Édition internationale

Après avoir brûlé, le village de Waru Wora à Sumba a besoin de votre solidarité !

Le 5 décembre 2025, le village de Waru Wora sur la côte ouest de l’île de Sumba a presque entièrement brûlé pour des raisons encore indéterminées. Sur les trente-neuf maisons traditionnelles, seules une demi-douzaine ont été sauvées mais la maisonnette qui permet aux villageois d’avoir accès à l’eau a été détruite. André Graff et l’association « De l’eau pour Sumba » qui aident ce village à subvenir à ses besoins en eau potable depuis près de vingt ans en appellent à votre solidarité pour réunir la somme d’environ 20 millions d’IDR afin de financer les travaux de reconstruction.

Waru-WaroWaru-Waro
Un incendie aux causes indéterminées a emporté une grande partie de la trentaine de maisons qui composent ce village traditionnel de l’ouest de Sumba.
Écrit par Lepetitjournal Jakarta
Publié le 26 janvier 2026, mis à jour le 28 janvier 2026

L’incendie qui a ravagé Waru Wora

La catastrophe a eu lieu il y a près de deux mois mais André Graff est encore sous le choc et le coup de l’émotion. « J’ai été très ébranlé en apprenant la triste nouvelle de l’incendie. Waru Wora est le village où j’ai appris le partage, la notion de ce que cela veut dire de s’impliquer pour les gens », confie au téléphone André Graff qui depuis vingt ans aide ce village à subvenir à ses besoins en eau potable avec l’association « De l’eau pour Sumba ». 

 

Le 5 décembre 2025, un incendie aux causes indéterminées a emporté une grande partie de la trentaine de maisons qui composent ce village traditionnel de l’ouest de Sumba et la maison de l’eau construite grâce à André en 2010 afin de permettre aux villageois un meilleur accès l’eau potable. Cette dernière, pompée dans des puits situés dans la vallée en contrebas, est acheminée au village par un système de pompage qui fonctionne à l’énergie solaire. Puits sécurisés, tuyauterie, dispositif de stockage… tout a été mis en place avec les habitants de Waru Wora et grâce aux connaissances en matière d’accès à l’eau accumulées en deux décennies par André Graff surnommé « Bapak Air » (Monsieur eau).

triste-tropique
Une petite fille de Waru Wora devant les cendres de sa maison

Un appel aux dons pour reconstruire la maison de l'eau

 

Sur cette île où les pluies sont modérées, les épisodes de sécheresse, les nombreux tremblements de terre compliquent l’accès à l’eau potable. La maison de l’eau du village de Waru Wora est donc vitale pour les villageois qui ont pour la plupart tout perdu dans cette tragédie. « Tout a cramé, les tuyauteries, la robinetterie… », soupire André. Les villageois qui estiment que l’incendie a pour origine le Takdir (le destin) restent combatifs et ont entrepris de reconstruire. Mais ils ont besoin de 15 à 20 millions de rupiahs pour restaurer la maison de l’eau. André et l’association « De l’eau pour Sumba » fait donc appel à votre générosité pour réunir cette somme. Vous pouvez faire un don via le site internet de l’association et découvrir leurs projets à Waru Wora et dans d’autres villages de Sumba.

 

André Graff, le puisatier de Sumba

Arrivé en Indonésie il y a 22 ans, André Graff a une vie hors du commun qu’il a racontée dans son livre « L’espiègle vagabond » sorti en 2024 aux éditions Le Lys Bleu. Avant de creuser les tréfonds de la terre, pour trouver de l’eau, André sillonnait les cieux en tant que pilote de montgolfière, métier qu’il exerça pendant 22 ans.

C'est lors d’un voyage à Sumba en 2004, qu'il est profondément touché par la condition des habitants du village de Waru Wora. Dans son village d’adoption, les femmes et les enfants parcourent chaque jour laborieusement des kilomètres pour aller chercher de l’eau souvent impropre à la consommation. Pour trouver de l’eau potable, il faut aller encore plus loin et descendre dans des grottes à l’accès dangereux. Il se fait alors la promesse de revenir pour aider les habitants de cette communauté et revend ce qu’il a pour financer son voyage et ses premiers travaux.

Une technique de puits originale

Non seulement les puits doivent être creusés aux bons endroits, André se base pour cela sur les connaissances des « anciens » mais aussi selon des techniques sûres et peu onéreuses. C’est le cas de la technique des cylindres en béton à face interne conique utilisée par un ancien missionnaire autrichien qui permet de descendre au fond par un système de marches. 

andré-Graff
André Graff dans l'un de ses puits

Mais une fois puisée, il faut aussi amener l’eau jusqu’aux villages, parfois sur des dénivelés de plus de 100 mètres. C’est grâce à une ressource naturelle très présente à Sumba, le soleil, qu’André parvient à l’amener jusqu’aux robinets des stations dans les villages.

Les panneaux solaires utilisés sont de conception simple, ne fonctionnent que le jour, donc sans batterie. Ils sont peu chers et leur maintenance est légère. Là où nombre d’ONG ont failli par des projets sophistiqués et onéreux, abandonnés au bout de quelques années sans entretien, André a réussi par la simplicité des installations, son attention permanente aux détails et aux personnes, sa ténacité et sa connaissance subtile des habitants et de la culture de Sumba.

Les résidents et les autorités locales sont convaincus de l’apport immense de ces installations d’eau : les enfants retournent à l’école et sont plus assidus, les femmes peuvent se concentrer sur d’autres tâches et occupations génératrices de revenus, les maladies diminuent grâce à une meilleure hygiène.

Pour financer ces 40 puits et 10 systèmes de distribution d’eau, en plus de ses propres deniers, André bénéficie de l’appui de donateurs réguliers, du soutien sans faille du Régent de Sumba-Ouest qui a bien compris ce que les actions d’André apportent à sa communauté et de l’association « De l’eau pour Sumba ».

Une école de l’eau en ligne

Avec elle, André désormais installé à Alor (au nord de Timor) s’attelle maintenant à transmettre son savoir-faire de façon structurée. Outre sa fonction de conseils techniques et logistiques, ses connaissances permettront aux habitants des villages non seulement de construire de nouveaux puits, mais aussi et surtout de les entretenir eux-mêmes, les rendant entièrement responsables de la pérennité de ces biens précieux. Cela passe également par la gestion des revenus : chaque famille doit payer une contribution mensuelle pour l’entretien des installations. Pour mettre en place cette transmission de savoir-faire, André a prévu l’organisation d’une école de l’eau en ligne : Sekolah Air Online.

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Sujets du moment

Flash infos