PORTUGAL - "LES FAMILLES D'ABORD" : combattre l'inflation avec huit mesures clés

Par Camille Roux | Publié le 18/09/2022 à 22:00 | Mis à jour le 19/09/2022 à 06:22
Une femme fait les comptes de son foyer sur une calculatrice chez elle à LIsbonne

"Cela fait trente ans que nous n'avions pas vu une augmentation du coût de la vie aussi nette et soudaine", a soutenu le Premier ministre portugais António Costa lors d'une conférence de presse le 5 septembre où il a annoncé les mesures du gouvernement pour combattre l´inflation. Face à cette flambée des prix, le gouvernement portugais souhaite agir, et vite. Avec un budget total de 2,4 milliards d'euro investi dans différentes mesures, il s'engage à soutenir les ménages et à relever leur pouvoir d'achat.  


Un contexte mondial et européen instable depuis la pandémie de Covid-19

Depuis 2019, la situation économique et politique mondiale ne cesse de se fragiliser, et l'Union Européenne n'est pas épargnée. Avec la fermeture des frontières, la pandémie de Covid-19 a très durement impacté la situation économique de chaque Etat. Ce plan présenté par le gouvernement portugais est donc destiné à venir en soutien aux familles portugaises afin de les aider dans un contexte où l'augmentation des prix est très forte et l'inflation élevée.

En effet, début 2022, c'est une nouvelle crise majeure qui a frappé le continent européen avec le début du conflit russo-ukrainien. Les domaines du transport et des énergies en sont les principales victimes, ce qui alimente une flambée des prix dans toute la zone européenne. Les produits alimentaires sont également impactés par cette forte inflation, notamment le blé, produit en quantité importante sur le territoire ukrainien.

Aujourd'hui, la situation économique du Portugal s'avère préoccupante, avec une inflation de 9,1% en juillet 2022 selon l'INE, l'Institut National des Statistiques. Un record depuis 1992.


"Les familles d'abord", le plan du gouvernement pour soutenir les ménages

En réponse à cette crise économique inédite, le gouvernement portugais a annoncé lundi 5 septembre soutenir les ménages portugais à travers des aides financières concrètes visant à pallier la baisse du pouvoir d'achat. C'est ainsi qu'il a annoncé mettre en place une série de mesures dénommées "Les familles d'abord". Elles sont au nombre de huit :

•    Un chèque de 125 euros accordé à chaque personne active aux revenus inférieurs ou égaux à 2.700 euros brut par mois.
•    Un demi mois en extra payé aux retraités dès le mois d'octobre.
•    Une pension alimentaire d'un montant de 50 euros par enfant.
•    Une réduction de la TVA sur l'électricité
•    Une réduction de 10% sur la facture de gaz en permettant un transfert vers le marché réglementé.
•    Une baisse des impôts sur les carburants, qui n'est pas sans rappeler la remise de 30 centimes par litre mise en place par le gouvernement français depuis le 1er septembre.
•    Le plafonnement de la hausse des loyers à 2%.
•    Le gel des tarifs des transports en commun.

 

Aides aux entreprises

En complément, le gouvernement souhaite venir en aide aux entreprises portugaises. Les ministres européens de l'énergie se sont réunis à ce sujet à Bruxelles vendredi 9 septembre afin de discuter des solutions concrètes à apporter aux entreprises face aux coûts élevés de l'énergie. Plusieurs pistes ont été envisagées et seront précisées lors d'une nouvelle réunion le 30 septembre.

Jeudi 15 septembre, le gouvernement portugais à quant à lui annoncé une série de mesures visant à venir en aides aux entreprises nationales, notamment à travers des subventions financières et une accélération de la transition énergétique. Il soutient également l'internationalisation des entreprises et la mise en place de nouvelles mesures fiscales, telle que la suspension temporaire de la taxe carbone.

 

Face à une opposition critique et à un risque de spirale inflationniste, le gouvernement appelle à la prudence.

Ainsi, malgré cette volonté de redressement économique, le Premier ministre appelle à la prudence face à un risque de spirale inflationniste qui menace l'ensemble des pays européens.

L'opposition s'avère quant à elle critique face à cette série de mesures, notamment au sujet des pensions de retraite, estimant qu'il faudrait bien plus qu'un demi mois pour compenser la perte de pouvoir d'achat des retraités et demandant ce qu'il en sera pour 2024.

De même, un certain nombre d'hommes forts du PS réclament la mise en place d'une taxe sur les entreprises aux profits importants pour venir en aide aux plus démunis. A l'heure actuelle, le gouvernement d'António Costa semble résister à ces diverses pressions et croire en ses mesures même si, selon ses mots, il n'existe pas de "vaccin contre l'inflation".

 

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