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Jean Moulin : une figure admirable de la Résistance

Jean Moulin_Studio-HarcourtJean Moulin_Studio-Harcourt
Jean Moulin ©Studio Harcourt
Écrit par Jill Bordellay
Publié le 22 mars 2023

Le 21 février dernier les associations le Souvenir Français et l´UFE ont rendu hommage à Jean Moulin, héros de la résistance, au Miradouro de São Pedro de Alcântara au Bairro Alto à Lisbonne, à l´endroit même où un an plus tôt avait été posée une plaque par des personnalités portugaises qui souhaitaient faire perdurer son souvenir. Lepetitjournal.com vous fait connaître un peu mieux cet homme son lien avec la ville de Lisbonne.


Dessinateur, prefet puis résitant, qui est Jean Moulin ?

Durant  la Seconde Guerre mondiale, Jean Moulin ,le plus jeune préfet de France, est la figure phare de la Résistance.

Né le 20 juin 1899 à Béziers petit-fils d'un insurgé de 1851, il se passionne très tôt pour le dessin au point de vendre ses dessins et ses aquarelles. Lettré, cultivé, passionné par les arts, il dessine notamment des caricatures pour des journaux.

En 1917, il affiche très tôt des convictions laïques et républicaines et s'inscrit à la faculté de droit et science politique à Montpellier. De 1925 à 1930, il est le plus jeune sous-préfet de France, à Albertville, sous la présidence de Gaston Doumergue.

Toujours intéressé par l'art, il fréquente des poètes comme Saint-Pol Roux et Max Jacob, il est reçu chez le sculpteur Giovanni Leonardi et commence à collectionner des toiles de Chirico, de Raoul Dufy et à dessiner sous le pseudonyme de "Romanin". Il publie d'ailleurs, des caricatures et des dessins humoristiques dans la revue "Rire", dans "Candide".

En 1936, il est nommé chef de cabinet au ministère Pierre Cot au ministère de l'Air du Front populaire, conformément à la politique de Léon Blum, aidant clandestinement les républicains espagnols en leur envoyant des avions au moment de la guerre civile espagnole afin d´aider ceux-ci à lutter contre les nationalistes qui défendent Franco.


Un homme engagé

En 1937, à l'âge de trente-huit ans, il est nommé préfet de l'Aveyron, il est alors le plus jeune préfet de France et est muté à Chartres. Mais après la déclaration de guerre, il demande à être dégagé de ses fonctions de préfet, persuadé comme il l'écrit, que sa "place n'est point à l'arrière, à la tête d'un département essentiellement rural".

Il veut intégrer le corps des mitrailleurs contre l'avis du ministère de l'intérieur et se prépare à recevoir l'ennemi.

Devant l'arrivée imminente des Allemands dans Chartres, il écrit à ses parents le 15 juin 1940 : "Si les Allemands -ils sont capables de tout- me faisaient dire des choses contraires à l'honneur, vous savez déjà que cela n'est pas vrai".

Les Allemands veulent lui faire signer un document mais il  défend les droits de sa population et répond non. Souhaitant résister malgré la torture, Jean Moulin va tenter de mettre fin à ses jours en se coupant la gorge. Il survit, mais arbore une écharpe pour dissimuler sa cicatrice.

Le 2 novembre 1940 il est relevé de ses fonctions, jugé trop à gauche par le régime de Vichy, il prend  alors une fausse identité pour entrer en contact avec les mouvements de Résistance française, il rédige régulièrement son journal "Premier Combat" où il relate sa résistance contre les nazis de Chartres, journal qui a été préfacé par le général de Gaulle.

Après avoir réussi à obtenir un visa et un faux passeport, le 9 septembre 1941, il rejoint Londres où il prend contact avec le général de Gaulle, en passant par l'Espagne et le Portugal (où il reste 5 semaines rédigeant un rapport important qui est le point de départ de l'"Opération Rex", ainsi l'armée des résistants est née à Lisbonne).


La résistance française lors de la Seconde guerre mondiale

Depuis l'appel du 18 juin 1940, la résistance s'est structurée autour de la figure de Charles de Gaulle. C'est pourquoi, le 24 décembre 1941, Jean Moulin est chargé d'unifier, sur le territoire français, les mouvements de résistance dont les services ROP assurent le recrutement, l'organisation, la propagande, les renseignements, le sabotage et l'entraide.

La résistance unit ses forces et Jean Moulin est parachuté en zone libre le 1er janvier 1942, il est nommé délégué général en France pour poursuivre l'unification des forces de la Résistance.

En 1943, Jean Moulin part à Londres rendre compte de sa mission à Charles de Gaulle, qui le décore de la croix de la Libération et le nomme secrètement ministre. Il revient peu de temps après en France où il participe, avec le mouvement Franc-Tireur, à la création du maquis du Vercors. Il se sait traqué et écrit au général de Gaulle : "Je suis recherché maintenant tout à la fois par Vichy et la Gestapo, qui n'ignore rien de mon identité, ni de mes activités. Ma tâche devient donc de plus en plus délicate, lorsque les difficultés ne cessent d'augmenter. Si je venais à disparaître, je n'aurais pas eu le temps matériel de mettre au courant mes successeurs".

Le 21 juin 1943 à Caluire-et-Cuire (Rhône) lors d'une réunion de résistants, l'un d'eux est arrêté René Hardy puis relâché par la Gestapo, il est  accusé, après la guerre, d'avoir dénoncé Jean Moulin.

Jean Moulin est alors arrêté par la Gestapo. Torturé pendant des jours par le chef de la Gestapo Klaus Barbie, il meurt le 8 juillet en gare de Metz au cours de son transfert vers l'Allemagne.

L'urne contenant ses cendres a été déposée au cimetière du Père-Lachaise, puis a ensuite été transférée au Panthéon, en 1964 alors que André Malraux était ministre de la Culture. Jean Moulin figure désormais parmi les "grands hommes" auxquels la république manifeste sa reconnaissance. Il devient le symbole de la Résistance.

 

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