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Roshan Center - Un centre d’aide aux réfugiés

Par Valérie Pivon | Publié le 03/04/2019 à 23:30 | Mis à jour le 04/04/2019 à 02:21
roshan center centre réfugiés jakarta indonesie

Au sud de Jakarta, une petite maison abrite le Roshan Learning Center, un centre pour réfugiés en attente d’acceptation de leur dossier afin de pouvoir s’installer aux États-Unis, au Canada ou en Australie. Le Roshan Learning Center propose des cours pour enfants et adultes, des ateliers d’apprentissage ainsi qu’un support psychologique.

Les réfugiés en Indonésie

Selon le United Nation High Commissionner of Refugees, il y a aujourd’hui en Indonésie 14.000 refugiés. La grande majorité vient d’Afghanistan, Myanmar, Iraq, Iran, Somalie, Érythrée… C’est après un voyage souvent dangereux que les réfugiés arrivent en Indonésie. Ils arrivent avec l’espoir de n’être ici qu’en transit et avec le rêve de pouvoir s’installer aux États-Unis, au Canada ou en Australie. Mais ce n’est pas si simple, l’Indonésie n’a pas ratifié la convention de 1951 ni son protocole de 1967, elle ne dispose pas non plus d’un système de détermination de statut de réfugiés. C ‘est par conséquent le Haut Comité aux Réfugiés qui se charge de la protection des réfugiés et d’identifier des solutions dans le pays. Depuis 2014, l’Australie ne laisse entrer les réfugiés qu’au compte-gouttes et les Etats-Unis ont eux également drastiquement diminué le nombre d’acceptation de dossiers. En 2014, seules 528 personnes parmi ces réfugiés ont été relocalisées dans ces pays. Le temps d’attente avant d’être relocalisé pour ceux qui ont le statut de réfugiés est de 4 ans en moyenne… Plus de 600 sont là depuis 6 ans … Selon la législation indonésienne, il n’est pas possible pour eux de travailler et l’accès à l’école est difficile.

Le Roshan Learning Center center :

L’histoire débute avec Heather et Ashley, deux expatriées qui ont rencontré au sein de leur communauté des parents et enfants réfugiés. Elles ont pris conscience du peu qui était fait pour eux et de la quasi-impossibilité pour les enfants d’accéder à l’école. Elles décident de louer un emplacement et avec 33 bénévoles donnent des cours aux enfants. En 2017, sur 4000 enfants réfugiés en Indonésie, seuls 269 ont accès à une éducation. Le centre prend le nom de Roshan qui signifie lumière en farsi, langue parlée par la grande majorité des refugiés. Pour certains, ils ont encore de la famille dans leur pays d‘origine. Hamdeh, originaire de Gazni en Afghanistan est là depuis 4 ans en attente du précieux sésame, elle est ici avec son frère et sa mère. Lors de notre rencontre, elle venait d’avoir des nouvelles de sa ville, une bombe avait éclaté le jour même sur le marché. Pour s’occuper, elle a créée avec son frère un atelier de couture ; pleine d’idées et d’initiatives, elle propose entre autres des cabas faits en tissus recyclés : « Jakarta va bientôt interdire les sacs plastiques, j’ai pensé que ce pouvait être une idée de débouché pour nos produits ».

Brandon, le directeur de Roshan, nous explique qu‘il ne peut pas faire face à la demande, 40 enfants sont sur liste d’attente. Le centre a déménagé et accueille aujourd’hui 150 personnes : enfants qui viennent suivre des cours de farsi, d’anglais, mais aussi des adultes qui pour beaucoup ont dû interrompre leurs études à cause des guerres qui règnent dans leurs pays. Le centre est aussi un endroit de paroles et de soutien phycologique. Tous ces réfugiés ont vécu des histoires lourdes et difficiles.

70 bénévoles aident le centre dont 20 enseignants, une grande majorité sont eux-mêmes réfugiés. En tout, ce sont 14 nationalités différentes qui défilent au sein de la petite maison qui héberge le centre.

Brandon nous explique qu’un partenariat a été mis en place également avec la Jakarta International School. Les élèves de Roshan s’y rendent régulièrement afin de suivre des cours d’anglais. Cette année, pour la première fois, les étudiants pourront passer un diplôme d’anglais qui leur permettra de justifier de leur niveau de connaissance, un plus pour leur dossier.

Il n’y a sur Jakarta que deux centres comme Roshan et cinq à Bogor où de nombreux refugiés sont installés. 

Tous espèrent pouvoir dire un jour « ici, c’est ma maison ». Pour le moment Roshan est leur maison, l’endroit où ils retrouvent leur communauté et une entraide qui leur permet de tenir face à la longue attente de l’acceptation de leur dossier de relocation.

Pour plus d’information sur le centre, cliquez ici  

Crédit photo : Roshan Learning Center

 

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Valérie Pivon

Expatriée depuis plus de 20 ans en Asie dont 14 ans en Indonésie, guide au musée national de Jakarta. C'est avec plaisir que je partage avec les lecteurs du Petitjournal.com ma passion pour l'Indonésie.
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