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MAISON SCARSELLI - Diamantaires de père en fils

Écrit par Lepetitjournal Hong Kong
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 29 septembre 2014

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La semaine du 15 septembre se tenait à Hong Kong l'exposition des plus grands joailliers du monde. C'est à cette occasion que nous avons rencontré Bruno Scarselli, représentant de la maison Scarselli, diamantaires de père en fils depuis 3 générations.

"Mon grand-père a commencé dans la mode"

Tout a commencé il y a quelques dizaines d'années avec les grands-parents de Bruno. La joaillerie n'était pas encore répandue en Italie. Les Scarselli cherchaient à créer un business innovant. À l'époque, tous les bijoutiers travaillaient sur l'or ainsi que sur les diamants blancs car tout le monde en achetaient.

 Bruno Scarselli à la Hong Kong Jewellery & Gem Fair

Les deux meilleurs amis des grands-parents de Bruno étaient stylistes et travaillaient dans la mode. C'est sous leur influence que l'entreprise Scarselli prend une autre tournure. Bruno nous raconte : "Mon grand-père a commencé dans la mode, jusqu'au jour ou il a eu l'idée de mettre des diamants sur les lacets des chaussures ". Les deux stylistes commencent alors à vendre des chaussures avec des lacets diamantés. Mais au fil du temps, les clients qui venaient acheter des chaussures repartent finalement avec des diamants uniques.

"Tous les hivers, mes grands-parents partaient dans différents pays pour trouver des pierres précieuses."

Les Scarselli n'hésitent pas à traverser les continents pour dénicher leurs trésors. Que ce soit en Thaïlande, en Chine ou en Afrique, ils sont toujours à la recherche de la rareté et de l'authenticité : "Tous les hivers, mes grands-parents partaient dans différents pays pour trouver des pierres précieuses. Il n'y avait pas de limites lorsqu'il fallait acheter le diamant le plus rare au monde mais aussi des saphirs ou des rubis." Mais pour les Scarselli comme pour tout diamantaire le véritable challenge vient après l'achat de la pierre, lorsque celle-ci est montée : le client doit alors éprouver la même sensation que lorsqu'il l'a achetée nue. Là est tout l'art du joailler.

En 1920, beaucoup de touristes viennent passer leurs vacances d'été sur la côte sud italienne. "Mon grand-père adorait recevoir des amis et des amis d'amis dans la maison familiale de vacances. Il entretenait de très bonnes relations avec des célébrités." Scarselli sait en en effet entretenir ses relations avec ses clients et ce qu'il aime le plus, c'est partager son amour pour les diamants .

"Je me souviens de cette histoire de famille, lors d'une réception à la maison. Il y avait ce magnifique collier de diamants qui resplendissaient plus les uns que les autres. Mon grand-père s'est dirigé vers un couple intrigué par ce collier. Il l'a déposé délicatement autour du cou de la dame et lui a demandé de regarder son reflet dans le miroir et d'écouter ce qu'elle ressentait. La dame a regardé son époux en souriant et ils sont sortis tous les deux. Ma grand-mère est allée alerter mon grand-père en lui disant que des clients venaient de partir avec le collier. Mon grand-père a répondu qu'ils venaient justement de l'acheter mais qu'ils ne le savaient pas encore!". En essayant ce collier, la cliente avait succombé à l'image qu'elle renvoyait d'elle même.

Boucles d'oreille Flower Blue, collection Scarselli

"Mon grand-père était fermier, maire de notre ville, propriétaire d'un club de foot?", se souvient son petit-fils, "cependant c'est l'amour des pierres précieuses qui l'a toujours emporté. Mon père est devenu le joaillier le plus respecté d'Italie. Maintenant, nous vendons des pierres précieuses très rares dans le monde entier. Nous essayons de faire aimer la beauté des diamants que nous vendons."

"L'amour des diamants est né dès notre plus jeune âge"

Bruno est lui-même tombé très jeune en amour des pierres. "L'été, au lieu d'aller faire du vélo avec les autres enfants de mon âge, j'allais aider mon père en nettoyant les fenêtres de la boutique, en essayant de rendre les vitrines attirantes? Je cherchais à faire entrer les gens dans notre boutique. Mon père m'offrait en récompense des diamants. Ce que j'essaye d'expliquer à travers mon enfance, c'est la manière dont mon père a réussi à nous faire aimer les diamants. Cet amour est né dès notre plus jeune âge lorsque nous gagnions des carats en travaillant pour notre père."

Durant plusieurs étés, le petit-fils Scarselli part se former à New York où il est aujourd'hui installé? C'est aux travers de ces différents stages qu'il se laisse séduire à son tour par les pierres précieuses. Il n'est pas diplômé de la grande école de joaillerie américaine cependant il est capable de travailler avec passion. Son père, lui a dit un jour en lui tendant plusieurs liasses de billets : "Prends cet argent, tu connais les rubis, les saphirs, les diamants blancs, les diamants colorés fancy, les jaunes, les roses, les bleus? vas et achètes-en." Bruno a trouvé l'attitude de son père un peu dure et lui a demandé s'il voulait bien l'accompagner mais celui-ci a répondu : "Mon fils, tu connais déjà tout du métier ! Tu ne le sais juste pas !". Le père de Bruno est toujours un homme très présent dans la vie de ses enfants. Il a consacré toute sa vie et son énergie à la société Scarselli : "Je n'ai jamais vu, de toute ma vie, quelqu'un d'aussi passionné par les diamants".

"Pour un diamant à 20 millions de dollars, vous recevez un appel très privé au milieu de la nuit."

Aujourd'hui, Bruno Scarselli a définitivement repris le flambeau et voyage à travers le monde à la recherche de pierres uniques. "Nous recherchons maintenant de nouvelles couleurs très rares, nous voyageons au Brésil et en Australie plus souvent. L'Australie a beaucoup de petits diamants de couleur unique. Au  Brésil ou dans certains pays d'Afrique centrale, nous avons des plus gros diamants avec une couleur plus légère. Ce que nous appelons fancy pink représente une saturation de couleur plus forte comme le vvs pink. Ils peuvent être trouvés en Australie cependant les diamants seront plus petits (1 carat à 4 carats maximum)."

Mais, qu'on ne s'y trompe pas, dénicher une pierre rare ne doit rien au hasard. Les pièces exceptionnelles ne circulent que dans le petit cercle des grands noms de la joaillerie. "Pour un diamant à 20 millions de dollars, vous recevez un appel très privé au milieu de la nuit. Et vous devez décoller dans l'heure si vous voulez réussir à l'avoir. Maintenant, j'ai toujours à côté de mon lit, un bagage de survie avec le nécessaire pour pouvoir courir à l'aéroport et sauter dans le premier avion pour l'Afrique."

Aurélie Guignard de TV5 Monde Asie Pacifique (lepetitjournal.com/hong-kong) lundi 29 septembre 2014

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Publié le 28 septembre 2014, mis à jour le 29 septembre 2014
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