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Amélie Jacques : "J'ai choisi de vivre à Soweto"

Par Lepetitjournal Johannesbourg | Publié le 21/11/2017 à 18:26 | Mis à jour le 21/11/2017 à 18:49
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Depuis Poka Road aux abords verdoyants, on aperçoit la silhouette des immeubles du centre-ville de Joburg, nous sommes loin des complexes et des belles demeures des banlieues affluentes du nord… Amélie et Antoine, deux français originaires de la région parisienne, ont décidé de s’installer dans le quartier résidentiel d’Orlando West accompagnés de leur chatte burkinabée Mammouth, rejoints par leur fils Anis né quelques mois plus tard. Retour sur cette expérience humaine unique quelques mois après le départ de cette famille française.

 

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Une envie de découvrir l’Afrique du Sud au sein d’une communauté

 

Forts de leurs expériences d’expatriation dont quelques années au Burkina Faso, Antoine et Amélie ont cherché à revivre des échanges enrichissants au quotidien dans leur nouvelle ville d’accueil sud-africaine. Au cours d’une mission de préparation, Antoine s’est vite rendu compte que les options qui se présentaient en termes de logement et de quartiers ne correspondaient pas à ce qu’il voulait vivre avec Amélie.

 

« Quand nous sommes arrivés en Afrique du Sud il y a un an et demi, nous nous demandions comment ça allait se passer. Nous étions dans une démarche de simplicité et de lien avec les gens ». De plus, explique la jeune trentenaire : « Je suis arrivée enceinte, sans possibilité de travailler et sans voiture donc l’idée était de rencontrer du monde ». Après investigation et une prise de contact avec le Sud-Africain responsable du Lebo’s Backpackers à Orlando West, vivre en sécurité à Soweto était devenu une possibilité. Antoine et Amélie sont tombés sous le charme  du quartier dès leur première visite, un vrai coup de cœur ! Amélie explique : « Il y avait des enfants dans les rues et des magasins accessibles à pied ».

 

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Un accueil chaleureux

 

Les résidents ont été surpris aux premiers abords mais ont vite compris la démarche du couple et les ont accueilli à bras ouverts. Amélie explique : « Je suis arrivée en Afrique du Sud enceinte, c’était un gage pour eux que nous étions sérieux et que nous voulions vivre une expérience familiale ici ». La maman du petit Anis, aussi surnommé Sipho (« cadeau » en zoulou) par le voisin retraité, se remémore ces premiers moments dont une petite anecdote qui la fait sourire : « Ma voisine avait même amené ses amies chez nous, car elles ne croyaient pas qu’un couple de Français habitait ici » ! Elle poursuit : « Pour nous, c’était facile de nous installer à Soweto car nous n’avions pas tout l’historique du pays. En tant qu'étrangers, nous étions libérés des clichés. Nous avons découvert le Soweto d’aujourd’hui sans aucun à priori. En vivant à Soweto en expatriation, nous avons créé des liens avec des gens de différents quartiers, de niveaux de vie différents et nous avons vécu une véritable expérience de township ».

 

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Les logements à Orlando West sont rares

 

Trouver une maison n’est jamais une mission facile et qui peut s’avérer d’autant plus compliquée à Orlando puisque les maisons sont transmises de parents à enfants. La maison principale est occupée par les grands-parents et leurs enfants et leur famille habitent dans la « back room » (petit cottage basique au fond du jardin). On peut donc trouver dans la résidence familiale un minimum de trois générations ! Le quartier est assez hétéroclite, y résident beaucoup de retraités, des adultes qui essaient de joindre les deux bouts avec des jobs par ci par là et un « car wash » improvisé devant chez eux ou encore un salon de barbier donnant sur la rue, et des enfants, beaucoup d’enfants qui animent la rue ! Amélie explique : « On a passé nos soirées et nos weekends dans le quartier à la recherche d’une maison. Nous avons laissé des messages dans les commerces et beaucoup parlé aux résidents – ça a pris un mois »!

 

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Une vie communautaire au quotidien

 

C’est dans ce quartier chaleureux, communautaire et vivant qu’Amélie et Antoine ont décidé d’élever leur petit garçon qui se rend à la crèche du quartier située juste en face de leur maison, ce qui est rudement pratique confie Amélie ! Au cours de son séjour, il a appris le zoulou et a créé de nombreuses amitiés avec les enfants aux alentours, c’est « l’éducation des petits par les grands, ils jouent beaucoup ensemble », explique Amélie. « Nous sommes impliqués dans la vie de tous les jours : nous sommes invités aux funérailles, aux fêtes, aux mariages mais nous sommes aussi confrontés aux problèmes du quotidien. Ce que j’aime bien : c’est le mode de vie communautaire et ce que j’aime moins… c’est que tout le monde est au courant de tout, c’est quelque fois un peu pesant. Les gens prennent bien soin de nous, mais quelques fois un peu trop ! » Elle poursuit : « Je me sens plus en sécurité ici, et même plus que quand nous vivions à Bryanston au début de notre séjour. Bien sûr, nous prenons des mesures de sécurité : nous ne marchons pas seuls la nuit dans les rues par exemple. Mais ici, la sécurité, c’est la vigilance des voisins ».

 

La présence de shebeens (tavernes locales) dans le quartier vient assombrir l’atmosphère du voisinage. Amélie constate : « L’alcoolisme ravage une certaine partie de la population. J’ai remarqué que beaucoup de jeunes hommes de mon âge meurent chaque année soit d’accidents de la route, du sida ou des suites de l’alcoolisme, c’est très triste ». Certains résidents actifs et impliqués sont à l’initiative de projets intéressants. Amélie précise : « lls se retroussent les manches pour changer le quartier, par exemple un terrain vague a été réinvesti en un parc. Il y a une réappropriation de l’espace public. On a d’ailleurs passé de bons moments dans ce parc ».

 

Des histoires et souvenirs partagés

 

De nombreux amis sont venus leur rendre visite dans leur maison, parfois pour la première fois à Soweto pour certains d'entre eux. Elle se rappelle : « Nous avons assisté à des échanges émouvants entre des Sud-Africains des banlieues nord en discussion avec mes voisins. C’est un vrai signe d’espoir : on a fait le pont entre différentes personnes ».

 

Amélie et Antoine ont partagé des moments forts avec les « nkulus » et « gogos » (grands-pères et grands-mères en zoulou) qui leur ont raconté leurs souvenirs d’enfance, certains ont été déportés de Sophiatown à Orlando. Quand le couple français est parti en visite au musée de l’apartheid, ils étaient accompagnés de deux gogos du quartier curieuses de visiter ce musée. « Elles étaient très contentes et même excitées lorsqu’elles ont vu l’une de leurs voisines dans l’une des vidéos. Elles ont revécu des souvenirs d’enfance même si le quotidien était dur à l'époque ».

 

Amélie conclut : « C’est rude de partir, ça va être un moment difficile, nous avons fait un braai de départ avec tous nos voisins. L’une d’entre elles m’a dit : « Ton visage va nous manquer ». « Les gens me manqueront beaucoup mais aussi le fait d’être toujours dans l’apprentissage, en-dehors de sa « zone de confort » et toujours à la découverte ».

 

Vous pourrez découvrir plus d’anecdotes sur le blog d'Amélie « Ubuntu ».

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