Le 26 août 2026, l’effondrement d’un glacier himalayen au Tibet a provoqué une catastrophe sans précédent au Népal.


Selon un groupe de chercheurs glaciologues la rupture d’un glacier se serait produite à environ 65 km au nord de Kathmandu et le flux de glace se serait déplacé vers le nord-ouest, le long de la vallée, en direction de la rivière Bhote Koshi qui arrose une vallée située à la frontière entre le Népal et la région chinoise autonome du Tibet.

Un immense pan de montagne s’est effondré au nord du Langtang Lirung, un sommet népalais près de la frontière tibétaine, entraînant avec lui une immense partie du glacier posé au-dessus, ce qui a provoqué une coulée de boue.
La coulée de boue, en déboulant à grande vitesse, a grossi en entraînant toujours plus de débris sur son passage et a parcouru 100 km avec des vagues de plus de 20 mètres.
Le poste frontière de Gyirong Port au Tibet et les villages en aval des rivières Trishuli et Bhote Koshi ont été complètement emporté.
On dénombre au 31 août : 797 morts et 3048 personnes portées disparues
Le service géologique américain indique que l’effondrement dans le parc national de Langtang a engendré une énergie équivalente à celle d’un séisme de magnitude 5,3 et 3 heures plus tard un second événement sismique équivalent à un tremblement de terre de magnitude 4,2 a été enregistré.
Le 30 août les secours Népalais s’inquiétaient d’une nouvelle montée des eaux qui risquaient de mettre en difficulté les opérations de secours.
Le Mont Kailash, lieu de pèlerinage pour de nombreux Indiens
La région concernée est une région rurale pauvre, déjà très sévèrement touchée par le tremblement de terre de 2015. La route bordant la rivière est un des principaux accès routiers vers la Chine et le Tibet, comme pour accéder à la région de Lang Tang, qui est le point de départ des trecks et vers la montagne sacrée Mont Kailash pour les pèlerinages.
Mercredi 26 août, un groupe de 57 pèlerins indiens devait franchir la frontière pour rejoindre le Tibet. Ils circulaient dans trois bus lorsque la catastrophe s’est produite, un véhicule aurait pu échapper à la crue. D’autres groupes revenaient de leur pèlerinage, notamment le cas d’un groupe lié à l’organisation du Maitre spirituel indien Sadhguru, lorsque les crues ont frappé.
Le mont Kailash, 6638 mètres d’altitude, un lien entre le ciel et la terre

Depuis des temps immémoriaux, des milliers de croyants et de voyageurs se rendent chaque année dans cette région reculée de l’Himalaya. Le Mont Kailash se trouve au Tibet dans l’Ouest de la Chine, non loin des frontières népalaise et indienne. Cette montagne isolée est reconnaissable à sa silhouette pyramidale, dont les quatre faces sont orientées vers les quatre points cardinaux, tient surtout sa particularité à son caractère sacré.
Kailash est vénéré par quatre religions : l’hindouisme, le bouddhisme tibétain, le jaïnisme et le bön, une ancienne tradition spirituelle tibétaine. Certains disent qu’il est le centre spirituel et énergétique de la terre.
Beaucoup de touristes indiens et tibétains se rendent en pèlerinage au lac Manasarovar, au pied du mont Kailash, pour ses eaux considérées comme sacrées.
Pour les hindous, la montagne est considérée comme la demeure de Shiva, de son épouse Parvati et de leurs enfants. Dans les traditions bouddhistes tibétaines, elle est associée au mont Meru, montagne mythique considérée comme le centre du monde. Pour les Jaïns, c’est le lieu où le premier maître, le gourou Rishavadeva, a atteint le nirvâna. Quant aux adeptes du bön, ils lui attribuent une importance spirituelle majeure.
Le pèlerinage consiste à faire le tour de la montagne à pied, cette circumambulation est appelée « Kora » dans la tradition tibétaine et « prikrama » dans la tradition hindoue. Le parcours fait 53 kilomètres et s’effectue en trois jours. Les pèlerins évoluent en très haute altitude et doivent franchir notamment le col de Drolma à plus de 5600 mètres d’altitude.
Faire le tour de la montagne permet de se purifier de ses fautes. Les fidèles de la tradition bön sont les seuls à faire le tour de la montagne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.
Le gouvernement indien organise chaque année un pèlerinage officiel : le Kailash Manasarovar Yatra.
La rédaction du Petit Journal s’est entretenue avec Fabienne Malige, familière du Népal et de l’Inde où elle a de nombreux amis.
Elle est physiothérapeute, pratique la médecine Ayurvédique et parcourt la planète pour enseigner ses connaissances à d’autres soignants.
Mariée a un Indien, elle est une habituée des voyages au Népal et en Inde, savoyarde, grimpeuse, elle est amoureuse de la montagne et spécialement de l’Himalaya.
Elle témoigne de son chagrin et de ses inquiétudes :
« Quatre de mes amis adeptes de Sadhguru faisaient partie du pèlerinage de 80 personnes organisé par Isha fondation. Ils se trouvaient au poste frontière pour rentrer au Tibet quand la coulée de boue les a emportés. »
Fabienne, toujours en contact avec ses amis népalais, relaie leur inquiétude.
« La catastrophe risque d’être redondante. Le lac formé au Tibet va t’il lâcher et provoquer une nouvelle catastrophe ? »
Selon les médias internationaux, le gouvernement népalais a très rapidement réagi en envoyant sur place l’armée et des hélicoptères.
« L’Inde est le premier pays à avoir apporté son aide au Népal. La Chine la Corée du Sud, le Japon et l’Angleterre sont très présents au Népal pour réaliser des infrastructures routières, ces pays participent aux actions de secours. Mes amis népalais témoignent que la coordination et la coopération sur place pour porter secours, semblent être efficaces. »
L’acheminement de l'aide humanitaire est particulièrement compliqué par le relief montagneux, les éboulements et les pluies de fin de mousson.
Si vous souhaitez contribuer aux efforts de secours, vous pouvez faire un don à la croix Rouge via ce lien ou sur le site officiel du Prime Minister’s Disaster Relief Fund en cliquant sur ce lien.
Dimanche 30 août, 850 étrangers sont portés disparus, dont 98 ressortissants indiens selon l’office du tourisme népalais et 49 selon les autorités chinoises.
Quatre Français manquent à l’appel selon l’office du tourisme népalais et le ministère français des affaires étrangères et deux autres personnes selon les autorités.
La France a exprimé sa pleine solidarité avec le Népal et la Chine à la suite des terribles inondations et glissements de terrain qui les ont touchés le 26 août et a adressé ses condoléances aux proches des victimes et son soutien à toutes celles et ceux qui ont été touchés par ce drame.
Les équipes du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et des ambassades au Népal et en Chine sont pleinement mobilisées et suivent la situation avec attention, en lien étroit avec les autorités locales. Ils ont aussi rappelé l'importance de l'inscription sur le Fil d’Ariane.
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