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ALPINE – "Un excellent début" selon João Soares Pires

Par Maria Sobral avec la collaboration de Guillaume Bermond | Publié le 17/12/2018 à 23:57 | Mis à jour le 18/12/2018 à 11:36
Photo : João Soares Pires ©M.J. Sobral
João Soares Pires

A l’occasion du lancement de la Renault Alpine A110 au Portugal, Lepetitjournal.com/lisbonne a rencontré João Soares Pires, Directeur Général de Renault Retail Group Portugal. L’occasion aussi d’évoquer les tendances actuelles du marché de l’automobile au Portugal alors que la marque au losange fait renaître de ses cendres un modèle phare des années 1970.
 
Joao Soares Pires, diplômé en ingénierie mécanique, a toujours travaillé chez Renault. Il a été le deuxième entrant chez Renault Portugal. Il a intégré l’entreprise dès la fin de ses études et y a effectué toute sa carrière en passant par les différents services de la marque automobile par périodes de 10 ans : l’industriel, l´après-vente puis le développement de projets.  Depuis 2009, il dirige Renault Retail Group. Avec ces cycles de dix ans dans les différents domaines, le dirigeant considère avoir eu la chance d´exercer des fonctions enrichissantes et de bien connaître tous les secteurs de l’entreprise.  
 

Lepetitjournal.com Lisbonne : Pouvez-vous présenter Renault Retail Group à nos lecteurs?

Joao Soares Pires : Renault Retail Group est une entreprise avec 100% du capital Renault, elle remplace les anciennes filiales de ventes. Nous nous occupons du retail ; ventes des véhicules neufs et d’occasion ainsi que de l’après-vente des marques Renault, Dacia et Alpine.

Malgré le fait que Renault Retail Group soit une entreprise à part entière de Renault, le constructeur nous considère comme un concessionnaire. En plus, nous avons des obligations d’image de marque et devons respecter toutes les procédures Renault.

Renault Retail Group est un réseau européen, nous sommes présents dans treize pays, ce qui nous apporte une expérience différente par pays. On peut faire une synthèse de nos différentes qualités à travers l’Europe et nous imposer grâce à cela. Renault Retail Group représente 29% des ventes Renault, Dacia et Alpine vendus au Portugal où nous avons cinq sites : trois à Lisbonne (un quatrième est en préparation) et deux à Porto. Cela représente plus de 410 salariés ce qui n’est pas négligeable.  
 

En tant que leader du marché automobile au Portugal depuis 20 ans, quels sont les défis pour maintenir cette position ?

C’est comme tout dans la vie. Par exemple le football : tout le monde veut devenir le leader, le numéro un. Renault est devenu le leader au Portugal depuis plus de 20 ans. Nous détenons 17% du marché portugais. Nous savons que les autres veulent prendre notre place. Chaque nouvelle année, nous partons avec l’idée de vouloir être le leader à la fin, pas avec la satisfaction d’avoir terminé leader auparavant. Il faut avoir conscience que nous ne sommes pas les seuls, il y a des concurrents qui vont arriver à notre niveau.

 
Quels sont les tendances actuelles du marché automobile au Portugal ?

C’est un marché qui a eu des problèmes entre 2010 et 2013. Depuis 2013, nous avons eu une croissance annuelle assez importante. Maintenant, nous nous orientons vers un marché plus stable. Dans une phase de stabilité il y a d’autres opportunités, comme le développement d’autres  prestations : les services au client, notamment.

 

Et quelles sont les tendances au niveau des modèles ?

Renault est actuellement la marque européenne avec le plus grand renouvellement de gamme. Nous nous sommes investis dans un renouvellement de gamme très vif et sommes très attentifs à cette dynamique. Cela va continuer. Au Portugal, avant la crise, le modèle le plus vendu était la Mégane. Actuellement, ce sont des modèles comme Clio ou Captur qui s’imposent. Avec la stabilité à venir du marché, nous allons sans doute monter en gamme et voir revenir la Mégane sur le devant de la scène. Mais la tendance majeure à venir est la voiture électrique. Notamment grâce à la prise de conscience autour du réchauffement climatique, qui va permettre de développer ce segment.
 

En tant que marque française au Portugal, Renault a t-elle développé des services spécifiques destinés aux résidents français ?

Nous voulons mettre en place des services dédiés à la communauté française, à partir de janvier 2019, avec du personnel parlant français. C’est tout à fait normal qu’une entreprise française offre des services pour les Français à l’étranger. Nous avons déjà certains services au niveau des assurances,  de la mobilité, des réparations etc. Ce sont ces services qui sont en place que nous allons adapter et diriger vers les Français du Portugal.

 

Renault Alpine A110

 

Le marché portugais est-il réceptif à l’Alpine - un modèle qui fait son grand retour chez Renault ?

Excellent, c’est une vraie surprise ! Nous pensions que le projet allait prendre près d´un an pour se faire sa place sur le marché portugais. Nous voulions vendre vingt-cinq véhicules la première année mais le quota a vite été atteint.  Tous les jours, nous avons des clients qui viennent essayer la voiture, et passer des commandes. Aujourd’hui la demande est supérieure à notre quota annuel de véhicules. C´est une source de grande satisfaction.

 

Comment cela s’explique-t-il ?

Avant tout par l’image très positive de l´Alpine au Portugal. Lors de l’édition 1973 du Rallye du Portugal, les deux premières marches du podium étaient occupées par des Renault Alpine. C’était un Rallye très serré qui a été très suivi dans le pays, les gens se regroupaient au bord des routes à l’époque. La marque est restée dans l’esprit des Portugais. Il y a beaucoup de clubs automobiles avec des propriétaires du modèle Alpine.  


Quel est le premier prix de vente de l´Alpine au Portugal ?

Le prix est le même dans toute l’Europe, la différence vient des taxes appliquées différemment selon les pays. Aujourd’hui, il y a une petite évolution de la gamme, nous avons deux modèles. Pour le premier, le prix minimum est de 66 000€, pour le second modèle, il est de 72 000€. En mai 2018, nous avions lancé une série limitée qui a rencontré un grand succès. Puis en novembre nous avons lancé une nouvelle série limitée avec quelques évolutions, notamment au niveau des couleurs, des roues, des sièges, ainsi que quelques options  supplémentaires. Pour les couleurs il y a du bleu Alpine, du blanc, du noir. Nous avons ajouté du gris, du bleu foncé et un mélange entre blanc et bleu.

Renault

 

Quelles sont vos attentes par rapport au marché portugais ?

Notre plafond est à vingt-cinq voitures par an pour l’instant et pour 2019 ce nombre de véhicule a déjà été vendu. Nous avons peut-être la possibilité d’avoir davantage de quantité mais cela n’est pas encore confirmé. C’est un lancement formidable, nous ne nous attendions pas à cela. Les retours sont très positifs. Cependant, c’est une voiture très difficile à situer en terme de gamme. Elle est « hors-marché » comme Porsche ou Ferrari par exemple. Je ne nous compare pas à ces marques bien sûr, mais nous sommes, comme elles, dans une logique de niche.
 

Peut-on en déduire, du point de vue économique,  qu´il y a un certain pouvoir d’achat au Portugal ?

Comme partout ailleurs, il y a des écarts bien sûr. Certains ont les moyens d’acheter une Alpine, d’autres non. Mais plus que le pouvoir d’achat, il ne faut pas oublier qu’il y a une véritable passion pour l’automobile au Portugal. Il y a une vingtaine d’années, la ville d’Europe qui comptait le plus de Ferrari était Porto.

En savoir plus : https://alpinecars.com/fr/

 

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Maria Sobral

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