LEGISLATIVES – Interview d’Anne GENETET, candidate La République en Marche !

Par Lepetitjournal Hong Kong | Publié le 27/05/2017 à 05:22 | Mis à jour le 29/05/2017 à 14:01

 

Après le candidat Les Républicains et celui du Parti Socialiste, Anne Genetet se prête au jeu de l'interview. Qui est la candidate de la République en Marche? Quels sont ses projets pour les Français résidents dans la circonscription? La Singapourienne, issue de la société civile, évoque tous ces sujets avec notre rédaction.  

Anne Genetet, quel est votre parcours et qu'est-ce qui vous a motivée à vous lancer en politique?
J'ai une formation de médecin, j'ai commencé par exercer au contact de patients de 1994 à 2000. Mon choix s'est tourné très vite vers les populations fragiles, comme les toxicomanes et les travailleurs migrants. Ensuite, j'ai eu un diplôme de journalisme médical qui m'a permis de faire un saut dans le monde de l'entreprise. Je me suis orientée dans le domaine de la communication santé, jusqu'en 2005, année de mon arrivée à Singapour. 

Après deux années comme consultante en gestion des risques sanitaires au sein d'une grande entreprise, j'ai créé ma propre activité de conseil à Singapour dans les formations en interculturalité d'abord, puis dans les formations en santé et en urgence pédiatrique. J'ai beaucoup travaillé sur les relations entre employés de maison migrants et employeurs. 

Le point commun de toutes mes expériences, le fil conducteur qui m'a mené à la politique, c'est ma passion de transmettre des connaissances, que ce soit avec des patients ou des clients. Avec trois points-clé qui définissent ma personnalité : écouter, comprendre, convaincre. C'est exactement ce dont on a besoin en politique ! C'est pour cela que je me suis décidée à accompagner Emmanuel Macron, qui a fait un appel aux femmes en politique en janvier, auquel j'ai été extrêmement sensible. 

Que représente pour vous la 11e circonscription? Et comment allez-vous organiser votre travail si vous êtes élu dans ce grand territoire ?
Le député est avant tout un député de la nation, rattaché à une zone géographique, la circonscription, qui pour nous représente 49 pays.

Il est important d'une part d'être issu du terrain de la société civile et du terreau que représentent les Français établis hors de France pour mieux prendre en compte leurs problèmes et demandes. 

Je veux rester au contact de cette circonscription pour écouter, comprendre, et aller après convaincre le gouvernement ou mes collègues à l'Assemblée. Et vice-versa, je dois convaincre mes électeurs du bien-fondé d'une décision prise par l'exécutif ou le législatif. 

Mon travail s'appuiera sur trois relais et acteurs : un collaborateur temps plein sur la région en plus de ma propre présence, une utilisation renforcée du réseau des conseillers consulaires, et la mise en place d'une plateforme d'interaction directe avec les électeurs.

En ce qui concerne les déplacements, je suis très libre et je mettrai évidemment mon activité professionnelle entre parenthèses car elle n'est pas compatible avec la fonction de député.

L'une des priorités de votre programme concerne l'éducation. Pouvez-vous nous en dire plus?
L'accès au réseau des écoles françaises dans certaines zones, et le coût que cela implique sont des sujets importants. On veut rendre ce réseau plus accessible, tout comme les bourses scolaires. Pour se développer, ces établissements butent sur un problème crucial de financement. Le projet d'Emmanuel Macron est de se porter garant de ces emprunts pour donner une bouffée d'oxygène aux établissements scolaires et leur permettre de se développer. Ce sera un travail à effectuer avec pragmatisme.

Personnellement, en tant que députée, je souhaiterais aborder un autre sujet fondamental, la présence de l'enseignement supérieur français à l'étranger. C'est un travail énorme. Beaucoup d'écoles et d'universités cherchent à s'implanter et ont besoin de visibilité. Là, le politique a un rôle déterminant à jouer. Un autre sujet très important est la reconnaissance de nos diplômes.

Enfin, il faut accompagner nos étudiants stagiaires qui se retrouvent tout seuls sans comprendre les enjeux, les risques qu'ils peuvent prendre, dans un pays qu'ils ne connaissent pas.

La représentativité des Français de l'étranger figure aussi dans votre programme, qu'en est-il ?
Beaucoup de Français se sentent peu légitimes à voter. Il faut renforcer le lien entre la France, ses structures, ses administrations, et les électeurs de la circonscription. Dans cette optique, nous souhaitons remettre en place le vote électronique avec un maximum de sécurité. 

Il faut également revoir les instances représentantes des Français de l'étranger et donner plus de pouvoir aux conseillers consulaires, qui sont les mieux placés pour nous donner la température sur le terrain. 

Sur la protection sociale des Français de l'étranger, vous semblez en faire une priorité ?

Tout à fait. Il faut faciliter à la fois l'accès à la CFE (Caisse des Français de l'étranger), qui est une structure en très bonne santé financièrement parlant mais très peu reconnue, mais aussi aux indemnités retraite et aux allocations chômage lors d'un retour en France. Nous souhaitons également travailler sur le handicap et la maladie.

Dans cette optique, la plateforme numérique dont Emmanuel Macron a parlé servira à dématérialiser un certain nombre de procédures lors du retour en France et faciliter les démarches administratives. 

Je souhaite également développer des antennes d'accompagnement Pôle Emploi pour les Français qui rentrent en France sans travail. 

Que pouvez-vous nous dire au sujet de la diplomatie économique qui semble tenir une bonne place dans vos projets ?
Nos grandes entreprises internationales génèrent un cinquième des emplois salariés en France. Leur présence est indispensable.

Sur cette circonscription, le principal souci est la connaissance insuffisante du marché Asie Pacifique pour les entrepreneurs. Quand on parle développement international, on va penser à l'Allemagne, l'Europe au sens plus large, et ensuite aux Etats-Unis. Il y a un besoin de visibilité et un travail pour lever les freins que les entrepreneurs se mettent. Le député doit avoir un rôle de lien, de liant, de contact.

J'ai de l'espoir :  il va y avoir un changement de mentalité avec cette Assemblée Nationale qui va rajeunir. Avec des députés issus de la société civile, du monde de l'entreprise, qui ont une expérience du terrain, on pourra rapidement faire comprendre que les emplois sont dans les entreprises et non dans les restrictions réglementaires.

Avec l'Europe, j'ajouterais qu'il y a des synergies à mettre en place au niveau économique. Il faut savoir développer des coopérations avec des entités européennes voire l'Union Européenne elle-même qui a des ambassades et des chambres de commerce.

Sur la fiscalité, la CSG-CRDS est plutôt controversée. Quelle est votre position ?
Il y a une situation injuste dans la CSG-CRDS. Pour les Français de l'étranger en Europe, la Cour de Justice Européenne a reconnu que cette taxation n'avait pas de base légale à défaut de protection sociale, elle n'est donc plus appliquée. Pour les citoyens hors-UE, la CSG-CRDS a été réaffectée à un Fonds de solidarité vieillesse, et par conséquent nous payons toujours cette taxation.

Le mouvement En Marche ! a réfléchi au problème. Simplement, il n'est pas question de supprimer un apport de 200 à 300 millions d'euros par an. Une alternative qui nous semble cohérente serait de basculer sur une taxation du tabac pour compenser ces fonds.

Quel est votre regard sur le mandat qui se termine ?
M. Thierry Mariani a incontestablement effectué un travail à l'Assemblée, qu'on ne peut pas critiquer, il était présent. Mais il a n'a rassemblé que 27 députés de son propre camp, sur 112, lorsqu'il a fallu voter un amendement sur un sujet directement lié aux Français de l'étranger, notamment cette CSG-CRDS. Il ne fait pas l'unanimité au sein de son propre camp. Cette unanimité, c'est la force du mouvement En Marche. Emmanuel Macron nous a fait signer un engagement à être totalement solidaires entre nous et avec le gouvernement. La situation qu'a vécue Thierry Mariani ne pourra se produire avec la République en Marche lorsqu'une proposition sera à l'ordre du jour. 

Je tiens à ajouter que la transformation du pays est un match en deux temps. Le premier, c'était la présidentielle. Maintenant il y a les législatives. Le match sera gagné uniquement si la République en Marche obtient la majorité à l'Assemblée. C'est 289 sièges qui doivent être gagnés par le mouvement. J'appelle à la cohérence des Français, qui ont voté pour un changement en profondeur, de vieilles pratiques dont on a marre. Il faut aller jusqu'au bout en donnant une majorité à la République en Marche, pour un groupe parlementaire fort, cohérent et solidaire. 

Antoine Vergnaud / Marc Schildt (lepetitjournal.com/hong-kong) ? lundi 29 mai 2017

Information utile : Anne Genetet prévoit un déplacement à Hong Kong et organise une rencontre publique lundi à 19h au consulat général de France.

Lire également : 

LEGISLATIVES - Interview de Florian Bohême, candidat du Parti Socialiste

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