

A l'occasion des 50 ans des relations diplomatiques franco-chinoises, le Ministère des Affaires Etrangères a produit un documentaire de 15 minutes expliquant de manière très pédagogique l'histoire de la reconnaissance de la République populaire de Chine par la France.
Comme le rappelle ce documentaire, c'est un communiqué de 5 lignes publié simultanément à Paris et à Pékin qui établit officiellement les relations diplomatiques entre la France et la Chine le 27 janvier 1964 : "Le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République populaire de Chine ont décidé, d'un commun accord, d'établir des relations diplomatiques. Ils sont convenus à cet effet de désigner des ambassadeurs dans un délai de trois mois."
Huang Chen, Charles de Gaulle et Maurice Couve de Murville, 6 juin 1964.
Il aura fallu attendre 15 ans pour que la France reconnaisse enfin l'Etat communiste. Il faut dire que longtemps tout s'y oppose, la présence coloniale de la France en Asie et son implication dans la guerre d'Indochine, la guerre d'Algérie et le soutien de la Chine au FLN, les tensions avec la Formose de Tchang Kai-chek et surtout nos alliés américains qui en pleine guerre froide conditionnent aussi leur aide financière et leur appui politique à cette non-reconnaissance... Le général de Gaulle prend pourtant la décision au début des années 1960 de braver l'interdit. Sans doute par volonté d'indépendance mais aussi par pragmatisme.
Reconnaître la Chine pour le président français, c'est à la fois reconnaître un pays riche de plusieurs centaines de millions d'habitants, à la civilisation plurimillénaire, installé sur un territoire très vaste et avec un potentiel de développement gigantesque mais c'est aussi imposer l'image d'une France rénovée qui a tourné la page coloniale et retrouve son indépendance en matière de politique étrangère .
En 1964, la première équipe diplomatique française part donc pour la Chine "normaliser" les relations entre les deux pays. Deux proches collaborateurs du premier ambassadeur de France, Yves Pagniez, et l'attaché culturel de l'époque, Claude Martin, se souviennent de leur arrivée à Pékin. A leurs récits s'ajoutent les explications de Christine Chaigne, juriste et sinologue, mais aussi des images d'archives qui nous plongent dans l'ambiance de cette Chine maoïste où vit encore une élite qui a étudié Baudelaire et Madame Bovary.
Extrait de la conférence de presse donnée par le général de Gaullle à L'Elysée le 31 janvier 1964
"Du fait que depuis 15 ans la Chine presque tout entière se trouve rassemblée sous un gouvernement qui lui applique sa loi et qu'elle se manifeste au-dehors comme une puissance manifeste et souveraine, la France était disposée en principe, et depuis des années, à nouer des relations régulières avec Pékin. D'ailleurs, certains échanges économiques et culturels étaient déjà pratiqués..." "Mais le poids de l'évidence et de la raison pesant chaque jour d'avantage, la République française a décidé de placer ses rapports avec la République populaire de Chine sur un plan normal, autrement dit diplomatique. Nous avons rencontré à Pékin une intention identique, et on sait qu'à ce sujet le président Edgar Faure, prié d'effectuer sur place des sondages officieux, a rapporté des indications positives. C'est alors que les deux gouvernements se sont accordés pour accomplir le nécessaire.""En vérité, il est clair que la France doit pouvoir entendre directement la Chine et aussi s'en faire écouter. Et puis pourquoi ne pas évoquer, qui sait, ce qui pourra y avoir de fécond dans les rapports entre les deux peuples, à la faveur des relations entre les deux Etats."















