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BALI - Mont Agung, une famille évacuée témoigne

Par Lucie Pech | Publié le 25/09/2017 à 12:01 | Mis à jour le 25/09/2017 à 16:55
Photo : Jean et Marie à Amed
Bali, Mont Agung - Une famille évacuée témoigne

Le Mont Agung situé sur l'île de Bali menace d'entrer en éruption et les autorités locales ont demandé aux populations vivant au pied du volcan de quitter leurs domiciles et de se mettre en sécurité. Une zone comprise entre 9 et 12 kilomètres du cratère a maintenant été évacuée.

 

Marie et Jean sont installés depuis 3 ans à Amed, dans le nord-est de Bali où Ils dirigent un centre de plongée, Evolution Diver, situé à près d’une dizaine de kilomètres des pentes du Mont Agung. Ils ont dû se résigner à quitter les lieux même s'ils ne sont pas directement dans la zone d'évacuation obligatoire, pour se réfugier dans le sud de Bali à Sanur. Ils ont accepté de partager leur expérience avec nous.

 

Lepetitjournal.com/jakarta : Vous êtes installés à Amed depuis trois ans maintenant, pouvez vous nous dire ce qui vous y a amené?

Jean : Nous sommes arrivés il y a 3 ans pour gérer un centre de plongée et un petit hôtel. Nous nous sommes rapidement plus sur les lieux et, moins d’un an plus tard, nous avons décidé d’ouvrir notre propre affaire. Nous avons donc racheté un vieil hôtel en piteux état que nous avons rénové puis réouvert avec un petit centre de plongée en 2015.
 

Pouvez-vous nous décrire ce qui se passe depuis une semaine dans la région?

La situation a évolué très rapidement. En une semaine, nous sommes passé du calme plat à une quasi obligation d’évacuer les lieux. Les secousses et les grondements du volcan Agung sont de plus en plus réguliers et importants, les autorités ont chaque jour élevé le niveau d’alerte. Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que le volcan va entrer en éruption dans les prochains jours voire les prochaines heures.

Le premier gros signal d’alerte pour nous a été un soir, lorsque nous avons vu une procession de Balinais d’un village voisin évacuer les lieux en toute hâte.

Ensuite, un des site de plongée mythique de la région, l’épave du USS Liberty, a été fermé par les autorités.  Nous avons quand même continué notre activité sans céder à la panique. Sur d’autres sites de plongée, nous entendions les grondements du volcan de plus en plus rapprochés, environ toutes les 5 minutes…

Petit à petit, les touristes ont commencé à déserter les lieux et les centres de plongées fermaient leurs portes les un après les autres. Nous avons été l’un des derniers à fermer. Les sites de plongées fermant les uns après les autres, il ne reste quasiment plus de vacanciers dans la région

Nous avons quitté Amed samedi matin en laissant tout derrière nous. Notre veilleur de nuit nous a assuré qu’il passerait jeter un oeil à notre boutique et nos chambres dans les jours à venir.
 

Quelle est l’ambiance à Amed, reste-t-il des personnes sur place?

Sur la route nous avons traversé le village d’Amlapura, complètement déserté… C'était vraiment étrange de traverser un village fantôme…

La majorité des habitants d’Amed sont encore sur place en attendant les consignes officielles d’évacuation du gouvernement.

Nous sommes en contact avec les personnes restées sur places. Ils commencent à manquer des resources de premières nécessité, nous essayons donc, dans la mesure de nos moyens de les aider à organiser un ravitaillement solidaire.

Certaines personnes prédisaient une éruption dimanche vers 17 heures, mais ces prédictions sont purement spéculatives et ne sont pas basées sur des faits scientifiques.


Comment voyez vous les jours à venir?
 

Pour le moment nous sommes à l’hôtel à Sanur, complètement impuissants et plutôt désoeuvrés. Nous espérons pouvoir retourner au plus vite chez nous et aider comme nous le pourrons les personnes sur place.
 

Avez-vous un message à passer à vos amis restés sur place?

À tous nos amis Indonésiens qui nous ont rendu la vie plus simple et qui nous ont aidé à nous intégrer au mieux, nous voulons les remercier et leur dire que nous ne les oublions pas et que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider à traverser ces moments difficiles. Nous serons à leur côté pour vivre cette épreuve ensemble.

Propos recueillis par Nicolas 

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Lucie pech

Lucie Pech

De Casablanca à Jakarta en passant par Alger, Istanbul, Phnom Penh, Colombo ou Nairobi, l’expatriation est ma 2e nature. Passionnée de voyages et de rencontres. J'aime partager mes découvertes sur notre gigantesque et trépidante ville de Jakarta
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Etienne lun 25/09/2017 - 17:15

Nous sommes en contact avec les personnes restées sur places. Ils commencent à manquer des resources de premières nécessité, nous essayons donc, dans la mesure de nos moyens de les aider à organiser un ravitaillement solidaire. Merci de corriger ce passage, ce ne sont pas les personnes sur places qui manque de ressources mais les 1 500 réfugiés qui ont été évacuer des flan de Agung. Les routes n’étant pas fermé il n'y a aucun problème d'approvisionnement.

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