

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