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POTATO HEAD - un manager très pressé

Par Lepetitjournal Jakarta | Publié le 05/03/2017 à 21:00 | Mis à jour le 12/02/2020 à 01:36
JulianDecraene manageur

 

A tout juste 29 ans Julian Decraene est à la tête d'un établissement bien connu à Jakarta, le Potato Head de Pacific Place propriété du groupe PTTFamily. Dynamique, pressé, impatient, passionné : les adjectifs ne manquent pas pour qualifier ce jeune homme plein de fougue et d'ambition. Le service de midi à peine terminé, Julian nous reçoit au bar situé au centre du restaurant. Tout en répondant à nos questions, il garde un oeil sur la salle et salue amicalement les habitués. Il supervise également  un groupe de jeunes barmen en formation. Rien ne lui échappe.  

A 17 ans il quitte tout. Un soir il téléphone à ses parents qui le croient à Paris pour les prévenir qu'il ne rentrera pas diner car il est à Bruxelles ! Aujourd'hui encore il se félicite de ce choix ?et dire que si je n'avais pas pris ce billet de train pour la Belgique je serai toujours en France aujourd'hui?. Sa voie était pourtant toute tracée. Fils de propriétaires de brasserie parisienne, petit-fils d'un actionnaire des hôtels Crillon et Concorde à Paris, Julian n'avait pas à se soucier de son avenir, l'entreprise familiale lui tendait les bras. Pourtant il veut tenter sa chance ailleurs et dans un autre domaine. Il voyage pendant 10 ans de Bruxelles à Dublin, de Dublin à New-York puis rejoint Londres. Il passe à distance un master en Graphic Design et travaille dans les bars pour financer son indépendance. Rapidement la passion familiale le rattrape et il se rend à l'évidence que ce qu'il aime vraiment, ce qui l'anime et le rend heureux c'est le service et la vie nocturne. Même s'il doit être nettoyeur de verres pendant 1 an avant d'obtenir une place de barman puis de bar manager, il n'a aucun regret. ?Dans le milieu du design les gens sont trop fermés, trop arrogants. Ils ne donnent rien aux autres. J'ai trop besoin d'échanges et de lien social? confesse-t-il. 

C'est à Londres qu'il rencontre un des partenaires de la société indonésienne PTTfamily qui lui propose de rejoindre leur groupe à Jakarta. Il effectue un premier voyage de reconnaissance et tombe immédiatement fou amoureux de cette métropole chaotique, bruyante et sale. Ça lui rappelle New-York en plus charmant. Il adore le monde de la nuit jakartanaise. ?C'est plus élégant et à la fois plus sauvage qu'à Londres ou New-York. C'est difficile à expliquer. Je trouve que les gens à Jakarta ne sont pas prétentieux, ils vous prennent comme vous êtes. Les videurs n'inspectent pas votre tenue à l'entrée des clubs.? Il n'hésite donc pas longtemps et abandonne sa vie londonienne pour s'installer à Jakarta en 2015 et devenir le Beverage Manager pour tous les établissements du groupe indonésien. 

Les clés de la réussite : le travail et la transmission

Depuis 9 mois, il est General Manager de l'établissement où nous nous trouvons. Entre 100 et 250 couverts y sont servis chaque jour. Connaissant le passé de Julian nous ne sommes pas surpris d'apprendre que c'est l'activité du bar qui rapporte plus que la partie restauration depuis qu'il est en charge de Potato Head. Il travaille avec une équipe de 60 personnes. ?Quand j'ai pris la direction du restaurant il y avait 90 employés. Nous sommes aujourd'hui beaucoup plus efficaces avec 30 de moins. Pour cela, je me suis impliqué à fond dans la formation. J'ai appris le bahasa indonésien et j'ai transmis le savoir-faire que j'avais acquis en Europe et aux Etats-Unis. Chacun a un rôle bien défini et doit être responsable de ce qu'il fait.? Tout en nous disant cela il nous montre les barmen en formation. Il n'a pas oublié les mois qu'il a passés à essuyer des verres dans les bars de New-York et en est plutôt fier. ? Ce n'est pas si simple d'être un bon laveur de verres. Il faut en passer par là pour savoir l'importance du travail bien fait et du service. Quand je partirai toutes les personnes que j'aurais formées seront autonomes et auront à coeur de former de nouveaux employés. Grâce à cette chaine je suis convaincu que ce restaurant n'aura bientôt plus besoin d'un manager étranger.? Il vient pourtant de nous expliquer que son travail est tout pour lui. Que fera-t-il alors si un manager étranger n'a plus d'utilité ? 

?J'aime les challenges. Je me donne à fond dans chaque nouveau poste et je suis pressé. Prochaine étape je veux prendre le poste de mon chef qui est directeur des opérations. Il le sait je lui ai déjà dit. Mon but est d'être millionaire à 35 ans ? dit-il avec un immense sourire presqu'encore enfantin. Pourtant on ne peut s'empêcher d'y croire quand on voit la passion avec laquelle il trace son chemin.  Il a quitté sa vie parisienne pour réussir par lui-même, pour ne surtout pas être ?le fils de?. Pour l'instant c'est plutôt réussi.

Lucie Pech (www.lepetitjournal.com/jakarta) Lundi 6 mars 2017

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