Il y a des défaites qui font mal. Et puis il y a celles qu'on ne comprend toujours pas. Ce 14 juillet 2026 restera comme une drôle de fête nationale. On rêvait d'un feu d'artifice bleu, blanc, rouge… c'est finalement l'Espagne qui a allumé la mèche. Édito de Franck Pedretti.


Soyons honnêtes : la Roja nous a donné une leçon de football. Une équipe de France méconnaissable, incapable de renverser le cours du match. Pas de révolution au retour des vestiaires. Pas de prise de la Bastille… RIEN ! Juste une immense frustration. Puis le coup de sifflet final retentit : 2-0. Les Bleus n'iront pas en finale.
Oui, on aurait aimé avoir une dernière cartouche. Une petite finale face à l'Argentine. Une revanche. Histoire de refermer la cicatrice de cette finale de 2022, ce 3-3 complètement fou qui restera sans doute comme l'un des plus grands matchs de l'histoire… mais aussi l'un des plus douloureux pour tout un peuple bleu, blanc, rouge. Mais le football a toujours cette réputation.
Est-ce vraiment truqué ? Franchement… qu'est-ce qu'on s'en fout
Quand on va voir Batman au cinéma, on sait très bien que ce n'est pas la réalité. Pourtant, on achète notre place, on s'assoit, on mange du pop-corn… et on adore. Le football, c'est un peu pareil. Il y a énormément d'argent, des intérêts qui nous dépassent parfois… mais nous, tout ce qu'on demande, c'est que le ballon parle.
En tant que Français, au fond, on se fiche presque de savoir si c'est l'Espagne ou l'Argentine qui soulèvera le trophée. On veut simplement que le meilleur gagne. Pas pour refaire l'histoire. Pas pour alimenter les réseaux sociaux. Pas pour compter les ralentis. Simplement pour faire taire une bonne fois pour toutes ces théories du complot qui finissent par polluer notre passion.
Soyons clairs : cette troisième place a parfois le goût d'un lot de consolation. Ni les Anglais ni les Français n'ont réellement envie de rejouer. Une seule envie : retrouver leurs familles. Tourner la page.
Et pourtant, il faudra le faire. Parce que des millions d'enfants seront devant leurs écrans. Ils ne verront pas un match pour la troisième place. Ils verront leurs héros. Et quand on porte le maillot bleu, il n'existe jamais de « petit » match.
Alors peut-être que cette petite finale n'est finalement pas si petite. Peut-être que c'est le dernier baroud d'honneur. Peut-être que la vraie dernière affiche de cette Coupe du Monde 2026, c'est France VS Angleterre. Les meilleurs ennemis du football !
Merci les Bleus
Pendant un mois, le monde a fait une pause. Les guerres n'ont pas disparu. Les problèmes non plus. Mais pendant quatre-vingt-dix minutes, des millions de papas, de mamans et d'enfants n'avaient plus qu'une seule préoccupation : un ballon.
C'est sans doute pour ça que le football est le sport le plus populaire au monde. Où que vous soyez, qui que vous soyez, on a tous un jour tapé dans une boulette de papier, un caillou, une canette ou un ballon à la récré. C'est peut-être le sport le plus simple du monde, et certainement le plus universel.
Alors merci, Didier Deschamps. Quatorze années sur le banc des Bleus. Champion du Monde comme joueur en 1998, Champion du Monde comme sélectionneur en 2018. Deux finales back to back et une demi-finale. Une longévité exceptionnelle qu’il sera difficile de battre. Une génération qu'il aura conduite au sommet du football mondial.
F.P.
Note de l'auteur – Ma Madeleine de Proust
Il paraît qu'il suffit parfois d'une odeur ou d'un goût pour réveiller un souvenir enfoui. Ma madeleine à moi n'a pas le goût du beurre. Elle sent l'herbe fraîche d'un stade. Les soirées d'été. Le bruit d'un vieux téléviseur cathodique. Les cris qui traversent la maison. Et surtout… les voix légendaires de Thierry Roland et Jean-Michel Larqué, capables de s'engueuler en plein match comme si toute la France était assise dans leur salon.
Ma première Coupe du Monde, c'était en 1982. J'avais dix ans… l'Espagne… Séville : France – RFA. Je revois Ettori dans les buts… Amoros, Bossis, Trésor et Janvion en défense… Le carré magique Giresse, Tigana, Platini et Genghini… Rocheteau, Six et Lacombe devant. Et puis il y a ce drame : Patrick Battiston, percuté de plein fouet par Harald Schumacher. Le corps inerte… les dents cassées… le silence : pas de carton. Aujourd'hui encore, des millions de Français parlent de cette action avec la même émotion. La France repart pourtant au combat… 1-1… puis 3-1 en prolongation. On se croit en finale. Et puis l'impensable. La RFA revient à 3-3. Les tirs au but… l'insoutenable… La France s’incline ! Et pourtant, la France n'a pas été championne du monde.
Comme quoi, les plus belles Coupes du Monde ne sont pas forcément celles que l'on gagne. Ce sont celles qui nous marquent à vie.
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