Édition internationale

9 mars - António José Seguro, un nouveau président pour le Portugal

Le Portugal s'apprête à tourner une nouvelle page politique. Élu président de la République lors des élections de février 2026, António José Seguro prend officiellement ses fonctions le 9 mars à Lisbonne. Il succède à Marcelo Rebelo de Sousa, qui quitte le pouvoir après deux mandats consécutifs de 5 ans chacun.

António José SeguroAntónio José Seguro
Écrit par Achille Piedboeuf
Publié le 9 mars 2026

António José Seguro, un socialiste modéré à la tête de l'État

Âgé de 63 ans, António José Seguro est une figure bien connue de la vie politique portugaise. Ancien secrétaire général du Parti socialiste (PS) et ancien député européen, il deviendra ce lundi 9 mars 2026 président de la République. Élu lors du second tour de l'élection présidentielle le 8 février, il s'est imposé avec 66,79 % des suffrages, contre 33,21 % pour le candidat d'extrême droite André Ventura. Le scrutin a mobilisé 5 476 291 électeurs, l'un des niveaux de participation les plus élevés des dernières élections présidentielles. Avec près de 3,7 millions de voix, le candidat socialiste réalise l'un des meilleurs scores en nombre absolu de suffrages de l'histoire démocratique portugaise. 


La fin d'une présidence populaire mais mouvementée

António José Seguro succède à Marcelo Rebelo de Sousa, président depuis 2016 et réélu en 2021. La Constitution portugaise limitant le chef de l'État à deux mandats, celui-ci ne pouvait pas se représenter. Durant ses dix années de présidence, Marcelo Rebelo de Sousa s'est distingué par un style très proche des citoyens et une popularité élevée. Cependant, la fin de son mandat a été plus compliqué en raison de plusieurs tensions politiques et institutionnelles. Le président sortant a notamment dû gérer une période d'instabilité gouvernementale touchées par des dissolutions parlementaires. La montée du parti d'extrême droite Chega a aussi été au centre de discussions ces derniers mois. Une situation qui s'est détérioré à nouveau lors du mois de février après le passage de violentes tempêtes dans le pays. Ces épisodes climatiques ont provoqué d'importants dégâts et de nombreuses perturbations. La gestion de la crise par le gouvernement a suscité des critiques de l'opposition et de certains responsables locaux.  Dans ce contexte de fortes pressions politiques, la ministre de l'Intérieur a finalement annoncé sa démission le 10 février accentuant l'impression d'une fin de mandat particulièrement mouvementée pour le président sortant. Mais, c'est sans doute « le cas des jumelles » qui a le plus fait de mal à l'image et à la popularité du président sortant, celui-ci a été au cœur d'un scandale pour favoritisme et même s'il a nié toute intervention dans une affaire où il est soupçonné d'avoir favorisé l'accès à un traitement très onéreux à des jumelles dans un hôpital public, il n'a jamais réussi à récupérer son ancien niveau de popularité. 


Les défis qui attendent le nouveau président

António José Seguro devra faire face à plusieurs défis importants. Le premier concerne la stabilité politique. Le pays connaît depuis plusieurs années une cassure au niveau du paysage politique. L'émergence de nouvelles forces et la progression de l'extrême droite, incarnée par André Ventura, son rival lors de la dernière élection présidentielle ont changé les votes d'une partie de l'électorat. Dans ce contexte, le nouveau chef d'Etat entend s'inscrire dans une ligne sociale-démocrate modérée, pro-européenne et institutionnelle. Durant sa campagne, il a insisté sur la nécessité de maintenir une stabilité politique, de défendre le respect de la Constitution et d'exercer un rôle présidentiel d'arbitre au-dessus des partis.

Les enjeux économiques et sociaux constituent également un défi majeur. Les Portugais font face à une hausse du coût de la vie, à une forte tension sur le marché du logement et à des inquiétudes concernant les services publics, notamment la santé mais aussi la réforme du code du travail souhaité par le gouvernement en place. Enfin, le nouveau président devra regagner la confiance d'une partie de la population portugaise. Malgré une participation en hausse, l'abstention était tout de même significative lors de cette élection présidentielle. 


Le programme de la prise de fonction

La cérémonie d'investiture a lieu ce 9 mars à Lisbonne. Conformément à la tradition constitutionnelle, António José Seguro prêtera serment devant l'Assemblée de la République. Après cette prestation de serment, le nouveau chef de l'État prononcera son premier discours officiel en tant que président. La journée se poursuivra ensuite au Palais de Belém, résidence officielle du président de la République, où aura lieu la passation de pouvoirs avec Marcelo Rebelo de Sousa. Cette cérémonie marquera le début officiel du mandat de cinq ans de António José Seguro à la tête de l'État portugais.

Le nouveau président a, par ailleurs, souhaité partager ce moment avec son épouse et ses enfants qui prendront part à la cérémonie. Puis, il a aussi, symboliquement, voulu ouvrir les jardins du palais de Belém au public pendant la matinée du 9 et se rendra le 10 dans des villes du Portugal afin de rencontrer plus directement la population (Guimarães et Coimbra, en particulier) au lendemain de sa prise de fonction officielle.

 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos