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Box-office : les salles obscures sortent de l’ombre

Alors qu'on l'enterrait chaque été un peu plus, coincé entre Netflix, YouTube et le canapé, le grand écran américain vient de signer son meilleur été de tous les temps, hors inflation : 4,76 milliards de dollars de recettes, soit près de 30 % de plus qu'en 2025. De quoi faire mentir les nécrologues du septième art, portés par des ados venus en masse voir des films d'horreur et « L’Odyssée » en Imax. Explications de Claude Budin-Juteau.

Box-office : les salles obscures sortent de l’ombreBox-office : les salles obscures sortent de l’ombre
Box-office : les salles obscures sortent de l’ombre © Claude Budin-Juteau
Écrit par Claude Budin-Juteau
Publié le 12 septembre 2026

 

Il y a un an encore, on pariait tranquillement sur la mort clinique de la salle obscure. Raté. Entre le premier vendredi de mai et la Fête du Travail Américaine le 7 septembre, les salles nord-américaines ont engrangé 4,76 milliards de dollars, leur meilleur été jamais enregistré hors inflation, selon Rentrak, société d’analyse de données. Et 322,8 millions de billets ont trouvé preneur, 22,6 % de plus que l'été précédent.

« À Hollywood, l'idée partagée, c’était que l'époque des films franchissant le milliard de dollars était révolue, mais en fait on constate des signes de dynamisme dans le comportement du public », résume Sanford Panitch, président du groupe cinéma chez Sony Pictures, dont le nouveau « Spider-Man » qui a raflé 2,4 milliards de dollars dans le monde. À ses côtés sur le podium, « L’Odyssée » de Christopher Nolan, premier long métrage tourné entièrement en Imax, et « Toy Story 5 », preuve que même les jouets savent encore faire recette.

Sur le terrain, l'embellie se mesure aussi en fauteuils inclinables. À Campbell, en Californie, Paul Gunsky, patron de deuxième génération de la chaîne CineLux, avait misé gros avant l'été en installant sièges confort et son immersif. Pari gagnant : sa clientèle ado s'est ruée sur le film d'horreur « Obsession », pendant que les millennials nostalgiques venaient revoir « Le Diable s'habille en Prada » en salle : « Nous savions que les gens aiment toujours aller au cinéma », se félicite-t-il, avant d'ajouter : « Cet été montre qu’effectivement nous sommes sur la bonne voie. »

Le vrai phénomène de la saison reste « L’Odyssée ». Rien que sur les écrans Imax, le film a rapporté 486 millions de dollars dans le monde, un record absolu pour ce format. Au mythique TCL Chinese Theatre d'Hollywood, il a généré 4,4 millions de dollars, davantage que les recettes annuelles cumulées de la salle pendant 98 de ses 99 années d'existence : « Le fait que nous ayons déjà connu notre meilleure année de toute notre histoire alors que nous ne sommes encore qu'en septembre relève du miracle », s'enthousiasme Brett Fellman, président du marketing au Chinese.

Tout n'a pourtant pas été rose : « Star Wars : The Mandalorian and Grogu », le « Vaiana » en prises de vues réelles ou « Supergirl » ont déçu, et même les Minions semblent avoir perdu un peu de leur superpouvoir comique. Signe que la fête reposait sur peu d'épaules solides : « Spider-Man » et « The Odyssey » représentent à eux seuls plus d'un tiers des recettes de l'été.

Reste que l'embellie nourrit un vrai espoir : repasser, pour la première fois depuis la pandémie, la barre symbolique des 10 milliards de dollars de recettes annuelles : « Il y a quelques années, les gens doutaient que le secteur puisse un jour y revenir. Je pense que nous allons sans aucun doute dépasser les 10 milliards, peut-être même atteindre 10,2 ou 10,3 milliards », veut croire Eric Handler, analyste chez Roth Capital Partners.

De quoi patienter jusqu'à un automne chargé, avant un mois de décembre explosif : le 18, « Dune : Partie 3 » et « Avengers : Doomsday » sortiront le même jour, un rendez-vous déjà surnommé le « Dunesday ». Le grand écran n'a peut-être pas dit son dernier mot — ni sa dernière réplique.

C.B.-J.

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