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Kev Adams se teste en anglais à Los Angeles : « Ici, je suis à nouveau débutant »

Venu chercher l’adrénaline du recommençant aux États-Unis, l’humoriste français se produit actuellement incognito, en anglais, dans des Comedy Clubs de la Cité des Anges. Lepetitjournal.com l’a rencontré à une terrasse de Melrose, où il nous a confié son amour pour « la vibe californienne.»

Kev Adams Laugh FactoryKev Adams Laugh Factory
Kev Adams sur la scène du Laugh Factory de LA en 2015. © DR
Écrit par Déborah Laurent
Publié le 8 janvier 2026


 

Sur la terrasse du Urth Caffé, à Melrose, il passe inaperçu. Personne ne peut deviner que le jeune homme de 34 ans assis face à nous est suivi par 7,5 millions de personnes sur Instagram, fait rire des salles combles de plusieurs milliers de personnes et participe à certains gros succès du cinéma français. Ça tombe bien, c’est ça que Kev Adams vient chercher à Los Angeles : une certaine forme d’anonymat, un retour aux sources. 

Depuis plusieurs semaines, dans le plus grand secret ou à peu près, l’humoriste se produit dans des Comedy Club de la Cité des Anges, jusqu'au samedi 17 janvier (voir ses dates dans l'encadré ci-dessous). Il partageait, lundi 5 janvier, la scène de Improv avec Nikki Glaser, qui présentera les Golden Globes dimanche 11 janvier, Larry Wilmore ou encore Pete Holmes. Ce n’est pas la première fois qu’il vient blaguer en anglais aux États-Unis. Ça ne sera pas la dernière non plus, puisqu’il a déjà programmé un séjour en mars et un autre en septembre. 

Il nous explique, entre deux coups de fourchette dans sa salade verte : « C’est parti d’une envie personnelle et d’une question : Est-ce que j'en suis capable ? Est-ce que c'est possible de le faire en anglais ? En France et en Belgique, j'ai la chance d'ouvrir des Comedy Club, de faire mes propres spectacles, de tourner au cinéma… Ici, il y a vraiment une position de débutant et je crois que c'est finalement la position dans laquelle je me sens le plus à l'aise.» 


 

« Je n’ai pas de but précis, à part le kif de trouver la bonne blague »


 

S’il ne se plaint pas de sa notoriété, parce qu’il l’a « toujours voulue », il se sent débarrassé, aux États-Unis, de l’attention qu’on lui porte dans la francophonie. « Ici, je ne dois pas faire attention à ce que je porte, à la tête que j'ai, alors qu’en France, je suis toujours un peu observé. Honnêtement, je ne cherche pas la notoriété ici. Je n’ai pas de but précis à part le kif de trouver la bonne blague, le truc qui fera rire les gens…»

Kev Adams aime la fraîcheur que lui apportent ses prestations en Californie. Il monte sur scène outre-Atlantique régulièrement depuis deux ans. « On ne me juge sur rien d’autre que : il est marrant ou pas. En France, j’arrive avec un bagage, les gens ont des a priori, des attentes. J’ai de la chance : les six spectacles que j’ai joués ont été multidiffusés à la télévision. J’ai la chance de pouvoir jouer dans des grandes salles partout dans la francophonie. Je viens de faire un spectacle au Bénin pour la première fois de ma vie. Il y avait des milliers de personnes, c'était assez dingue.» Il sourit : « Mais ce soir, ici, je joue dans un restaurant de sushis et il n’y a que 8 billets qui ont été vendus. Ce contraste-là, il me nourrit en tant qu’artiste. Ça rend humble et ça rappelle que ce qu’on fait n’est pas si important.» 


 

Les mastodontes de l’humour s’entraînent à Los Angeles


 

L’humoriste nous confie son amour pour « la vibe californienne ». « Il y a généralement un temps extraordinaire. Et puis, c’est ici, à Los Angeles, que ça se passe. Les gros mastodontes de l’humour, ils s’entraînent ici. M’entraîner ici avec ces gens-là, c’est un peu comme si un jour, alors que tu joues au foot en équipe nationale, on t’appelle pour te dire, tu veux t'entraîner au milieu de Mbappé et Griezmann ? » 

Il se souvient de son coup de cœur absolu pour LA, il y a dix ans. « J’ai pris un coup sur la tête. J’avais toujours rêvé de venir aux États-Unis et là, j’étais dans la ville de rêve ! se souvient-il. Un peu plus tard, je suis revenu y passer trois mois. La ville me disait : c’est fait pour toi ! J’ai passé une après-midi avec Justin Bieber, j’ai rencontré Leonardo DiCaprio… Il y avait un côté : tout est là, à portée de main. C’est le monde dont je rêvais gamin. Honnêtement, j’ai l’impression d’avoir un peu perdu du temps ces dix dernières années quand je pense aux USA. Je ne regrette rien parce qu’il y avait des choses à construire en France. Je suis heureux de tout ce que j’ai fait mais oui, j’accélère un peu la cadence ici.» 
 

 

Sa rencontre improbable avec Leonardo DiCaprio

 

On l’a laissé terminer sa phrase mais on a tiqué quand il a parlé de sa rencontre avec DiCaprio. C’est-à-dire ? Il se marre et se rappelle, l’œil pétillant, « d’une histoire de dingue ». « Quand j’ai fait un Aladin, qui était un film qui coûtait cher, avec beaucoup d’acteurs reconnus de la Comédie française, le producteur m’a dit : Le film gagne de l’argent s’il passe les 3 millions d’entrées. Si on arrive à 4 millions, je réalise ton rêve. C’est quoi ton rêve ? » En rigolant, Kev Adams lui répond : « Rencontrer Leonardo DiCaprio ». Le film cartonne et quelques semaines plus tard, alors que l’humoriste se trouve à Los Angeles, le producteur l’appelle et lui annonce qu’il est invité à une soirée où se trouvera Leonardo DiCaprio. 

« C’était une soirée pour une marque d’alcool. J’arrive dans cette maison sublime et quelqu’un me dit : Ah c’est toi le mec qui est venu pour rencontrer Leo. Je me dis que tout ça est une énorme farce. Mais non. On me le présente et on passe 15-20 minutes à discuter. » L’année suivante, au Festival de Cannes, avec Gad Elmaleh, son partenaire de jeu à l’époque, ils sont attablés dans un restaurant italien à Antibes. Coïncidence : Leonardo DiCaprio est dans le même resto, au même moment. « Gad me dit que Leo est venu voir son spectacle à New York et me propose d’aller le voir. Quand j’arrive devant lui, Gad me présente. Je vois ses sourcils se froncer, il me regarde et me tend la main en me disant : Kev, tu ne te souviens pas de moi ? Là, j’hallucine ! Je pensais qu’il ne se souviendrait pas de moi, mais en fait si ! » Un acteur dont Kev Adams admire la « carrière parfaite ». « Il n’a pas fait tant de films que ça, il sélectionne ses projets avec soin, il est toujours excellent. Tu as envie d'être lui à la fin de chaque film…»


 

« J’ai pris mon destin en main »



 

Kev Adams a déjà fait un film aux États-Unis : « The Spy Who Dumped Me » avec Mila Kunis, à voir sur Netflix. Le cinéma américain reste dans un coin de sa tête, même si rien n’est actuellement sur la table. Le Français admet : « Je fais beaucoup de castings, mais je n’ai jamais été très fort. Le film que j’ai tourné avec Mila Kunis, c’est parce que la réalisatrice est venue dans un Comedy Club où je jouais, elle me trouvait marrant, on a discuté, et elle m’a dit : “Viens sur mon film”. Je pense que je finirai par faire des films en anglais, en tant qu'acteur ou réalisateur, je ne sais pas, mais j’en ferai.» Si sa carrière a « explosé », en France, c’est parce qu’il a « pris son destin en main », rappelle-t-il : « Au lieu d’attendre que ça vienne à moi, je viens avec de vraies propositions.» 

Il a ainsi écrit « Fiston », avec Daive Cohen, « un succès », avant que le scénariste lui parle de son rêve : revisiter l’histoire d’Aladin. En 2015, « Les Nouvelles aventures d'Aladin », où il joue le rôle principal, est le plus gros succès français de l'année avec 4,4 millions de spectateurs. Vient ensuite la comédie « Maison de retraite », un film qu’il a « pensé, écrit, produit » ( le film le plus vu à la télé en 2024 avec 7 millions de téléspectateurs) suivi de « Maison de retraite 2 » (le sixième plus gros succès français de cette année avec 1,5 million de spectateurs), puis d’une série. « Là, je viens de terminer le tournage de « La maison de nos rêves », sur un couple qui achète une maison en viager. Je viens avec des projets, je m’investis » martèle le Français. 

 

S'adapter à l'humour américain

 

Kev Adams ne sait pas ce que Los Angeles lui réserve mais il essaie, il apprend, il travaille, il se lance des défis. « Depuis que je suis ici, je lis un bouquin par jour, tous les jours. Je lis des scénarios qui ne me sont pas destinés parce que je veux comprendre comment ça marche.»  Alors qu’il se prépare pour son stand-up de la soirée, on discute de son niveau d’anglais, correct mais pas parfait. Et pour ajouter à la difficulté de l’exercice, l’humour américain et français n’est pas le même. « Ce n’est pas une science exacte, c’est ça qui est génial, explique-t-il. Certaines blagues, tu les traduis, et ça fait rire comme en France et d’autres… Pas du tout ! » Il conclut en souriant : « J’essaie de prendre ça avec beaucoup de légèreté, ça enlève un peu ce poids qui voudrait que les USA, c’est un rêve à accomplir. J’ai encore énormément de rêves à accomplir chez moi, en France.» 

 


Kev Adams jouera ce jeudi 8 janvier à Laugh Factory à Long Beach. Tickets ici. Il jouera le samedi 10 janvier à Improv. Tickets ici et le samedi 17 janvier à 7:30 pm au Comedy Club The Upstairs à Downtown LA. Un show d'une trentaine de minutes en anglais, au cours d'une soirée où se produiront d'autres humoristes.

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