Grand favori lors de ce second tour, le candidat de centre gauche, António José Seguro a remporté ce dimanche 8 février les élections présidentielles portugaises face à son rival du parti Chega d’extrême droite, André Ventura.


Selon les résultats définitifs publiés par les autorités électorales, António José Seguro a remporté dimanche 8 janvier le second tour de l'élection présidentielle portugaise. Le candidat socialiste modéré s'impose avec 66,79 % des suffrages, contre 33,21 % pour son adversaire. Le scrutin a mobilisé 5 476 291 électeurs, un chiffre élevé au regard des précédentes élections présidentielles. L'abstention, bien que toujours significative, se situe à un niveau jugé contenu par les observateurs, confirmant une participation en légère hausse par rapport au scrutin précédent.
Un nombre de voix inédit depuis plusieurs décennies
Avec près de 3,7 millions de voix en sa faveur, António José Seguro réalise l'un des meilleurs scores en nombre absolu de suffrages de l'histoire démocratique portugaise. Un chiffre qui se rapproche du score de Mário Soares lors de sa réélection en 1991.
Un président issu de l'aile modérée du socialisme portugais
Âgé de 63 ans, António José Seguro est une figure bien connue de la vie politique portugaise. Ancien secrétaire général du Parti socialiste, il incarne une ligne sociale-démocrate modérée, pro-européenne et institutionnelle. Sa campagne s'est articulée autour de la stabilité politique, du respect de la Constitution et d'un rôle présidentiel d'arbitre au-dessus des partis. Il prendra officiellement ses fonctions le 9 mars, succédant à Marcelo Rebelo de Sousa, qui achèvera ainsi un second mandat de cinq ans.
Chega, une défaite en demie teinte
Le score de la droite populiste constitue l'un des enseignements majeurs de ce scrutin. Le candidat soutenu par le parti Chega, André Ventura recueille un peu plus de 33 % des voix au second tour. S'il échoue largement face à António José Seguro, ce résultat confirme néanmoins l'ancrage durable de Chega dans le paysage politique portugais. Le parti progresse notamment dans les zones périurbaines et auprès d'un électorat jeune et masculin. Toutefois, l'écart final montre aussi les limites de sa capacité de rassemblement, une majorité d'électeurs s'étant mobilisée pour faire barrage à l'extrême droite.
Une victoire qui redessine le paysage politique
Dans la presse portugaise, plusieurs éditorialistes soulignent que cette élection marque un retour à une présidence plus classique et institutionnelle, après deux mandats très personnalisés. Le nouveau chef de l'État devra composer avec un Parlement fragmenté et un climat politique tendu, tout en veillant à préserver la stabilité démocratique. Son large score lui offre toutefois une marge de manœuvre politique et symbolique importante pour entamer son mandat.
Des élections perturbées par les intempéries
Malgré des conditions météorologiques extrêmes, rarement observées au Portugal, les élections ont bien eu lieu. De fortes pluies, des vents violents et des inondations locales ont perturbé l'organisation du scrutin dans plusieurs régions du pays. Face à cette situation, le candidat d'extrême droite André Ventura avait même demandé le jeudi 6 février, le report du second tour. Cette demande a été rejetée par les autorités électorales. Elles ont estimé que les conditions restaient réunies pour garantir la régularité du vote à l'échelle nationale. Pourtant, dans certaines zones particulièrement touchées par les intempéries, le scrutin n'a pas pu se tenir localement. Des routes impraticables, des coupures d'électricité et des inondations ont rendu impossible l'ouverture de 20 bureaux de vote dans un certain nombre de communes. Le vote y a été reporté et sera finalisé la semaine prochaine. Les chiffres précis et définitifs seront publiés dimanche 15 février prochain.














