

Le Fonds d'appui aux Sociétés Civiles du Sud, un outil de soutien des organisations de la société civile sud-africaine dans leur effort de participation à la gouvernance locale et la promotion des Droits de l'Homme.Interview de Lucie Broechler, attachée de Développement et de Coopération à l'Ambassade de France d'Afrique du Sud en partenariat avec Jobourg Accueil.
Lepetitjournal.com: Pouvez-vous nous présenter votre parcours, Lucie Broechler ?
Lucie Broechler: Je suis arrivée en Afrique du Sud en 2010. L'organisation de développement Siyabhabha Trust affiliée à Caritas international qui travaille avec le réseau des églises catholiques d'Afrique du Sud, du Botswana et du Swaziland) à Pretoria, m'a proposé de développer une étude sur l'économie en milieu rural autour du développement local. Suite à la réalisation de cette étude é.j'j'ai eu la possibilité de développer un programme de sécurité alimentaire et un programme de renforcement des capacités des organisations locales ? de ce fait, j'ai beaucoup voyagé en milieu rural en notamment dans le Kwazulu Natal, Limpopo et Free State?
Depuis mai 2014, je travaille pour l'Ambassade de France à Prétoria. J'ai été recrutée pour renforcer l'appui de la France aux activités de coopération et de développement du secteur non gouvernemental et gérer le fonds d'appui à la société civile en Afrique du Sud, un des outils du Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International. Ce fonds d'appui n'est pas réservé à la seule Afrique du Sud puisqu'il s'adresse à 16 pays éligibles au fonds de solidarité prioritaire.
Lepetitjournal.com: Quel est le rôle du Fonds de Soutien à la Société Civile ?
Lucie Broechler: The Civil Society Development Fund (CSDF) est un des instruments de l'Aide Publique française au développement. Son esprit répond à un souci de solidarité puisqu'il a vocation à donner aux communautés des capacités pour qu'elles puissent prendre en charge leur propre développement.
En Afrique du Sud, ce fonds d'appui au développement de la société civile existe sous cette depuis 2009.. Sur la période 2009-2013, il s'est élevé à 600.00? et a permis d'aider 12 organisations civiles sud africaines sachant que 90% du fonds est attribué sous forme de subventions aux organisations. Les 10% restant vont à la communication, à l'évaluation externe et à l'expertise requises pour la gestion du CSDF.
Les objectifs du CSDF consistent en des appuis aux organisations locales dans les domaines suivants :
? L'amélioration de la gouvernance locale et la participation des citoyens
? La promotion du respect des droits de l'homme.
Lepetitjournal.com: Comment sont sélectionnés les projets subventionnés par le CFDS ?
Lucie Broechler: Le processus de sélection répond à des normes internationales de transparence et les objectifs sont en phase avec es lignes de politiques européennes et les accords internationaux.
? En mai 2014, 1 appel à projets a été publié dans les journaux et sur différents sites internet par l'Ambassade de France
? 220 organisations civiles ont rédigé des notes conceptuelles qui ont été évaluées selon une grille d'évaluation pré-établie,
? 25 projets ont été présélectionnés et ont été invités à soumettre une proposition complète (données financières, informations complémentaires ?)
? Un comité de Pilotage composé de représentants du gouvernement sud-africain, de la communauté des bailleurs de fonds et de l'Ambassade de France a permis la sélection de 8 projets en novembre 2014. Liste ci-jointe.
A noter que le CSDF ne peut financer au maximum que 70% du budget de fonctionnement d'une organisation. Par voie de conséquences, toutes les organisations sont co-financées par d'autres moyens. Les enveloppes par organisation s'élèvent entre 25.000? et 40.000? et constituent un engagement sur 12 à 18 mois de la part de l'Etat Français. Toutes les organisations doivent présenter tous les 3 mois un reporting comprenant le suivi des activités et l'état des finances.
Un nouvel appel à projet sera lancé entre mars et mai 2015.
Lepetitjournal.com: Même si vous n'avez pas encore beaucoup de recul, êtes vous satisfaite de la façon dont ce dernier appel à projets s'est déroulé ? Qu'est-ce qui vous a surpris et pourquoi ? pensez vous que le prochain appel à projets obtiendra les mêmes résultats ?
Lucie Broechler: Bien évidemment, nous souhaiterions pouvoir apporter un appui plus important aux organisations sud-africaines qui sont des acteurs très importants pour le développement démocratique et économique du pays. Nous sommes un des rares Etats Membres de l'Union Européenne à proposer directement un appui aux Organisations de la Société Civile.
Sur cet appel à projet, il y a eu beaucoup de bons projets et les choix ont parfois été difficiles. La communauté des bailleurs présents dans les phases de sélection a trouvé que notre processus de sélection était innovant, transparent et qu'il permettait d'envisager la création de groupe de travail sur des thématiques communes.
Le gouvernement sud-africain, représenté par le Ministère des Finances a également était satisfait de notre ouverture et notre façon de communiquer sur les projets. Ils ont également reconnu l'importance de ce type d'appui aux organisations travaillant sur les questions de droits de l'homme.
Nous avons pu créer une belle synergie entre les organisations qui vont bénéficier du fonds grâce à la mise en place d'une formation sur le genre juste au début de leurs projets. Nous avons pu inviter les représentants des organisations à venir passer quelques jours à Johannesburg et leur permettre de participer à la semaine internationale de la société civile organisée par Civicus.
Ils ont pu rencontrer leurs homologues du monde entier, écouter Graca Machel, interagir avec Thuli Madonsela, Navi Pillay?Des moments importants partagés en commun qui favorisent une communication fluide et qui permettent la co-construction d'une relation de qualité avec et entre chacun des partenaires.
J'espère que nous pourrons développer des partenariats de la même qualité sur le prochain appel à projet. Tout dépendra aussi des fonds dont nous disposerons.
Carole Sudrow (www.lepetitjournal.com/johannesbourg.html) mardi 9 décembre 2014




