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J'ai essayé la croisière pour nulle part à Hong Kong

Par Patricia Herau-Yang | Publié le 17/08/2021 à 14:55 | Mis à jour le 18/08/2021 à 09:31
Photo : @Patricia Hérau Yang
vue du pont de la croisière le soir à Hong Kong

Multirécidivistes de la croisière, nous nous sommes laissé tenter ce 8 août par une nouvelle expérience désormais proposée au départ de Hong Kong, la croisière pour nulle part

Bulle de voyage et vaccination

Alors que les voyages sont toujours très contraints pour les résidents hongkongais, notamment pour les familles avec des enfants trop jeunes pour être vaccinés et donc soumis à la quarantaine stricte, la croisière pour nulle part propose une bulle de voyage accessible à tous. Tout résident hongkongais peut y prétendre. Pour les plus de 12 ans, il faut être vacciné (deux injections dont la deuxième datant d’au moins 14 jours) et pouvoir présenter un test PCR négatif réalisé moins de 48h avant le départ. Pour les plus jeunes, le test PCR négatif suffit. Le scan à l’entrée du QR code de LeaveHomeSafe, ou le remplissage du formulaire papier, est ensuite exigé. Ceci permettra de tracer les éventuels cas contacts, au retour. 

L’intégralité du personnel sur le bateau est doublement vacciné et présente un résultat PCR négatif. Rappelons qu’une interdiction de voyager vise plusieurs pays de la région d’où proviennent habituellement les personnels de paquebot (Philippines, Malaysie…) ; ajoutons à cela les difficultés à faire reconnaître certains vaccins à Hong Kong et le prix d’une quarantaine, qui rebute les candidats ; en définitive, une très grande majorité du staff vient donc de Chine méridionale et est vaccinée Sinovac. Pour ceux qui ont quelques réserves, rappelons qu’ils sont aussi testés négatifs. C’est tout de même plus safe que de marcher dans la rue à Hong Kong, et finalement pas plus dense.

 

avant du bateau de croisière à Hong Kong
Photo@Patricia Herau-Yang

 

Sur le bateau, un Tracey, petit outil de géolocalisation, doit être porté en permanence (sauf dans la piscine, on y reviendra). Celui-ci permet d’identifier plus précisément les cas contacts et de limiter l’éventuel isolement de cas contacts au retour, si l’on peut prouver que les passagers n’ont eu aucun contact entre eux. 

Sur le bateau, les mesures de distanciation sociale sont assez semblables au quotidien hongkongais. Le scan de LeaveHomeSafe est remplacé par un scan de votre carte de chambre pour l’accès à tout lieu fermé, et ce pour chacun des passagers. Masques, lavage de main, sont demandés à chaque entrée. Oubliez en revanche les limites en nombre de personnes par table, vous pourrez festoyer à autant de personnes que la taille des tables le permet.

Etant à mi-jauge, le paquebot ne connaît pas les queues, hormis pour certaines activités sportives. Chacun se répartit en fonction de ses affinités, et le choix est suffisamment vaste pour ne pas avoir à finir collé-serré. 

Enfin, la ventilation intérieure garantit une évacuation de l’air vers l’extérieur, sans recirculation. En tout 40 mesures sanitaires sont listées par le croisiériste pour minimiser les risques à bord.

Le maillon faible, d’un point de vue sanitaire, est bien entendu la piscine et l’ensemble de toboggans. Ici, on oublie les masques et le Tracey. Pour parer à des contacts trop rapprochés, la jauge théorique de la piscine est divisée par deux. On peut réserver ses créneaux (1 heure pour chacun) ou se présenter en walk-in si le nombre théorique de nageurs n’est pas atteint sur le créneau. Entre ceux qui boivent un verre en trempant les doigts de pieds, les petits qui s’allongent dans la pataugeoire et les vrais nageurs, ça s’arrange. En cas de forte affluence, si vous avez du mal à vous détendre , écartez-vous quelques instants: les plus jeunes ne restent pas longtemps et vont plutôt passer du temps aux toboggans. Enfin, le passage par la case mesure de température est obligatoire pour obtenir des serviettes, ça peut toujours servir…

A l’issue de la croisière, vous devez encore remplir une auto-évaluation et faire connaître aux autorités l’existence de quelque symptôme que ce soit.

 

enfants faisant de l'accrobranche sur le pont du bateau
Photo@Patricia Herau-Yang

La croisière s'amuse à Hong Kong

Anciens clients de MSC, Norwegian, et de Costa, joyeux vacanciers dans différentes régions du monde, nous n’avons pas vraiment été dépaysés par cette expérience. Un point très appréciable et unique, est le beau temps garanti: n’ayant pas de destination, le capitaine n’a ni horaire à respecter ni plan de voyage. L’objectif principal dans la cabine de pilotage est de repérer les « rain patches », les nuages de pluie, et de les contourner. Vous pouvez donc parier sur une météo au beau fixe. Ce souci étant réglé, vous pouvez organiser votre temps.

Pour les familles, le kids’ club (Little Dreamers) est votre ami. Placé à proximité de la piscine et des toboggans au Deck 16, il est pour tous les enfants jusqu’à 12 ans (et plus éventuellement, si vous voulez faire un lot groupé). On y trouve tout ce qu’il faut et même (vous allez crier, mais après tout, ce sont les vacances) des écrans et des jeux vidéo type Mario Kart. 

5 toboggans de piscine (Waterslide park), dont deux vertigineux, sont accessibles à partir d’1m40. Les plus petits et les moins téméraires seront, eux, plus à l’aise dans l’espace Waterslide pour enfants, au Deck inférieur. Un double parcours d’accro-branches (Ropes course), de chaque côté du paquebot, est accessible en fonction du sens du vent pour les plus d’1m40. En contrebas, la mer de Chine semble tendre les bras aux vacanciers sujets au vertige. La zip line, tendue carrément au-dessus du vide, n’était pas accessible à notre passage (ça tombe bien!). Juste à côté, sans avoir besoin d’équipement de sûreté, les petits derniers pourront faire un gentil parcours d’accro-branches très accessible. Enfin, un mur d’escalade bien ombragé, mais également trop abrité du vent, sert d’alternative.

Sur ce même deck 16 où l’on passe beaucoup de temps, mini-golf et ping-pong sont disponibles en quasi-permanence. Juste au-dessus, place au basket. 

En intérieur, le bowling n’ouvre qu’en soirée. C’est notre grand échec: hyper apprécié, il était fully booked! Les deux billards ne sont hélas pas ouverts. Mais juste à côté, on peut danser au « Zouk club ». Le cinéma en plein air, adjacent, présente un programme de films en anglais, à apprécier confortablement installé sur des transats, fauteuils ou canapés.

 

spectacle sur le pont du bateau de croisière à Hong Kong
Photo@Patricia Herau-Yang

 

Deux espaces de jeux d’arcade payants sont situés aux Deck 6 à côté de la réception et 16.

Citons aussi au Deck 15 le panorama sur la cabine de pilotage, avec une belle maquette du paquebot et quelques vidéos sur le chantier naval, le baptême et la mise à l’eau. Juste à côté, le fitness center, bien équipé mais visiblement oublié des passagers. Si le cœur vous en dit, ramez en regardant la mer défiler…

Il nous a moins tenté mais visiblement c’est un des points forts pour la clientèle hongkongaise: l’espace casino dans les entrailles du paquebot n’a pas désempli. Roulette, black jack, machines à sous, tout est bien tenu et très civilisé. C’est Macao dans ce qu’il a de meilleur.

Spectacles et gastronomie à bord

Côté show, nous avons vu le Yin-yang et le bubble show. Yin-yang est un duo Chinois qui présente deux traditions très modernes de la culture chinoise: l’opéra chinois travesti (un homme joue un rôle de femme, c’est le huadan) et le changement de masques. Huadan est un héritage connu en occident via le film « Adieu ma concubine ». C’est l’ancêtre des drag queens que vous pourriez voir à Pékin (hors Covid). Le changement de masques vient du Sichuan, et c’est un show rock and roll assez moderne où un personnage change de masques sans que l’on sache très bien comment. Le dernier show, un jeu de bulles de savons, est un rêve éveillé pour les plus petits (le public a bien du mal à calmer l’enthousiasme des enfants).

Si j’étais Hongkongaise j’aurais sans doute commencé par là: l’expérience culinaire. Deux restaurants sont inclus dans le forfait et ouverts quasi en permanence. Corrects, bien tenus, ils suffisent si vous voulez tenir votre budget. Pour changer un peu, tentez de réserver parmi les nombreux restaurants: Steak house, le Umi Uma (Teppanyaki, show garanti),  le Blue lagoon (Thai), les hotpots et BBQ… Ceci est en supplément, ainsi que les boissons hors buffet (plusieurs forfaits sont disponibles), mais globalement, étant duty-free, les tarifs restent très raisonnables.

La clientèle est majoritairement Hongkongaise, très variée tant en termes d’âge, mais avec plusieurs groupes de nationalités différentes. Très bonne ambiance.

 

vue du port de Hong Kong depuis le bateau de croisière
Photo@Patricia Herau-Yang

 

Pour optimiser votre croisière

La piscine est accessible dès votre arrivée sur le paquebot: ne fourrez donc pas votre maillot au fond de la valise si vous pensez la confier au concierge. Prenez-le avec vous! 

Les créneaux de la piscine se réservent à la piscine. Vous pouvez booker plusieurs créneaux à la fois, faites-le! Les toboggans et la piscine se réservent à part. Mais si c’est plein, demandez aux maîtres nageurs: en dessous de la demi-jauge, vous pouvez rentrer, température prise.

Les restaurants se réservent sur place, tentez donc votre chance. Si vous arrivez trop tard, ne désespérez pas. Mangez en horaire décalé, adaptez-vous, ça fait partir du voyage. Nombreux sont les no-shows, ces gens qui ont réservé mais ne viennent pas et vous laissent une chance.

Tout se trouve dans un mouchoir de poche: avec un peu de ténacité, vous arriverez à essayer sinon toutes, du moins plusieurs activités et restaurants. Ce n’est sans doute pas la peine de vous acharner à faire la queue: si les gens sont là, ils ne sont pas ailleurs…

Tous les matins, vous trouverez votre programme du jour dans la chambre ou accroché à l’entrée. Si on vous a mis la version chinoise, sachez que la Réception au Deck 6 peut vous donner la version anglaise.

Pour l’accro-branches, de manière assez aléatoire, les animateurs demandaient des bermudas ou pantalons au-dessous du genou au lieu du short. Prévoyez-en donc un dans vos valises, ainsi qu’un T-shirt à manches suffisamment longues (pas un débardeur sans manches ni une brassière), pour éviter de vous faire refouler.

Enfin, si les passagers hongkongais parlent anglais, le staff, lui, est très majoritairement de Chine continentale. Il parle donc mandarin avant tout. Une app de traduction ne peut pas faire de mal, mais surtout la tolérance et la patience sont de rigueur. Ça tombe bien: vous êtes en vacances ! Alors relaxez-vous, et profitez de votre croisière au soleil!

Pour vous inscrire à une croisière pour nulle part

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pat

Patricia Herau-Yang

Patricia a passé de nombreuses années en Chine, exercé le métier de traductrice français-chinois. Depuis son arrivée à Hong Kong, elle s'est mise au cantonais et à la randonnée. Elle contribue à Lepetitjournal.com sur le volet culturel, entre autres...
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Didier Pujol

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