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VELO SOLAIRE ET SOLIDAIRE – De Madrid à Tétouan, le Lycée français sur les routes de la solidarité

Par lepetitjournal.com Madrid | Publié le 06/04/2014 à 22:00 | Mis à jour le 07/04/2014 à 02:09

Dans le cadre du projet “Vélo solaire et solidaire”, les 26 élèves de la classe de Troisième 9 sont partis vendredi matin en direction de Tétouan au Maroc. Au programme, solidarité, effort et ouverture culturelle. Ils étaient accompagnés de toute une équipe d'enseignants, parmi lesquels le professeur de technologie Farid Anaouji, à l'origine du projet. Nous les avons rencontrés avant leur départ.

(Photo lepetitjournal.com)

Vendredi matin, 8h, l'excitation des élèves, venus accompagnés de leur parents, est palpable. Ils attendent le départ avec impatience. Côté encadrants, l'heure est à l'organisation. Une fois les fournitures et tout le matériel placés dans le bus, le vélo sorti, les photos prises et la composition des groupes bouclés, tous peuvent monter dans le bus. Direction Puerto Rey, première vía verde de leur parcours. Ces cyclistes en herbe s'apprêtent à relier Madrid à Tétouan. Au total 700 km en vélo en passant par Cordoue et Séville. Au menu, randonnées, visites de villes et de musées. C'est en grande partie à vélo qu'ils vont découvrir les routes de “l'Al-Andalus” son patrimoine et sa culture avant de retrouver le chemin de l'école, le 11 avril prochain. En bus cette fois. Un projet innovant, basé sur “le respect de l'environnement, avec la recherche d'une énergie non polluante, la réunion de deux cultures et l'engagement dans une action solidaire”.

Si les enseignants les ont aidés, les élèves de la classe ont monté le projet de toute pièce, de la recherche de sponsors à la construction du vélo solaire. Ils ont également organisé une tombola dans l'établissement pour recueillir des fonds. C'est donc fiers, contents et enthousiastes qu'ils ont pris le départ. “On est tous très contents. C'est un projet sur lequel on travaille depuis le début de l'année donc on est ravis de le voir enfin se réaliser. On y a tous participé, on a tous mis un peu de soi et c'est grâce à nous qu'il a vu le jour” indique Marina une élève de la classe de Troisième 9. Sport, enrichissement culturel et amusements, une combinaison qui semble donc leur plaire.

Projet Vélo Solidaire 2014 : Jour 1 & 2 from administrateur LFM TV on Vimeo.

D'une idée, tout un projet est né
Au départ du projet, une idée. Celle de Farid Anaouji, professeur de Technologie. “J'ai des amis qui, partis de Clermont-Ferrand, ont fait le tour du monde à vélo. Je trouvais cela génial et l'idée a germé dans ma tête. Avant d'enseigner à Madrid, j'étais en Colombie. Il pleut souvent, alors faire du vélo n'est pas vraiment possible. C'est finalement un projet qui a muri en Espagne où les conditions s'y prêtent davantage” explique-t-il avant de revenir sur le long processus qui a vu naître le projet. Au début, il souhaitait faire le parcours en vélo uniquement et avec quelques élèves seulement. Et puis, de fil en aiguilles, le projet a évolué. Pas suffisamment de vías verdes “réservées aux piétons et aux vélos” en Espagne pour éviter de passer par la route. Trop dangereux donc, ils ont finalement opté pour un parcours mi-bus mi-vélo.

“Le bus nous suit à chaque fois, il nous laissera à un point au niveau des vías verdes. Nous allons louer des vélos et parcourir une trentaine de kilomètres par jour. Les élèves se relayeront sur le vélo solaire. Cela leur permettra de ne pas faire d'efforts intenses trop longtemps. Le midi nous nous arrêterons pour manger et le bus nous récupèrera à la fin” détaille Farid Anaouji. Une journée intense donc avec trois à quatre heures de vélo par jour. “Cela va être fatiguant” s'accordent à dire un groupe d'élèves qui ne manque pourtant pas d'impatience. Si cela promet d'être sportif, le jeu en vaut la chandelle. Au bout de l'effort physique : tout un projet solidaire. “Nous avons récupéré du matériel scolaire, des livres qui ne servent plus et des vieux ordinateurs grâce aux dons que nous avons pu réunir. Les ordinateurs ont été réparés par les élèves. Et nous livrerons tout cela à notre arrivée, mardi, à Tanger” ajoute le professeur.

Avant le départ, les élèves ont suivi une préparation pluridisciplinaire. En amont, leur professeur de Physique, Nils Richard a fait avec les élèves “une étude des panneaux photovoltaïques” explique-t-il. Côté organisation, préparation sportive mais aussi culturelle, l'équipe des huit encadrants s'est réparti les tâches. Les élèves se sont rendus à la Casa de Velázquez où ils ont assisté à des ateliers en groupe sur la culture Al-Ándalus, menés par les artistes et chercheurs de la Casa. Ils ont également eu l'opportunité de suivre un cours d'initiation à l'écriture arabe. Et puis il a fallu trouver les financements. “Nous avons démarché les sponsors tous ensemble. Nous avons établi des prix avec ceux qui ont répondu à nos appels et cela a en partie financé le projet” indique Marina élève de Troisième 9.

Une fois le projet défini, les sponsors et les financements trouvés, les élèves ont pu commencer la construction du vélo.
Les élèves ont transformé un vélo traditionnel en vélo solaire. Nous avons acheté un kit moteur- batterie et puis ils ont assemblé tout cela pour donner naissance au vélo. Ils ont placé à l'arrière une remorque avec un panneau solaire. Nous avons transformé la pédale en capteur. Ils ont eux-mêmes monté les roues pour voir comment elles fonctionnaient. Il y a également une poignée de ralentissement et une poignée de sécurité. Il s'agit d'un vélo à assistance électrique, il n'y a donc pas besoin de recharger la batterie. S'il fait gris, le vélo sera moins performant mais ce ne sera pas un problème compte tenu de sa capacité d'autonomie.” Si dans les explications du professeur cela semble assez simple, pour les élèves c'est un peu plus compliqué. “Nous avons reçu tout le matériel et nous avons commencé à construire le vélo avec notre professeur. C'était assez dur car nous n'avions pas de manuel pour nous aider” estime Paule. Et d'ajouter : “le plus dur était de restaurer les ordinateurs et d'installer les programmes, mais nous avons réussi à le faire”.

Solidarité “surprise” pour les élèves
Pourquoi le Maroc ? “Parce que c'est un pays en voie de développement, on y trouve beaucoup d'ONG espagnoles de par sa proximité avec le pays. Mercredi nous avons rendez-vous avec l'ONG ‘Alianza por la solidaridad'. Puis nous nous rendrons dans l'école partenaire, le collège Al Zahara, pour délivrer le matériel scolaire” explique le professeur de technologie. “Des ordinateurs, des imprimantes, des rétroprojecteurs, tous en état de fonctionnement, des livres, des calculatrices, du matériel en tout genre” liste la CPE du Lycée français de Madrid, en train de charger le bus.

Tous ont hâte de rencontrer les élèves du collège de Tétouan, mais quand on leur demande à quoi ils s'attendent, les avis sont partagés. “Je pense que c'est très pauvre” explique une élève, “moi pas trop” répond un autre. Mais tous s'accordent à dire que “ce sera la surprise”. “On nous a seulement dit qu'une classe informatique ne marchait pas très bien, nous allons devoir la réparer. Ce doit donc être une école un peu pauvre” estime Angela. Pour leur professeur, “cela promet d'être révélateur pour les enfants, cela devrait leur ouvrir un peu les yeux.” C'est d'ailleurs l'objectif recherché.

Laura LAVENNE (www.lepetitjournal.com – Espagne) lundi 7 avril 2014

Suivez le périple entre joie et efforts de la classe de 3°9 du lycée français de Madrid sur leur blog 

 

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