Comme chaque année depuis 2004, à l’exception de la période Covid, le marathon de Mumbai a eu lieu le troisième dimanche du mois de janvier. Dimanche 20 janvier, ce sont donc presque 59 000 coureurs qui se sont réveillés aux aurores pour participer à l’événement et profiter des rues vides de la ville.


Le marathon de Mumbai, plus grand marathon d’Asie
On peut dire que le marathon de Mumbai est devenu l’événement sportif incontournable de l’année, qu’on se trouve dans la catégorie coureur professionnel ou coureur du dimanche...
D’abord sponsorisé par la Standard Chartered Bank pendant 14 ans, c’est désormais le groupe Tata qui sponsorise et donne son nom au TTM, Tata Mumbai Marathon. Cet événement, qui est le plus grand marathon d’Asie, s’adresse aux coureurs élites comme aux amateurs.

Il y en a en effet pour tous les goûts : le marathon de 42.195 km, le semi-marathon de 21.097 km, une course de 10 km, une course de 5.9 km, une course de 4.2 km pour les séniors, et une course de 1.3 km pour les personnes handicapées.
Il est même possible de participer à l’une des courses à distance en s’inscrivant à une “virtual run”, ou course virtuelle, via l’application TTM.
L’édition 2024 a été un véritable succès, avec pas loin de 59 000 coureurs au départ des différentes courses. Quelques Français étaient parmi eux et nous ont partagé leurs témoignages : Isabelle, qui a participé à la course de 10 kilomètres ; Damien, qui a couru le semi-marathon ; et Nicolas, qui a terminé le marathon.
Témoignages des coureurs Français du TTM 2024
lepetitjournal.com Inde : Comment s’est déroulée votre course et qu’avez-vous pensé de l’expérience ?
Isabelle : La course s’est bien déroulée et l’événement était bien organisé comme à chaque fois : départ à l’heure face à la gare Victoria illuminée, nombreux stands de distribution d’eau, beaucoup d’animations sur le parcours et aussi, contrairement aux autres courses dans Mumbai, nombreux supporters tout le long de la route.
Damien : La course a été superbe du début jusqu’à la fin. C’était une sacrée expérience de pouvoir parcourir les points principaux de Bombay sans voiture ni klaxon. Cela valait le coup de se lever aussi tôt !
Nicolas : J’étais très heureux de participer à cet événement, très bien organisé. Pour les participants au marathon, le départ est donné à 5h du matin, et à cette saison il fait relativement frais ce qui est idéal.
Courir un marathon est par nature une expérience exceptionnelle : on y pense depuis des mois, on s'entraîne régulièrement, on gère au mieux son sommeil et son alimentation et puis tout d’un coup, on y est ! Pour moi, franchir la ligne de départ est toujours chargé d’émotion, et c’est aussi une forme de libération. Et j'ajouterais débuter une course devant la façade imposante de la gare de CST, c’est vraiment un moment hors du temps !
Une fois parti, je branche le pilote automatique : je me concentre sur des actions très simples, comme faire attention où je mets les pieds, bien m’hydrater. Je me laisse porter même si, il faut bien se l'avouer, ça finit toujours par tirer dans les jambes !
Qu’avez-vous le plus aimé ?
Isabelle : L’ambiance générale bon enfant et l’absence de voitures tout le long du parcours. Un vrai plaisir qui compense un peu le réveil très matinal…
Damien : Sans aucune hésitation : le parcours, permettant de découvrir la ville chaussé de baskets de running. Le semi-marathon commençait quasiment immédiatement par le Sea Link. À ce niveau, j'étais partagé entre l’envie de m’arrêter pour profiter du moment en prenant des photos de la Skyline de nuit, et la volonté de maintenir le rythme tout au long du parcours, sacré dilemme. C’était un moment mémorable d’expérience de Mumbaikar !
Nicolas : Le passage sur le Sea Link est incontestablement un moment inoubliable ! La montée sur cet ouvrage iconique dans les premières lueurs du jour et un calme inhabituel est assez incroyable.
Le public est également formidable : après plus de 40 km c’est la clameur sur Marine Drive qui nous porte pour franchir les dernières centaines de mètres !
Aviez-vous déjà participé au marathon de Mumbai ? Et si oui, avez-vous remarqué des différences par rapport aux précédentes éditions ?
Isabelle : Oui, c’était ma troisième édition du 10 km du TMM. Cette année, le parcours était un peu différent ainsi que l’organisation de l’aire d’arrivée. Les participants aux différentes courses passaient la ligne d’arrivée au même endroit mais étaient ensuite dirigés vers des espaces différents. Sinon tout était similaire.
Damien : Non, c’était ma première participation. J’ai trouvé l’organisation très professionnelle : kit d’information, “village” TMM au moment d’aller chercher le dossard, prise de contact avec les “pacers” (ces gens qui courent avec vous pour vous donner un rythme), routes fermées, bornes kilométriques, ravitaillements tous les 2 kms, équipes de volontaires, animations tout le long du parcours, etc… Je le recommande à tous !
Nicolas : C’était cette année ma troisième participation à cette course. Le parcours reste strictement le même, ce qui aide à garder des repères précieux. L’organisation est très rigoureuse : chaque borne kilométrique est toujours bien indiquée, il y a suffisamment de points de ravitaillement, les routes empruntées demeurent fermées à la circulation. C'est certain que les organisateurs peaufinent chaque année quelques détails, répondant aussi à un engouement toujours croissant : cette année nous étions presque 9000 sur la ligne de départ ! J'en profite pour saluer le travail remarquable de l’équipe organisatrice, et tous les bénévoles présents avant, pendant et après la course.

Pratiquez-vous la course à pied depuis longtemps ?
Isabelle : Je cours plus ou moins régulièrement depuis longtemps mais avec de longues interruptions. La dernière pause a eu lieu à mon arrivée à Mumbai car je ne trouvais pas d’endroit où courir en extérieur en me sentant en sécurité et motivée (auparavant je courais dans la forêt à côté de Varsovie en Pologne !). Finalement je m’y suis remise un peu avant le Covid et je me suis donc de nouveau interrompue durant la pandémie. Je n’ai repris que mi-2021.
Damien : Cela fait environ 3 ans que je pratique la course à pied régulièrement, avec une forte préférence pour le trail running. Le sport a toujours fait partie de mon quotidien, la course à pied est un moyen de découvrir des endroits autrement, en ajoutant un challenge personnel.
Nicolas : J’ai couru mon premier marathon à Paris en 1999, plus par curiosité et défi personnel. Je n’avais pas un entraînement très spécifique à l’époque. Depuis environ 8 ans, je pratique de façon beaucoup plus régulière et constante.
Comment vous entraînez-vous ? Et y a-t-il des particularités compte tenu du fait que vous habitez à Mumbai ?
Isabelle : C’est moins “fun” de courir en extérieur à Mumbai que dans d’autres grandes villes. Mon frère, qui réside à New York et s’entraîne régulièrement, a couru ici lors de ses visites en Inde et sa première remarque fut : “Entre l’état des routes, la circulation, l’humidité, la chaleur et les horaires de départ, il faut être bien motivé !”. Il a oublié un dernier détail, la pollution !
Je cours en extérieur pendant la mousson et les jours où j’ai “l’impression” que c’est peu pollué, et sinon je m’entraîne en intérieur dans un club de gym.
Dernièrement je me suis inscrite à des entraînements avec des groupes de coureurs. Ça permet de se motiver pour se lever tôt le matin… Par contre, chacun courant à sa propre vitesse, le bénéfice du groupe est un peu perdu.
Damien : Je cours entre 20 et 30 kilomètres par semaine depuis environ 3 ans. Malheureusement, sortir de Bombay pour aller courir dans les Ghats du Maharashtra nécessite une certaine organisation et un réveil très matinal. Je m’entraine donc sur un tapis à la salle de sport, en vue de participer à des événements comme le Tata Ultra Marathon qui aura lieu en Février.
Nicolas : Tout au long de l’année, je cours une quarantaine de kilomètres par semaine en moyenne. Participer au marathon n’est pour moi pas une fin en soi : courir est surtout devenu une nécessité, qui m’aide à garder un bon équilibre dans mon corps et dans ma tête.
Du fait du climat, il est préférable de sortir tôt le matin. Je reviens souvent sur les mêmes itinéraires (Bandstand, Mount Mary, Juhu…) mais j’essaye de varier le week-end au Sanjay Gandhi National Park, quand mon réveil accepte de sonner assez tôt !
Si vous aviez un conseil à donner à ceux qui souhaitent se lancer et participer à l’édition 2025 ?
Isabelle : Le TMM est vraiment l’événement sportif de Mumbai, c’est donc à faire pour ceux qui sont branchés course à pied. Les inscriptions ouvrent généralement en août, mais il y a peu de places en inscription libre, les conditions d’éligibilité sont restrictives et les inscriptions sont closes rapidement.
Cela dit, le TMM est une course à vocation caritative et on peut obtenir un dossard via les nombreuses ONG enregistrées sur la plateforme caritative. C’est bien sûr plus cher car il y a un don obligatoire d’un montant fixe en fonction de la catégorie, et ce en plus du montant de l’inscription. Par contre, les conditions d’éligibilité sont moins restrictives et il y a généralement des dossards encore disponibles même après la fermeture des inscriptions individuelles.

Pour finir, c’est le seul moment où j’ai vu Marine Drive sans voiture (à part pendant le confinement) ! C’est quand même exceptionnel !
Damien : Lancez-vous, il y a suffisamment de formats pour pouvoir y trouver son compte ! L’ambiance générale vous permettra de terminer les derniers kilomètres même avec les jambes qui brûlent.
Nicolas : Lancez-vous sans attendre ! C'est un beau défi ! Il faut bien sûr faire preuve d’une certaine discipline, mais surtout on doit commencer progressivement et se donner des objectifs réalistes. Dans un premier temps, on peut viser des courses plus courtes comme un 10 km ou un semi-marathon qui procurent déjà une grande satisfaction. Rien que l'ambiance festive ce jour-là est une expérience unique et l'intérêt d'une telle course, c'est que chacun peut la vivre à son rythme. L’engouement pour la course à pied est croissant en Inde et ce type d'événements se multiplie.
C’est toujours le bon moment pour commencer une collection de médailles !
lepetitjournal.com Inde remercie les trois coureurs pour leurs témoignages et les félicite pour leur participation !
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