

Pour la première fois de l'histoire de la Coupe du Monde, une équipe africaine est en passe d'atteindre les demi-finales de la compétition. Ce soir aura lieu le match contre l'Uruguay qui cristallise l'attente de tout un continent et les espoirs de tous les africains. Ce soir, les « Etoiles Noires » du Ghana peuvent écrire l'histoire pour l'éternité
Ils seront nombreux à virber pour le Ghana ce soir ! (crédit photo : Alexandre Capron)
Il y a des pronostics qui ne surprennent pas, même lorsque l'imagination coïncide avec la réalité. Dès le 1er février, Lepetitjournal.com de Johannesbourg dressait l'état des forces des équipes africaines. Deux équipes se dégageaient pour porter l'espoir du continent africain : la Côte d'Ivoire et le Ghana. Si la première a été victime d'un groupe extrêmement difficile l'opposant au Brésil et au Portugal, le Ghana a porté fièrement son drapeau jusqu'en quarts de finale. Et ce soir, face à l'Uruguay, c'est bien plus qu'une place en demi finale que les "Black Stars" vont viser.
Un succès qui est tout sauf une surprise
Si le Ghana connaît un parcours sans faute, c'est que l'équipe à tout fait pour le provoquer. La fédération ghanéenne a tout d'abord apporté un soutien sans faille au sélectionneur d'origine serbe, Milovan Rajevac, illustre inconnu, malgré les nombreuses critiques sur son incompétence. Au même moment, des fédérations comme la Côte d'Ivoire ou le Nigéria ont licencié leur entraineur à quelques mois de la Coupe du Monde. Quand Rajevac décide de mettre en place un programme d'amélioration progressive de l'équipe nationale destiné à injecter de nouveaux talents dans la sélection dès la Coupe d'Afrique des nations, au mois de janvier 2010 en Angola, il stupéfait les Ghanéens : pas moins de huit des joueurs qui avaient gagné la Coupe du monde des moins de vingt ans en 2009 participent au tournoi. Beaucoup ont alors jugé cette décision imprudente car les joueurs étaient inexpérimentés. Mais les prestations des jeunes lui ont donné raison, surtout aujourd'hui, quand on sait que l'équipe du Ghana a une moyenne d'âge de 24 ans.
La fédération ghanéenne a quant a elle mis en place une véritable politique de sélection de jeunes joueurs issus des centres de formations ghanéens tout en assurant la professionnalisation du championnat, grâce notamment à des sponsors privés. Un tiers des Black Stars 2010, comme Ali Sulley Muntari, ou l'attaquant vedette Asamoah Gyan ont été formé au club des Liberty Professionnals créé en 1996 qui réinvestit régulièrement l'argent des transferts en bâtiments ou programmes d'éducation. Cette stratégie de sélection des jeunes s'appuyant sur une politique de formation mise en place depuis un peu plus de 20 ans a permis au Ghana d'être régulièrement titré dans les catégories jeunes (champion du monde des moins de 17 ans en 1991 et 1995) et d'apporter la génération championne des moins de 20 ans en 2009 à la Coupe du Monde.
" Je veux pouvoir raconter à mes enfants quels grands moments nous avons vécu "
Cette déclaration de Stephen Appiah, milieu de terrain et star du onze ghanéen, en dit long sur la motivation de la seule équipe africaine restant en course pour atteindre le dernier carré. Après avoir vaincu une équipe des USA solide et déterminée, plus rien ne peut permettre aux derniers représentants de l'Afrique de rêver, surtout pas l'équipe d'Uruguay peu impressionnante depuis le début de la compétition. Et la presse ne s'y trompe pas : "Le rêve panafricain du Ghana", résume le quotidien congolais Les Dépêches de Brazzaville, "Les Black Stars sauvent le Mondial "africain"" affirme Algérie News, "Les Blacks Stars brillent dans la grisaille " surenchérit L'inter ivoirien. Même le comité organisateur par la voix de Danny Jordaan a souhaité au Ghana de "porter très haut le drapeau africain".
(Credit Photo : A.Capron lepetitjournal.com de Johannesbourg est a fond derriere le Ghana pour le match de ce soir....)
L'enthousiasme est général derrière le Ghana. Blancs comme noirs, habitants ou tout simplement amoureux de l'Afrique sont prêts à crier et encourager le Ghana au stade ou devant leur télévision vendredi soir. "Nous sentons que l'ensemble du continent est derrière nous, qu'il continue de nous soutenir et les joueurs iront de l'avant" a déclaré Kwesi Nyantakyi, le président de la fédération de football ghanéenne. "Ce soutien est tellement important pour nous que les joueurs feront tout pour mériter cette confiance. Nous comptons plus que jamais sur eux pour la suite de la compétition" a ajouté André Ayew, joueur ghanéen de l'Olympique de Marseille.
Le Ghana est un véritable exemple, non seulement pour les enfants africains qui rêvent du football comme exutoire social, mais également pour les autres nations du football. Voir le Ghana jouer, c'est voir une équipe qui porte sur ses épaules tout un peuple et qui l'assume pleinement, pour l'amour de la patrie et la fierté d'un continent. C'est pour cela que tant des supporters ce soir crieront à l'unisson "Go Ghana !" pour que les "Blacks Stars" illuminent le c?ur des Africains et des amoureux du ballon rond.
Alexandre Capron ? lepetitjournal.com/johannesbourg.html ? vendredi 2 juillet 2010



