Au Pérou, les îles Uros flottent grâce au Totora

Par Lorena BERTIN | Publié le 30/09/2021 à 08:00 | Mis à jour le 01/10/2021 à 10:58
Photo : ©Lorena Bertin
Au Pérou, les îles Uros flottent grâce au Totora

Depuis des siècles, le lac Titicaca abrite la communauté Uros. Un peuple autochtone vivant sur des îles flottantes entièrement construites à partir de roseaux, nommés le totora.

 

À 3 800 mètres d’altitude, il est le plus haut lac navigable du monde. Partagé entre le Pérou et la Bolivie, ses eaux froides et profondes offrent une large biodiversité et une grande richesse culturelle. Parmi elles, une plante indigène emblématique : le totora. 

 

Au Pérou, les îles Uros flottent grâce au Totora
©Lorena Bertin

 

Une ethnie éloignée du reste du monde

La communauté Uros est à l’origine un peuple de pêcheurs nomades qui se déplaçait sur le lac pour suivre les bancs de poissons, base de leur alimentation. Leur retrait de la société leur a permis de se protéger et d’échapper aux attaques des peuples conquérants. Aujourd’hui, à près de 6 km de la côte, les îles forment un réel petit village hébergeant une centaine de familles. 

 

Au Pérou, les îles Uros flottent grâce au Totora
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Le totora est omniprésent dans la vie des Uros

Le totora est une plante aquatique que l’on peut trouver sauvage et cultivée. Elle s’élève jusqu’à 4 mètres de hauteur, dont la moitié se trouve sous l’eau. Il peut être consommé comme légume et utilisé contre la fièvre, mais son utilisation première se trouve dans l’artisanat et la construction. En effet, les Uros ont tiré profit du totora pour élaborer des radeaux, qu’ils appellent pour plaisanter des “Mercedes Benz”, mais également la totalité de leurs habitations, partant de l'infrastructure aux ustensiles de cuisine. 

 

Au Pérou, les îles Uros flottent grâce au Totora
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Le processus des habitats flottants à base de jonc

Flottable, le totora permet de vivre sur l’eau. Pour réaliser cette prouesse, construire des maisons flottantes, les résidents répondent à un procédé exigeant. Ils récupèrent une dizaine de blocs de racines qui se trouvent à la surface de l’eau et les attachent entre eux. Même sans tiges, les plantes restent vivantes et en l’espace de deux mois, vont créer un seul et unique bloc. La base de l’île formée, elle doit être attachée pour éviter d’être déportée. Une fois cette étape terminée, des roseaux coupés à hauteur de l’eau sont couchés et entremêlés sur environ 1 mètre de hauteur. Les maisons peuvent être construites directement sur l’île ou bien sur un îlot et ensuite déplacées. Une installation qui demande de l'entretien. Environ tous les 15 jours, les roseaux sont vérifiés et s’ils sont endommagés, ils seront remplacés. Au-delà des fondations, la plante est également utilisée pour tout le mobilier : matelas, bancs, tables…

 

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©Lorena Bertin

 

Le tourisme comme seul source de revenu

Depuis quelques années, des circuits touristiques sont organisés pour visiter ces îles et permettre de faire tourner l’économie locale. Quelques jeunes quittent le foyer pour travailler dans les villes de Lima ou d’Arequipa, mais la plupart des familles restent sur l’eau et vivent uniquement du tourisme. Les femmes misent sur l’artisanat, elles tissent des vêtements et des tapis, fabriquent des sacs à mains, des paniers ou encore des attrapes-rêves en totora. Comme au niveau national, les îles Uros ont souffert économiquement de la crise sanitaire. Selon la Société du Commerce Extérieur au Pérou (ComexPerú), la pandémie du Covid-19 a provoqué une baisse de 94,2% de touristes internationaux au Pérou, sur la période de janvier à août 2021 en comparaison à 2019.

 

Au Pérou, les îles Uros flottent grâce au Totora
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Lorena BERTIN

Étudiante en Master à l'École de Journalisme de Nice, je réalise mon premier stage pour l'édition Lepetitjounal.com de Lima au Pérou.
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