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Le Portugal frappé par des tempêtes successives

Depuis fin janvier, le Portugal est frappé par une succession de tempêtes aux conséquences lourdes. Inondations, glissements de terrain et dégâts matériels et humains se multiplient dans plusieurs régions.

Arruda Dos VinhosArruda Dos Vinhos
©CM-Arruda Dos Vinhos
Écrit par Achille Piedboeuf
Publié le 10 février 2026


Joseph, Ingrid, Kristin, Leonardo... et désormais Marta.

Depuis la fin du mois de janvier, le Portugal est frappé par une succession ininterrompue de tempêtes. Semaine après semaine, les épisodes de fortes pluies et de vents violents se multiplient, sans véritable accalmie. Cette répétition de phénomènes extrêmes a profondément fragilisé le territoire. Les sols sont saturés d'eau, les nappes phréatiques pleines, et chaque nouvelle perturbation accroît le risque d'inondations, notamment dans les zones fluviales et les régions déjà touchées par les tempêtes précédentes.


Des districts du Portugal durement touchés

La Protection civile appelle la population à la plus grande vigilance. Les mauvaises conditions météorologiques continuent de provoquer des inondations et des glissements de terrain dans plusieurs régions du pays. Le district de Leiria, situé dans la région Centre du Portugal, est le plus affecté. La tempête Kristin y a fait tomber des pylônes à haute tension et endommagé plusieurs sous-stations électriques. Dans le nord du pays, le fleuve Febros est sorti de son lit, isolant plusieurs villages et habitations. A titre d'exemple, à Caminha, au nord-ouest du Portugal, au moins trois routes nationales sont fermées en raison du débordement du fleuve Coura. Plusieurs routes municipales sont également coupées à Ponte de Lima, après la montée des affluents du fleuve Lima, qui reste pour l'instant sous surveillance. Plus au sud, le district d'Aveiro est lui aussi fortement touché. Au moins 28 routes y sont fermées ou partiellement impraticables, principalement dans la commune d'Águeda, où le fleuve du même nom est en crue. Des fermetures sont également signalées à Estarreja, Murtosa, Albergaria-a-Velha, Ovar, Aveiro, Anadia, Coimbra, Torres Vedras, Arruda dos Vinhos et bien d'autres villes.


Une tempête aux lourdes conséquences humaines et matérielles

Depuis le 28 janvier, quinze personnes sont décédées au Portugal à la suite du passage des tempêtes, qui ont également causé des centaines de blessés et des déplacements de population. Des milliers d'interventions ont été menées à travers le pays pour faire face à des inondations d'habitations, des chutes d'arbres, des coulées de boue et des glissements de terrain. Le mardi 10 février, plus de 30 000 personnes étaient encore privées d'électricité, conséquence directe de la tempête Kristin, qui a frappé le pays une semaine plus tôt.


La réaction du gouvernement et une enveloppe d'urgence

Face à l'ampleur des dégâts, le gouvernement portugais a annoncé la mobilisation d'une enveloppe financière exceptionnelle de 2,5 milliards d'euros. Cette aide doit permettre la réparation rapide des infrastructures endommagées, le soutien aux municipalités confrontées à des dépenses imprévues, ainsi que l'accompagnement des habitants sinistrés, notamment pour les logements et les biens essentiels. Malgré ces annonces, la gestion gouvernementale de la crise fait l'objet de critiques croissantes. Plusieurs responsables politiques dénoncent un manque de coordination et de leadership au plus fort de cette situation. La communication officielle est jugée insuffisante et parfois déconnectée de la gravité de la situation sur le terrain. Les mesures de soutien annoncées sont également considérées comme trop limitées au regard de l'ampleur des dégâts.


Un impact direct sur le processus électoral

Ces conditions météorologiques exceptionnelles ont également entraîné des répercussions sur les élections présidentielles. Si le scrutin a pu se tenir sur l'essentiel du territoire, certaines zones ont été dans l'incapacité d'organiser le vote dans des conditions normales. Vingt bureaux de vote sont restés fermés en raison de routes impraticables, d'inondations ou de coupures d'électricité. Les autorités ont précisé que le scrutin y sera organisé le dimanche 15 février, sans impact sur le résultat national.


Patrimoine et barrages sous tension

Au-delà des habitations et des infrastructures, le patrimoine bâti n'a pas été épargné. Plusieurs monuments classés au patrimoine mondial de l'Unesco ont été endommagés, notamment le couvent du Christ à Tomar, ainsi que les monastères d'Alcobaça et de Batalha. Le sanctuaire de Fátima, l'un des plus grands lieux de pèlerinage catholique au monde, a lui aussi subi des dégâts estimés à plusieurs centaines de milliers d'euros. Symbole de cette situation exceptionnelle, de nombreux barrages du pays ont atteint, voire dépassé, leur capacité maximale. Selon l'Agence portugaise de l'environnement (APA), ils ont libéré un volume d'eau équivalent à la consommation annuelle du pays en seulement trois jours, début février. Si une amélioration très progressive des conditions météorologiques est attendue dans les prochains jours, les autorités appellent à maintenir une vigilance maximale tant que les sols resteront saturés.

 

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