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Alex Duchemin : «Wiwi shoes, des chaussures avec un supplément d’âme»

Par Valérie Pivon | Publié le 26/01/2020 à 22:30 | Mis à jour le 29/01/2020 à 03:56
Photo : Alexandre Duchemin & Sitti
wifi shoes chaussures eco responsable

En 2012, Alexandre Duchemin est en école de commerce, il doit réaliser un échange universitaire dans le cadre de son cursus, alors pourquoi pas l’Indonésie ? Les six mois se transformeront en années avec de nombreuses rencontres, une passion pour l’archipel et son peuple et surtout la concrétisation d’un projet : fabriquer des chaussures éco-responsables dont une partie des bénéfices est reversée à un village Asmat en Papouasie afin de scolariser les enfants.

Entre deux avions, lepetitjournal.com de Jakarta a pu s’entretenir avec ce jeune entrepreneur. Rencontre.

 

En 2012, Alexandre Duchemin arrive à Yogyakarta à l’université Gajah Madah pour six mois. Il n’a aucune connaissance de l’Asie, mais très vite il s’intéresse au pays et à ses habitants. À la fin de son séjour universitaire, il trouve un stage à Jakarta au sein d’une société qui installe des SPA dans les grands hôtels. À l’issue de ce stage, Alexandre souhaite rester en Indonésie, fils de commerçant, l’entreprenariat ne lui fait pas peur. « J’ai toujours aimé les chaussures, petit à petit l’idée a fait son chemin». Ces premières chaussures seront des espadrilles qu’il fera réaliser dans un village à coté de Surabaya : « j’avais trouvé des personnes expertes en retraite, pour qui ce travail leur apportait un complément de salaire ».

 

D’un constat alarmant sur la pollution naît un projet

« Puis, frappé par le nombre de pneus abandonnés dans la nature, je me suis dit que l’on pourrait sans doute en tirer quelque chose et en faire des semelles uniques pour des baskets ». Un nouveau projet donc pour Alexandre, créer des chaussures éco-responsables qui rentrent dans l’économie circulaire et le développement durable. « Nous travaillons avec du coton organique, nous utilisons aussi du Tenun, un tissu local. La société Tenun Gaya implanté à  Jakarta nous donne leurs chutes de tissus. Notre fabrique est située dans la banlieue de Bandung.». La dimension humaine est importante pour Alexandre : « nous respectons nos travailleurs et les payons 15% de plus que le salaire minimum ». Chaque paire de chaussures est unique, car le Tenun est un tissu artisanal avec des motifs et des nuances.

 

wiwi shoes

 

Wiwi une marque humaine et engagée

Début 2018, Alexandre voit un documentaire sur la tribu Asmat en Papouasie ; interpellé par les conditions de vie de ces gens, il décide de s’y rendre. Sur place, il se rend compte de la pauvreté, du manque de compétences et des problèmes de scolarisation. Il y reste deux semaines, achète de quoi nourrir les enfants qu’il rencontre. Mais son budget ne lui permet pas de continuer. Il décide d’apprendre aux habitants à cultiver la terre. Il envoie deux personnes dans la région de Surabaya apprendre les bases de culture pendant trois mois avec l’idée de transmettre aux autres les techniques. Il s’aperçoit également que pour que les enfants viennent à l’école il faut leur fournir un repas sinon les parents ne verront pas l’intérêt de les y envoyer.

1 paire de chaussures + 3 repas par jour, jour d’école, des soins d’hygiène 

wiwi shoes

 

Alexandre lance une campagne de crowfounding et prend la décision de reverser 10 % de chaque vente de ces chaussures à cette tribu. Sur place, il rencontre Sitti, bénévole originaire des Moluques qui devient sa personne de référence et en charge du projet. Avec les ventes des chaussures, une petite école a été créée afin de permettre l’éveil culturel des plus jeunes, des repas sont servis aujourd’hui à 115 enfants. « Notre but est de leur servir 3 repas par jour comme le recommande l’OMS, pour l’instant nous leur apportons un repas par jour ». Grâce à des enseignants volontaires, les plus grands peuvent avoir accès à l’éducation et sept se sont présentés à l’équivalent du certificat d’études, un espoir d’un avenir meilleur pour ces jeunes. « Nous enseignons aussi des règles d’hygiène de base, comme l’utilisation du savon, qui changent la vie et peuvent avant tout sauver des vies. Nous fournissons aussi des médicaments comme par exemple lors de l’épidémie de rougeole, mais aussi des remèdes contre le paludisme. »

Alexandre l’avoue, ce n’est pas toujours facile, mais ce projet se veut porteur d’espoir et d’un monde meilleur. Il partage aujourd’hui son temps entre l’Indonésie et la France.

Les chaussures wiwi shoes sont en vente en ligne sur le site de wiwi

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Valerie Pivon

Valérie Pivon

Expatriée depuis plus de 20 ans en Asie dont 14 ans en Indonésie, guide au musée national de Jakarta. C'est avec plaisir que je partage avec les lecteurs du Petitjournal.com ma passion pour l'archipel indonésien.
1 Commentaire (s)Réagir
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Sophie Le Cabellec lun 27/01/2020 - 04:40

Bravo, très belle initiative !

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