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ISRAEL, MY HOME – Le lieu de naissance de l'Eternité

 

Israel, My Home est un livre et un film sur la terre d'Israël et sur l'esprit de son peuple. À 65 ans, quand la plupart des gens veulent s'installer et vivre une vie tranquille, l'auteur, André Djaoui, a pris la décision la plus extraordinaire de sa vie : quitter la ville la plus belle du monde, Paris pour aller s'installer en Israël et en faire son foyer. Rencontre.

 Andre Djaoui a consacré tout son temps à faire un film et à écrire ce livre qui parcourt tous les aspects de l'identité juive, la Bible, la beauté de la terre promise, son histoire ancienne et récente, sa vie quotidienne et sa dimension sacrée. Israel, My Home parle de l'amour inconditionnel du peuple juif pour sa terre, comme une réponse à des milliers d'années de haine et de souffrance.

lepetitjournal.com :Qu'est-ce qui fait que vous considérez Israël comme votre pays, votre maison ?

André Djaoui : Comme vous le savez, c'est ici  que tout a commencé pour les Juifs. Quand les Israéliens me demandent d'où je suis, à cause de mon accent et du fait que je ne parle pas Hébreu, je réponds : d'ici. Parce que nous venons tous d'ici. Il y a deux mille ans, tous les Juifs étaient ici. Puis nous sommes partis, enfin nous avons été chassés comme vous le savez. Donc, quand un Juif revient en Israël, il rentre chez lui. En vivant là où j'ai vécu jusqu'à présent, en dehors d'Israël, je vivais dans une terre étrangère vis-à-vis de mon identité. 

Comment avez-vous pris la décision de quitter la France pour Israël ?

Venir en Israël à l'âge de 60 ans a été la décision la plus importante de ma vie. J'ai compris un jour que ma maison, mes racines, le lieu où je devais être, mon identité, tout ça était en Israël. Mon Alya a été très progressive, mais très forte. Dans ma famille, personne n'était venu en Israël. Et en 25 ans, mon frère est venu habiter ici, ma fille est venue 10 ans avant moi. Elle est allée à l'Université ici à Jérusalem. Si bien que tout le monde -ma s?ur, mon frère, mes neveux et nièces, ma fille, mes petits-enfants- toute la famille vit ici maintenant. C'est aussi avec une grande émotion que j'ai fait venir mes parents en 1995. Ils sont morts ici et sont enterrés à Jérusalem. J'ai l'impression d'être une sorte d'outil trans-générationnel qui a fait venir ses parents pour qu'ils finissent ici leurs vies, et mes enfants, pour qu'ils y commencent la leur. Et mes petits-enfants sont la première génération de sabras.

Donnez-nous un aperçu de l'artiste que vous êtes, celui qui a vu l'enchantement d'Israël et qui a décidé de le transcrire sur le petit écran.

Pendant 40 ans, je ne savais pas ce que c'était qu'Israël. Ça ne m'intéressait pas, et je ne m'autorisais pas à exprimer mon côté artistique. Quand j'ai décidé de venir ici, et ça c'est fait en parallèle, j'ai décidé au même moment, il y a deux ans, de réaliser des films. J'ai créé ce documentaire, que j'ai appelé Israël, My home. Je me suis mis à peindre, c'était alors comme un processus inconscient. Je peignais des formes abstraites et je me suis rendu compte que ces formes ressemblaient aux cascades d'Ein Gedi, au désert, à la Galilée ou à la Mer morte. Dans ce processus unique, j'ai commencé à exprimer ma vision intérieure d'Israël, ainsi que l'aspect externe, la beauté d'Israël.

Selon, comment peut-on décrire la transformation de ce fabuleux pays ?

C'est une histoire inhabituelle, parce que vous le savez, Israël est né seulement en 1948. Mais ce qui est encore plus incroyable, c'est que 20 ou 30 ans auparavant, en 1925 par exemple, Albert Einstein était ici et il a contribué à la création de l'Université hébraïque de Jérusalem. Betsalel, l'école des arts, a été créée bien avant l'Etat. Où a-t-on jamais entendu qu'une université ait été créée avant un pays ? C'était une sorte de préparation à la création du pays quelques années plus tard. Disons que ce que les Juifs et les Israéliens ont accompli en un siècle, c'est du jamais vu. Il y a dans ce pays un talent extraordinaire, des artistes, et des chercheurs extrêmement doués. Il y a des lauréats du Prix Nobel, dans de nombreuses disciplines? Chaque année, on décerne autant de brevets en Israël que dans toute l'Europe. C'est incroyable.

Pour vous, Israël est un miracle ?

C'est plus qu'un miracle. C'est l'accomplissement d'une promesse, une promesse millénaire. C'est inexplicable, et la seule façon de résoudre cette énigme pour un Juif, c'est tout simplement de vivre ici. Parce qu'il y a ici l'esprit d'un peuple unique au monde.

Si l'on ne devait retenir qu'une image de votre film, quelle serait-elle ?

J'ai eu la chance de rencontrer Amir Eshel, actuellement chef d'état major de l'armée de l'air. Il y a quelques années, parce que sa famille a été gazée et assassinée à Auschwitz, il a décidé d'organiser un vol au-dessus du camp. Ils étaient six pilotes, petits-enfants de Juifs assassinés à Auschwitz. Survoler Auschwitz, 60 ans plus tard, à bord de trois F15 est une image adressée au monde. Amir Eshel n'a pu prononcer que quelques mots durant ce survol? Il a dit : "Nous, pilotes de l'armée de l'air d'Israël, survolons le camp de l'horreur et entendons l'écho silencieux des cris des millions de victimes, rendons hommage à leur courage et promettons d'être le bouclier du peuple juif et de son pays, Israël."

C'est pour moi l'image la plus importante, la plus puissante jamais filmée. Et je pense que c'est un moment très, très important de l'Histoire de l'humanité, comme la Shoah a été le pire moment de cette Histoire.

Que représente pour vous Jérusalem ?

Si la paix peut exister dans le monde, c'est à Jérusalem que son potentiel est le plus fort. Israël, et plus particulièrement Jérusalem a la densité de la vérité. La vérité commence à Jérusalem, et lorsqu'elle se propage dans le monde, elle perd de sa densité. La Bible est probablement la meilleure illustration de l'infinité des choses.

Pourquoi ce film, pourquoi maintenant ?

Combien d'idées ou de concepts y a-t-il qui soient adaptés à notre parcours personnel et qui soient en même temps un message universel ? Israël est la seule chose qui réponde à ces deux objectifs, et c'est pourquoi j'ai fait ce film et que je l'ai appelé, Israël, My home.

Publi-information (lepetitjournal.com/telaviv) Mardi 29 janvier 2013

André Djaoui a commencé sa carrière dans la publicité et est rapidement devenu un producteur de films (Au nom de tous les miens, L'amant de Lady Chatterley ainsi que plusieurs film avec Ferico Fellini et Ettore Scola). En 2008, il a décidé de commencer une nouvelle vie en Israël en tant qu'artiste. Ses peintures ont été exposées à Tel-Aviv en 2009 et à Paris en 2010 et 2012. Il a récemment écrit une pièce de théâtre qui sera jouée au printemps 2013 en Belgique et dans plusieurs théâtres en France.

 

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