Dans un entrepôt prêté par l'armée à Lisbonne, des salariés français ont passé leur journée à trier d'anciennes radiographies aux côtés de centaines de bénévoles. Organisée par l'ONG AMI, cette opération transforme ce déchet médical en ressource et permet de distribuer des repas chauds.


Le 25 septembre, l'entrepôt du Régiment de Transports de l'armée Portugaise, a accueilli entre 200 et 300 bénévoles. La mission des volontaires était de dissocier et trier les piles de films, cartons, enveloppes et comptes rendus. L'objectif : trier 24 tonnes de radiographies.
Cette campagne était la 30ème organisée par Assistência Médica Internacional, AMI, une organisation non gouvernementale médicale, humanitaire et sociale portugaise. Durant cette journée de mobilisation, plusieurs salariés français travaillant au Portugal étaient présents. Air France-KLM a notamment mobilisé une douzaine de collaborateurs dans le cadre de son « Citizen Day », une journée annuelle de bénévolat organisée sur la base du volontariat.
« C'est très important pour nous de participer à la vie collective locale et au développement durable », explique Véronica Braz, coordinatrice des ventes, commercial et marketing d'Air France-KLM au Portugal.
Des bénévoles français mobilisés pour trier
« En arrivant, on pensait que ça serait plus simple », raconte Véronique Braz. Mais les volontaires découvrent rapidement « la diversité des supports entre les enveloppes, les CD et les comptes rendus à trier » pour ne garder que les radiographies. Ils sont ensuite placés dans de grands sacs, les « big bags », qui peuvent atteindre environ 1,5 tonne.
Pour l'AMI, cette étape est essentielle. « Le tri préalable par les bénévoles évite d'exporter inutilement du papier et du plastique non valorisable », explique Isabelle Romão, directrice marketing de l'ONG.
Parmi les bénévoles, plusieurs entreprises françaises sont présentes. La BNP Paribas participe également à l'opération, avec huit salariés de son équipe à Lisbonne.
« C'était une démarche 100 % volontaire. Nous avons cherché une cause qui correspondait à nos valeurs environnementales autour du recyclage », témoigne une salariée.
Au total, quinze entreprises participent à cette édition, aux côtés notamment d'étudiants de l'Université Nova SBE et de la Faculté de Pharmacie.

« Cette opération a un double sens »
Une fois triées, les radiographies ne sont pas recyclées directement au Portugal. L'objectif de la journée est de réunir les 24 tonnes pour les transporter par camion vers un partenaire industriel en Allemagne. Les anciennes radiographies contiennent notamment un métal : de l'argent qui peut être récupéré pour valoriser le déchet. Au final, c'est environ 4m3 de résidus polluant par tonne de radiographies qui ne sont pas envoyés dans les fosses communes.
« C'est une opération à double sens : il y a l'aspect environnemental et un aspect financier d'aide directe à la population », résume Isabelle.
L'impact environnemental est mesurable. « Les radiographies sont des résidus très difficiles à traiter au Portugal » explique Gonçalo Santo, directeur du département Environnement de l´AMI. Pour éviter de créer davantage de pollution, cette initiative s'associe à des pharmacies, particuliers, centres médicaux ou encore des hôpitaux pour récupérer un maximum de radiographies.
Des radiographies transformées en solidarité
Cette opération a aussi des répercussions sociales positives : la vente de l'argent récupéré par le bais des radiographies permet de financer 250 repas chauds par tonne pour les bénéficiaires de l'ONG « Grâce à la vente de l'argent extrait, chaque tonne triée finance 250 repas chauds pour nos bénéficiaires », explique Gonçalo Santo.
L'initiative existe depuis 1997 et s'inspire à l'origine d'un modèle français. Aujourd'hui, elle permet à chacun de contribuer sans donner directement de l'argent.
« Au lieu de demander de l'argent, on demande des radiographies. Ce sont des déchets dont les gens n'ont plus besoin et que personne d'autre ne collecte », explique Isabelle.
L'ambassadeur d´AMI, Nuno Delgado, ancien champion olympique de judo, était également présent lors de la journée de trie, il témoigne : « Aujourd'hui, nous ne cherchons pas à battre des records olympiques, mais des records de solidarité pour transformer ces tonnes de radiographies en aide directe ».



















