Adjugé vendu - 2, 21 millions euros pour le tableau du peintre Raden Saleh

Par Valérie Pivon | Publié le 28/12/2021 à 21:30 | Mis à jour le 28/12/2021 à 21:30
Photo : @Daguerre
Tableau de Raden Saleh - Route descenante du Mont Mengamendung

Après des années d’oubli, le peintre indonésien Raden Saleh (1811-1880) redevient à la mode. Ce jeudi 2 décembre, c'est un troisième tableau de l’artiste « route descendante du mont Mengamendung » qui a été vendu aux enchères à l’hôtel Drouot à Paris pour la somme de 2, 21 millions d’euros. Il n’a certes pas atteint le montant de « la chasse aux taureaux » qui a été vendu à 7,2 millions d’euros en 2018. Le «portrait de Pouchkine », deuxième vente importante en 2019, avait été adjugé à 100.000 euros au musée Pasifika de Bali.

Ce tableau estimé entre 1 et 1,5 millions a été acheté par une galerie anglaise. Un musée privé indonésien était également sur les rangs. Le tableau nécessitera quelques restaurations.

 

La “ route descendante du mont Mengamendung »

Tableau raden saleh View of mont mengamendung
@Daguerre

Ce tableau (1,34m x 1,65m) réalisé par l’artiste en 1861 fait partie de ses œuvres majeures. "La route descendante du mont Mengamendung" rend hommage à la nature que l’on retrouve ici grandiose. On y retrouve la moiteur, l’humidité, la luxuriance de la forêt tropicale de Java. La nature prend toute la place dans l’œuvre, les personnes sont reléguées au second plan. On voit une calèche descendre le chemin, le cocher interpelle un homme qui remonte la route en portant sur son dos très certainement un nécessaire de cuisine. La route postale était la seule à l’époque qui relayait Java d’ouest en est.

Lorsque l’on regarde en détails le tableau, on remarque la taille de l’arbre sur la droite, les lianes qui l’entourent. Et si l’on s’approche, on remarque des plantes avec de petites fleurs. Raden Saleh était un passionné de botanique, il a beaucoup travaillé les planches et étudié également tout ce qui a un lien avec les animaux. N’oublions pas qu’à l’époque en Europe, l’Asie était très méconnue et les tableaux de Raden Saleh était une ouverture sur ce monde.

 

Un tableau qui a toujours appartenu à la même famille depuis 1861

Ce tableau appartenait à la famille Cassalette depuis sa création. Felix et Ernst Cassalette, deux frères originaires d’Aix La Chapelle, ville d'Allemagne, s’installent à Batavia en 1845. Ils y font fortune dans le commerce. Passionnés d’art et de sciences, les deux frères sont également de grands collectionneurs. C’est Eduart, le neveu, qui fait l’acquisition de ce tableau entre 1862 et 1865 auprès de l'artiste. Ce tableau restera dans la famille Cassalette jusqu’à aujourd’hui. En 1954, une des filles d’Eduard hérite de ce tableau et décide de le vendre aux enchères, il ne trouve pas preneur… Raden Saleh n’est plus ou pas encore à la mode…

 

Raden Saleh - peintre indonésien francophile

Raden saleh peintre indonesein
Raden Saleh en 1872@TropenMuseum Amsterdam

 

Très jeune, Raden Saleh montre des dispositions pour la peinture, fils d’un notable de Semarang il est envoyé à Bogor pour étudier la peinture auprès du peintre Belge Antoine Payen. Puis en 1829, remarqué par le gouvernement hollandais en place, il part se perfectionner aux Pays-Bas. Il y restera 10 ans. Après avoir voyagé à travers de l’Europe, il s’installe à Paris dans un atelier. Il y rencontre Horace Vernet, qui sera son mentor et qui l’influencera dans son travail.

 

De retour en Indonésie en 1851 avec son épouse néerlandaise, il est auréolé de son titre de peintre officiel auprès de la cour des Pays-Bas où il est très apprécié en tant que portraitiste. Il rencontre à Batavia un succès auprès des marchands de la Compagnie des Indes Néerlandaise tout comme des officiels ainsi que de la communauté javanaise et chinoise. En parallèle des portraits, il continue de peindre des scènes de chasse mais également des scènes historiques comme son tableau qui deviendra une de ses œuvres majeures : il représente l’arrestation du prince Diponogoro en 1830. Ce tableau à forte valeur symbolique est aujourd’hui exposé au palais présidentiel.

Raden Saleh Diponegoro arrestation

Raden Saleh fera construire une magnifique maison lors de son séjour à Batavia entre 1851 et 1875. Cette maison, on peut encore la voir aujourd’hui. Elle se trouve dans l’enceinte de l’hôpital de Cikini à Menteng. Encore très belle, mais elle mériterait une grande restauration.

Raden saleh maison peintre batavia
@Collection Tropenmuseum

Raden Saleh revient en Indonésie en 1878 et s’installe avec sa nouvelle épouse, une princesse de Surakarta, à Bogor où il décèdera d’une thrombose en 1880. Il est enterré dans la ville et sur sa tombe on peut lire “ Le peintre des rois du Pays-Bas”.

En Indonésie, on peut admirer des tableaux de Raden Saleh à la galerie national à Jakarta et au musée Pasifika de Bali. Une grande partie des œuvres de l'artiste sont détenues par des collectionneurs privés.

 

Valerie Pivon

Valérie Pivon

Responsable éditoriale, expatriée depuis 16 ans en Indonésie, guide au musée national de Jakarta. C'est avec plaisir que je partage avec les lecteurs du Petitjournal.com ma passion pour l'archipel indonésien.
2 Commentaire (s) Réagir
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muriel-B mar 08/02/2022 - 14:56

Un très beau portrait peint par Raden Saleh est dans ma famille depuis 40 ans 

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Ariane Nabarro mer 29/12/2021 - 10:55

On peut aussi voir les tableaux de Radin Saleh à Singapour, dans les collections permanentes de la National Gallery.

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