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Carine Tardieu : "Ce film me ressemble plus que les précédents"

Par Christopher Marques | Publié le 12/01/2018 à 00:38 | Mis à jour le 12/01/2018 à 00:59
Photo : "Otez-moi d’un doute"
"Otez-moi d’un doute"

"Otez-moi d’un doute" est le troisième long-métrage réalisé par Carine Tardieu. Le film est sorti ce jeudi 11 janvier 2018 dans les salles de cinéma du Portugal. De passage à Lisbonne en octobre, lors de la Festa du cinéma français, Carine Tardieu a accepté de rencontrer Lepetitjournal.

Née en 1973, Carine Tardieu est une réalisatrice, scénariste et écrivain française. Passionnée de littérature et de cinéma, elle fait ses études à l'École supérieure de réalisation audiovisuelle de Paris, avant de commencer à travailler comme assistante réalisatrice et scénariste. Elle signe son premier court-métrage en 2003.

En 2007, elle finit son premier long-métrage : "La tête de maman", une comédie sur la relation entre une mère et sa fille. Son deuxième long-métrage, «Du vent dans mes mollets » est sorti en 2012 et a reçu  le prix du public de la Festa du cinéma français 2013.

En 2017, Carine Tardieu signe son troisième long-métrage. Ce film nous raconte l’histoire d’Erwan (François Damiens), un démineur breton qui apprend que son papa (Guy Marchand) n’est pas son père biologique.
Erwan enquête et retrouve son véritable géniteur, Joseph (André Wilms), un vieil homme pour qui il se prend d’affection. Sa vie se complique encore plus lorsqu’il découvre qu’Anna (Cécile de France), le docteur de qui il tombe amoureux, est la fille de Joseph.

Carine Tardieu

Lepetitjournal : Que représente ce film pour vous?
Carine Tardieu : Ce film est une étape importante car c’est mon troisième long-métrage. C’est la première fois que je peux vraiment m’assumer comme réalisatrice. Avec les deux premiers, je me disais qu’il y avait peut-être un peu de chance. Sur ce dernier film, j’ai eu quelques difficultés pendant le tournage auxquelles j’ai du faire face.

Quel genre de difficultés ?
Par exemple, les différences dans les méthodes de travail de François Damiens (le protagoniste) et moi. C’était compliqué. On a bataillé beaucoup tout les deux. Aujourd’hui on s’aime beaucoup, il adore le film et on ne regrette rien. C’était une épreuve difficile. J’ai eu la sensation qu´il a fait de moi une réalisatrice.
J’ai l’impression d’avoir fait des progrès et je me suis plus écouté. C’est un film qui me ressemble plus que les précédents. J’ai moins eu besoin de prouver au reste du monde que j’étais légitime.

Où avez-vous été cherché l´inspiration pour ce film ?
J’avais vraiment envie de faire un film sur le rapport au père. Je me suis inspiré de l’histoire d’un ami qui a découvert à 50 ans que son papa n’était pas son père biologique. Il s’est mis en quête de son père biologique et il a entretenu une relation avec lui pendant un certain temps.

Otez-moi d´un doute

Les pères ont un rôle très important dans ce film et les mères y sont très peu présentes. Il faut que les mères soient absentes pour que les pères existent ?
D’une certaine manière. En tout cas, c’est parce que les mères sont absentes dans cette histoire que les pères ont pris cette place auprès de leur fille  respective. Je dirais même que les filles ont aussi pris la place de leur mère auprès de leur père. Elles sont comme mariées à leurs papas. Le fait que le protagoniste apprenne que son père n’est pas son père biologique va avoir un impact sur les relations que chaque personnage entretient avec le père. En fait, les pères vont mettre leur fille dehors. Chacun va finalement retrouver sa place.

C’est une deuxième vie pour eux ?
Je n’aime pas l’idée de deuxième vie. C’est une continuité, une nouvelle étape.

Vous avez annoncé que vous ne participeriez plus aux séances de promotion de ce film à l’étranger. C’est aussi une nouvelle étape ?
Il faut laisser grandir le film. Maintenant, il faut que les spectateurs se l´approprie et que chacun fasse de ce film son propre film. J’aime bien cette idée de le laisser voyager et faire sa vie sans moi. J’ai aussi besoin de passer à autre chose.

Qu’avez-vous envie de faire maintenant ?
J’ai envie de parler des rapports entre les frères et les sœurs, mais ça pourrait être autre chose. Ce que je sais c’est que je n’ai pas fini de parler des rapports familiaux. C’est ce qui me passionne. Je n’ai pas non plus envie de m’imposer en amont une thématique. Je sais que ça viendra petit à petit.

 

Bande annonce

Otez-moi d´un doute

 

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