Les nombreux admirateurs de Bernard Werber vont se réjouir. Leur auteur est en Asie, à la rencontre de ses lecteurs coréens et chinois, et terminera ce long voyage à travers la Chine par Macao et Hong Kong. Il est sans doute inutile de présenter Bernard Werber, son ouvrage le plus connu, la Trilogie des Fourmis, a été traduit en trente cinq langues et vendu à plus de 15 millions d'exemplaires dans le monde
L'?uvre de Werber est loin de se limiter aux mondes des fourmis;l'écrivain Anne Martinetti lui consacre un livre original, découvrant toutes les facettes de cet «homme-univers» et de son oeuvre.
Voilà une biographie non conventionnelle, une sorte de dictionnaire Werber à multiples entrées dans lequel on peut picorer à loisir. Anne Martinetti qui vient de signer l'ouvrage Bernard Werber, le roi des fourmis, est elle-même un auteur très original de livres de cuisine qui, par la gourmandise, vous attire dans un autre monde, mêlant littérature, cinéma, télévision et gastronomie. Des recettes un peu inquiétantes qui vous plongent dans Hitchcock ou Agatha Christie. C'est donc avec légèreté et humour qu'elle s'attaque au personnage et à l'?uvre de ce «Roi des fourmis» avec cette mise en garde qu'elle extrait d'un de ses ouvrages : «Ne confondez jamais l'homme et sa légende».
Bernard Werber, rappelle Martinetti, est un écrivain qui jouit d'un immense succès populaire mais qui toutefois ne fait pas de consensus sur sa personne : «Entre science-fiction et fiction scientifique, voire philo-fiction, son ?uvre inclassable désarçonne les tenants du prêt à penser?. On aime ou on déteste Werber». Il est inclassable, «capable de s'attaquer aussi bien au mystère de la mort qu'à celui des dieux, de tutoyer les anges comme les galaxies. Aucun registre ne lui fait peur : polar scientifique, théâtre, science fiction débridée, nouvelles, cinéma.» Son succès fait des jaloux et fascine. A l'écouter dans ses ateliers d'écriture, il semble facile de faire un best-seller. Mais on en vient à oublier que sa fascination des fourmis date de l'enfance, qu'il lit et écrit depuis l'âge 7 ou 8 ans et que pour venir à bout de cette saga, il s'est fixé très tôt, à l'âge de 16 ans un rythme d'écriture qu'il respecte encore aujourd'hui : 4 heures d'écriture tous les matins de 8h30 à 12h30, quoiqu'il arrive. La saga des Fourmis fut, si l'on peut dire, un vrai travail de fourmi, en 1982, il avait déjà écrit 18 fois entièrement ce roman avec 18 intrigues différentes, sa dernière version faisait plus de 1000 pages ! La recherche d'un éditeur a duré six ans, avant qu' Albin Michel ne lui demande une version «light» de 350 pages (le manuscrit avait alors atteint 1463 pages).
Des fourmis... et des anges
Werber n'est pas entomologiste et ne s'est pas contenté de ses fourmis. Il enchaînera sur un autre cycle, celui des anges, avec un roman sur la mort intitulé Les Thanathonautes traduit en anglais par Les Conquérants du Paradis. Un livre grave, bâti sur deux ans et demi d'enquête sur les mystiques, les religions. Insatiable il s'intéresse ensuite aux aventuriers de la science avec Le père de nos pères. Puis il explorera, «le plus grand secret de l'humanité», celui des dieux avec une nouvelle trilogie, celle des dieux, scrutant cette fois de très haut, l'humanité grouillante. On y trouve sur l'Ile d'Aeden des humains célèbres, écrivains ou artistes, (voltaire, Rousseau, Gauguin?) suivre une formation ayant pour but de devenir des dieux. L'imagination de Werber semble intarissable.
A côté de ces grandes sagas, il y a aussi des nouvelles, des films, des bandes dessinées et des pièces de théâtre.
«Ecrire est ma fonction;j'écris des textes comme une abeille fait du miel. Je suis un animal programmé pour écrire», dit Werber qui s'était aussi fixé de produire aussi en fin d'après-midi, une nouvelle par jour, ces nouvelles formant une sorte de laboratoire d'essai pour ses gros ouvrages. Où trouve-t-il ses idées ? «Elles me viennent comme ça, sans prévenir dans la journée, suite à la lecture d'un article de journal par exemple. Aussitôt j'en fais une nouvelle. C'est celle qui me séduira le plus qui deviendra un roman.» Il donne d'ailleurs dans ses nombreux et très populaires ateliers d'écriture quelques méthodologies susceptibles d'aider les jeunes écrivains.
Anne Martinetti nous emmène donc dans les secrets de ce monde avec une certaine délectation. Elle a dans un «Dictionnaire relatif et absolu des personnages» recensé et fait le portrait succinct de 603 citoyens (fourmis y compris) de cet univers littéraire aussi grouillant que celui de ses fourmilières. On y trouve bien sûr quelques analyses pertinentes de l'auteur et de ses ?uvres mais aussi des chapitres plus ludiques comme la discothèque de la fourmilière et surtout pour clore son ouvrage, la cantine de la fourmilière.
Partant de divers plats dégustés par les personnages de l'univers Werber, cédant à sa passion gourmande, elle nous donne alors un superbe recueil de recettes, un vrai festival pour les papilles.
Bernard Werber, quant à lui, répondra aux questions de ses lecteurs le mardi 15 septembre à 19h00 à la Médiathèque de l'Alliance française.
Gérard Henry, Directeur Général Adjoint de l'Alliance Française (www.lepetitjournal.com/hongkong/html), lundi 14 septembre 2009
Bernard Werber, le roi des fourmis, de Anne Martinetti, 380 pages, Editions Gutenberg, 2009
Conférence-Débat sur le thème : ?L'imaginaire en littérature? et séance de dédicaces
Mardi 15 septembre à 19h. Vin et fromages seront servis après la conférence.
Mediathèque de l'Alliance française, 1/F, 52, Jordan Road, Kowloon, Tel: +852 2730 3257
Entrée libre, nombre de places limité, veuillez vous inscrire à cette adresse : mediatheque@alliancefrancaise.com.hk









