La faim dans le monde : une question actuelle en 2021

Par Luana Oliveira | Publié le 13/12/2021 à 23:31 | Mis à jour le 13/12/2021 à 23:44
Photo : Des agricultrices dans un champ à Madagascar©FAO/Yasuyoshi-Chiba
Agricultrices dans un champ À Madagascar

Dernièrement les effets économiques engendrés par la crise sanitaire, les conflits politiques et le changement climatique se font ressentir de manière considérable sur les crises humanitaires internationales. Dans ce contexte, la faim dans le monde est un thème qui retrouve une certaine actualité.


La hausse des prix des denrées alimentaires

Alors que l'un des objectifs mondiaux de développement durable (ODD) figurant dans le plan d'action fixé en 2015 par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) vise à éradiquer la faim et la malnutrition d'ici l'année 2030, ce plan est déjà compromis notamment par la hausse fulgurante des prix alimentaires dans le monde, presque deux ans après le début de la crise sanitaire. Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le prix des denrées de base a augmenté de plus de 30% au cours de cette dernière année, enregistrant ainsi la hausse la plus élevée des prix depuis juillet 2011. Les organisations d'aide humanitaire, entre autres le Programme Alimentaire Mondial, tirent la sonnette d'alarme. L'indice de la faim dans le monde (GHI) d'octobre 2021, déclare que l'objectif Faim Zéro d'ici 2030 est au point mort et montre même une tendance à s'inverser. 47 pays d'ici 2030 ne seront pas en mesures d'atteindre l'objectif fixé.


Une situation mondiale difficile

La lutte contre la faim menée par les différentes organisations humanitaires vit un moment difficile. Les conflits politiques, parfois même liés à la faim, amènent la plupart des gens à quitter des territoires géographiques qui leur sont familiers, étant ainsi contraint de revoir leurs habitudes alimentaires. L’état d’urgence climatique qui se fait ressentir à grande échelle, est d’autant plus présent dans les pays en développement de l’Asie du Sud et de l’Afrique subsaharienne où l’on constate la désertification de terres, des inondations de récoltes menant ainsi à des pénuries alimentaires. En dépit des COP(1) visant à réduire notre impact environnemental, les conséquences du changement climatique sont désormais bien présentes, et elles engendrent des vagues de migration environnementales et climatiques.

La pandémie de COVID-19 a elle aussi fait des ravages dans ces régions déjà atteintes par la pauvreté extrême. La régulation entre l'offre et la demande se complique en situation de pandémie et les pays dépendant de l'importation de biens alimentaires sont particulièrement affectés. Ces trois vecteurs combinés à des systèmes alimentaires non durables, une agriculture pauvre en investissements et des gouvernements qui laissent à désirer au niveau de la gestion politique et sociale des pays nuisent à la lutte contre la faim. Selon « L’état de la sécurité alimentaire dans le monde, 2021 » établit par les organisations FAO, FIDA, UNICEF, PAM et OMS, entre 720 et 811 millions d'individus sont à ce jour encore en situation de famine. Elle se fait notamment sentir en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, où celle-ci est considérée comme grave. D'après un rapport de l’Indice de la faim dans le monde (GHI), près de 50 pays présentent un niveau de faim grave, alarmante ou extrêmement grave. La Somalie étant le pays le plus atteint. Les conséquences de l'augmentation de la faim dans le monde sont bien présentes. Les enfants en souffrent le plus puisqu'ils présentent notamment un retard de croissance lié à une extrême émaciation. Les taux de mortalité infantile ne cessent de grimper.


Les solutions

La seule manière, selon les experts, impliqués dans la rédaction de l’« Indice de la faim dans le monde ; Faim et systèmes alimentaires dans les situations de conflit ; Octobre 2021», de lutter contre la faim actuellement, est de consolider la paix en considérant la complexité des systèmes alimentaires face aux contextes de conflit. Le premier pas à faire dans ce sens est l'adoption d'une approche flexible et agile, puisque la compréhension de la paix diffère selon les lignes ethniques, sectaires, régionales et politiques d’un pays donné. Les actions qui visent à garantir la sécurité alimentaire doivent être en harmonie avec les moyens déployés pour consolider la paix, ceci en accord avec l’évolution des circonstances et préoccupations présentes dans un certain pays. Ensuite, c'est le travail en partenariat qui entre en jeu, évaluant les mesures qui ont et n'ont pas porté leurs fruits dans d'autres pays. La mise en place de méthodes de travail intégratives est un point également important, notamment la création de centres réunissant tous les acteurs luttant contre l'insécurité alimentaire, rendant ainsi les ressources accessibles à tous. Et finalement il est nécessaire de briser les silos de financement, c'est-à-dire essayer de nouveaux modèles de financement plus intégrés et réellement dirigés vers les problématiques en cause.


(1) COP : Conférences des Parties / conférence de l'ONU sur le climat  

 

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