TEST: 3752

Travailler au Pérou : le guide pratique

Par Guillaume FLOR | Publié le 13/12/2021 à 08:00 | Mis à jour le 15/12/2021 à 01:17
Photo : © Bram Naus – Unsplash
travailler au pérou - guide complet

Vous souhaitez vous installer au Pérou ? Comment y décrocher un emploi ? Quel visa demander ? Le Petit Journal de Lima vous propose un guide complet de ce qu’il faut savoir pour travailler au Pérou.

Outre le fait de savoir parler espagnol, la décision de partir travailler dans ce pays nécessite une bonne préparation afin de mettre tous les atouts de son côté pour réussir cette expérience. Les conditions de vie et de travail ne sont pas les mêmes que dans l'Hexagone ! Si vous êtes prêt à sauter le pas, et à vous lancer dans la recherche d'un emploi au Pérou ? Suivez le guide… 

 

Le marché de l'emploi au Pérou

Avant de venir vous installer au Pérou pour y travailler, il faut savoir que si au troisième trimestre 2021, le marché du travail péruvien continue de progresser, le nombre de travailleurs est bien plus important dans le secteur informel que dans le secteur formel.

L'Institut national de la statistique et de l'informatique (INEI) indique dans son dernier rapport que jusqu'au troisième trimestre de l'année 2021, le nombre d'emplois a augmenté pour atteindre près de 17 millions de travailleurs dans tout le pays. Soit une augmentation de l'emploi de 16,9 % par rapport à ce qui avait été enregistré en 2020, ce qui reste 1,4 % inférieur aux niveaux d'avant la pandémie du Covid-19.

Parallèlement, le taux de chômage est de 5,3% avec environ 900.000 chômeurs. Le niveau de chômage a baissé par rapport aux mois précédents, mais il est toujours supérieur de 1,8% à celui enregistré avant Covid-19.

Malgré les progrès qui sont évidents dans les chiffres de l'INEI, la plupart des travailleurs péruviens sont toujours dans le secteur informel. En septembre 2021, le taux d'informalité en milieu urbain est de 73%. Ce taux atteint les 95,6% en milieu rural. Entre octobre 2020 et septembre 2021, l'emploi formel a diminué de 20,8% par rapport aux chiffres enregistrés avant la pandémie, et la population informelle a augmenté de 7,8% par rapport à ce qui avait été enregistré en 2019.

 

Au Pérou, les secteurs à fort potentiel sont tout d’abord ceux de l’agroalimentaire et de l’exploitation minière. Le pays bénéficie de richesses naturelles en abondance. De ce fait, les secteurs de la pêche, l’agriculture maraîchère tournée vers l’exportation, le textile (fibre d’alpaca et coton), ainsi que l’extraction de minerais (zinc, or, cuivre, plomb) sont des secteurs développés nécessitant une main d’œuvre qualifiée. Le secteur du tourisme propose également de nombreuses possibilités (sites naturels et archéologiques précolombiens, tourisme d’aventure en forêt amazonienne ou dans les Andes, tourisme balnéaire sur la côte). L’industrie reste relativement peu développée, mais des possibilités existent aussi dans le secteur des infrastructures (assainissement des eaux, transport, énergie).

Du fait notamment de ses faiblesses structurelles, le Pérou fait partie des pays les plus touchés au monde par la pandémie de Covid-19, figurant notamment parmi les premiers taux de mortalité. En 2020, le Pérou a connu une récession de 11% et enregistré un déficit budgétaire de -6% du PIB (FMI), tandis le taux de pauvreté a augmenté de 10 points. Même avant la crise, si le pays se situe dans le premier tiers des économies de la planète en termes de PIB (50e place en 2019 selon la BM), il ne figure qu’au 86e rang en termes de PIB/habitant avec près de 7.000 USD.

 

Le marché de l'emploi au Pérou
© Marvin Meyer – Unsplash

 

Les visas de travail au Pérou

Si vous envisagez de vous rendre au Pérou pour un autre motif que du tourisme ou pour une période supérieure à 183 jours, il convient dans un premier temps de consulter, voire le cas échéant de déposer une demande de visa auprès du Consulat général du Pérou à Paris.
Une fois sur place, au Pérou, c’est la surintendance des migrations (« Migraciones ») qui est en charge des demandes de visas. Pour exercer une activité rémunérée au Pérou, il est nécessaire d’obtenir un visa de travail. En aucun cas, un touriste étranger n’est autorisé à travailler au Pérou sans permis adéquat.

 

Visa temporaire (183 jours renouvelables) : destiné aux travailleurs non-résidents. Plus d'informations en cliquant ici. 

Visa de résident (365 jours renouvelables) :  destiné aux travailleurs étrangers résidant au Pérou. (À noter qu’un employé étranger peut perdre son statut migratoire s'il séjourne hors du Pérou plus de 183 jours par an). Plus d'informations en cliquant ici.

 

Dans votre procédure de demande du visa, vous aurez à télécharger, compléter et signer le formulaire F-007. Ce document est à déposer au bureau de la représentation diplomatique du Pérou le plus proche de votre lieu de résidence, accompagné entre autres de la fiche Interpol (document qui prouve que vous n’avez aucun mandat d'arrêt émis par la police d’un autre pays dans le monde) et du reçu indiquant que vous avez acquitté les frais de dossier (107,5 PEN) auprès de « Banco de la Nación » ou sur ce site.  

Au-delà de votre passeport qui doit être valide pendant au moins six mois après la date de retour prévue, il est à noter que les documents requis pour toute demande de visa temporaire ou de résident doivent être des originaux légalisés dans le pays où ils ont été délivrés. Il est donc conseillé de les faire apostiller (généralement par le ministère des Affaires étrangères) avant votre départ pour le Pérou.

Pour les personnes souhaitant donc s’installer et travailler au Pérou, la présentation d’un contrat de travail sera nécessaire pour la demande de visa, ainsi que pour obtenir la carte de résident au Pérou (« carnet de extranjería ») renouvelable tous les ans. Ces démarches s’effectuent également auprès de « Migraciones ».

 

Les visas de travail au Pérou
© Jacqueline Macou – Pixabay

 

Le Programme Vacances Travail (PVT) au Pérou

Un accord de PVT Pérou – France a été signé le 22 octobre 2018 pour permettre aux jeunes Français et Péruviens âgés de 18 à 30 ans de se rendre dans l’un et l’autre pays pendant une durée maximale d’un an pour y voyager et y travailler. Le Pérou vient s’ajouter aux 14 destinations déjà proposées aux Français dans le cadre du Visa Vacances-Travail : Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Corée du Sud, Hong Kong, Japon, Mexique, Nouvelle-Zélande, Russie, Taiwan et Uruguay.

Cet accord est entré en vigueur le 1er février 2021. Mais compte tenu de l’urgence sanitaire internationale, ce type de visa n’est pas délivré pour le moment et la date à laquelle il pourra être demandé n’est pas encore connue.

A titre d’information, cet accord le PVT Pérou sera accessible aux Français résidant en métropole, en Guadeloupe, en Martinique, à la Réunion, en Guyane Française et à Mayotte.

 

Contrats de travail et salaires au Pérou

Le droit du travail péruvien envisage différents types de contrat :

Le contrat à durée indéterminée est conclu par écrit ou par oral et ne stipule pas de date d’échéance. La période d’essai est de trois mois. Elle peut être prolongée jusqu’à six mois pour les travailleurs qualifiés et un an pour le personnel de direction et les travailleurs de confiance. Il n’est pas nécessaire de l’enregistrer au ministère du Travail.

Le contrat à durée déterminée est obligatoirement conclu par écrit, en trois exemplaires, et prend fin à la date indiquée (en règle générale, il est d’une durée maximale d’un an). Il doit répondre à un besoin provisoire. Le contrat doit être déclaré par l’entreprise au ministère du Travail dans les 15 jours à compter de la signature.

Le contrat à temps partiel est conclu par écrit et comporte une date de début et une date d’achèvement. Il est utilisé en cas de besoin exceptionnel, notamment pour des activités saisonnières. Le temps de travail ne doit pas excéder quatre heures par jour ou 24 heures par semaine. Ce type de contrat doit être déclaré au ministère du Travail et comporte des droits sociaux limités (licenciement sans conditions).

Les contrats de travail du personnel étranger doivent être faits par écrit, pour une durée maximum de trois ans. Ils pourront être renouvelés sur simple accord des parties et devront être déclarés au ministère du Travail.

Depuis le 21 mars 2018, le salaire minimum au Pérou s'élève à 930 soles (PEN) par mois, soit environ 200 euros. Pour les horaires nocturnes (de 22h00 à 6h00), un supplément de 35% est appliqué. Le montant du salaire minimum pourrait bientôt évoluer puisque le président péruvien Pedro Castillo vient d’annoncer qu’en 2022 : « Aucun travailleur formel au Pérou ne gagnera moins de 1.000 soles par mois ».

 

Contrats de travail et salaires au Pérou
© Andibreit – Pixabay

 

Les conditions de travail au Pérou

La durée légale hebdomadaire de travail est de 48 heures étalée sur six jours, soit huit heures par jour. Les heures supplémentaires donnent droit à un paiement additionnel de 25% par heure pour les deux premières et de 35% au-delà. L’employé et l’employeur peuvent également les compenser par un système de repos.

Les lois du travail au Pérou qui favorisent les employés comprennent les vacances, les primes, l'assurance maladie, la compensation pour le temps de service (CTS), les allocations familiales et le congé de maternité.

Vacances : suivant la taille de l’entreprise, un employé peut avoir droit à 15 ou 30 jours calendaires de vacances payées par année. Les jours fériés sont rémunérés comme une journée normale de travail.

Prime : un employé reçoit deux primes par an, une en juillet et la seconde en décembre. Le montant du salaire bonus est également au statut de l’entreprise, au salaire mensuel et au nombre annuel de jours de vacances.

Assurance maladie : les salariés et leurs familles sont affiliés obligatoirement au service public de santé (ESSALUD). Pour fournir une assurance maladie, l'employeur verse une contribution de 9 % du salaire mensuel de l'employé au système public de santé.

Compensation pour le temps de service (CTS) : Cette loi est un avantage social pour aider le salarié après la perte d'emploi. Pour chaque mois civil complété, 1/12 du salaire est réservé de façon à accumuler un dépôt équivalent à un salaire mensuel pour une année travaillée.

Allocations familiales : Un employé qui a un ou plusieurs enfants de moins de 18 ans a droit à un supplément de 10 % du salaire minimum mensuel. Sont inclus également les enfants de 18 à 24 ans qui suivent un cursus dans l'enseignement supérieur.

Congé de maternité : Selon la législation du travail au Pérou, la durée du congé de maternité est de 98 jours : 49 jours pour le congé prénatal et 49 jours pour le congé postnatal.

L’âge normal de la retraite est fixé à 65 ans par la législation péruvienne.

Enfin, si vous envisagez d'ouvrir une entreprise au Pérou, il est important de se rappeler que les employés étrangers ne doivent pas dépasser 20 % de l'ensemble de la main-d'œuvre et que le salaire total perçu par les employés étrangers ne doit pas dépasser 30 % de la masse salariale totale de l'entreprise.

 

Les conditions de travail au Pérou
© Municipalidad de Lima

 

Trouver du travail au Pérou

Il est préférable de commencer votre recherche d'emploi avant votre arrivée au Pérou, soit en trouvant un emploi d'expatrié à travers les sociétés internationales implantées dans le pays et qui opèrent dans votre secteur d'activité ; soit en ayant sur place plusieurs contacts intéressés par vos compétences et disposés à vous embaucher.

Outre les méthodes classiques telles que les annonces dans les journaux (El Comercio, La República…) et les candidatures spontanées, il est possible de consulter les offres d'emploi en ligne sur des sites tels que :

Bumeran

Computrabajo

Chamba

Peru Trabajos

Busco Jobs

Iagora

Cependant, plus de 80% des offres d’emploi ne sont pas publiées. Il est donc essentiel d’avoir une démarche très active en ne négligeant pas, par exemple, les réseaux sociaux professionnels comme Linkedin pour faire grandir votre réseau sur place et où des offres d’emploi sont également disponibles. En effet, le réseau relationnel est particulièrement important au Pérou pour trouver un emploi.

Enfin, si l’équivalent de Pôle emploi n’existe pas au Pérou, le ministère du Travail dispose tout de même d’une bourse du travail.

 

Trouver du travail au Pérou

 

Les emplois au Pérou pour les Français

De nombreuses entreprises françaises sont présentes au Pérou, telles que Vinci, Engie, Alstom, Veolia, Suez, Saint-Gobain, Sanofi, Société Générale, Sodexo, Novotel, Ibis, Marriott, Michelin… La Chambre de commerce et d’industrie franco-péruvienne (CCIFP) peut vous renseigner sur les entreprises françaises membres et ainsi vous aider dans votre démarche de recherche d’emploi.

Les lycées français de Lima et d’Arequipa sont également une bonne opportunité pour travailler dans le domaine de l’enseignement et de l’éducation. N’oubliez pas non plus que les restaurateurs, hôtels ou agences de voyage français et francophones peuvent être ravis d’employer des Français. La maîtrise de l’espagnol, voire de l’anglais, reste cependant obligatoire.

En outre, les possibilités offertes par le volontariat international au Pérou sont importantes : toutes les informations sur France Volontaires au Pérou et également sur Workaway.

 

Travailler au Pérou sans parler espagnol

Il y a de nombreuses entreprises étrangères au Pérou mais il est quasiment impossible de trouver un travail sans parler espagnol. Si l’anglais peut être utilisé dans les grandes multinationales, l’espagnol reste la base de tous les échanges. Nous vous conseillons donc d’apprendre l’espagnol avant de venir au Pérou ou bien de prévoir plusieurs semaines de cours intensifs en arrivant sur place.

 

travailler au pérou guide
© Matthias Ripp – Pxhere

 

guillaume flor

Guillaume FLOR

Responsable de l'Édition Lepetitjournal.com de Lima au Pérou. Diplômé en Sciences de l'Information et de la Communication. Depuis plus de 20 ans hors de France : Mexique, Canada, Equateur, Costa Rica, Colombie, Brésil, Espagne et Pérou.
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Lima !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

De la part de toutes les équipes de Lepetitjournal.com