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Jouer "Le prénom", c'est participer à un crescendo jubilatoire

Par Marc Schildt | Publié le 15/02/2019 à 11:10 | Mis à jour le 15/02/2019 à 12:05
Le prenom hkta theatre

Avec 6 soirs affichés complet, les comédiens viennent d'annoncer une 7ème représentation, le samedi 23 février à 16h. Interrogés sur la pièce, ils nous expliquent leur plaisir à voir monter la tension lors de cette fameuse dispute et la délivrance quand les révélations éclatent.

L'histoire est connue. Deux beaux-frères se disputent sur le choix d'un prénom. Les échanges s'enveniment, la sœur et un ami de longue date s'en mêlent, et les révélations finissent par éclater sur des non-dits et un secret longuement caché. 

Rejouer cette pièce à Hong Kong était une évidence pour Émilie Guillot, même si elle l'avait déjà donnée avec un grand succès en 2013 avec son association HKTA, et même si le spectateur a certainement en tête des images du film tourné avec Patrick Bruel et Charles Berling. 

Plus qu'une évidence, c'était pour la responsable de Hong Kong Theatre Association presque un besoin. "Je trouve la pièce superbe. L'histoire, les rebondissements, ce côté très comique qui prend une ampleur terrifiante et ensuite bascule dans l'émotion. C'est une comédie noire qui marque. Et c'est une traversée très émotive pour le spectateur." 

Emilie Guillot est également metteur en scène, et sur les planches, elle est l'actrice qui incarne Babou. De leurs côtés, Bertrand Leduby et Lenny B. Conil, déjà présents en 2013, jouent respectivement Claude et Pierre. Valentine Guth et Matthieu Motte interprètent Anna et Vincent Larchet.

Interrogés sur leur rôle dans cette pièce, ils ne cachent pas leur plaisir. D'abord, la comédie est très populaire, ensuite ils apprécient tous "ce crescendo avant l'émotion" et la pièce est admirablement bien écrite, ajoutent-ils unanimes. 

Pour Émilie, Bertrand et Lenny, il y a aussi un défi supplémentaire. La jouer cinq ans après, "c'est l'occasion de ré-approfondir des rôles, de se confronter à un texte avec un regard différent, plus mûr, et de proposer quelque chose de nouveau" explique Bertrand

"Les gens vont au théâtre pour retrouver de vraies conversations" - David Mamet  

Emilie Guillot a cette phrase de l'auteur américain David Mamet pour parler de la pièce et du théâtre en général. Elle apprécie dans cette comédie, le mélange entre le fond et la forme, et l'écriture qui amène à faire réfléchir sur la relation que l'on a avec les gens au quotidien.

"Je pense qu'on ne partage plus autant de vérités, on cache des choses, on aborde moins les questions sensibles au quotidien. À un moment, on s'aperçoit qu'on a accumulé trop de non-dits et de secrets, et quand on s'ouvre, ça éclate et ça peut être très blessant! Mais, c'est ce qui fait la force d'une relation… et c'est la force de cette pièce d'en parler"

"C'est le genre de soirée qu'on aimerait avoir avec des amis ou avec sa famille" renchérit très sérieusement Bertrand.

Un savant mélange entre tension et émotion

Vu que l'intrigue débouche sur une parole de vérité, le jeu des acteurs doit aussi toucher cette sincérité explique Emilie. L'actrice, reprenant un temps sa casquette de professeure de théâtre, insiste en effet sur deux choses dans le jeu: être dans le moment présent et être le plus honnête et spontané possible. "On écoute l'autre et on réagit" résume-t-elle en citant sans s'y attarder les leçons de Sanford Meisner.  

Chaque acteur apporte sa touche au dénouement et lui donne sa force. Ils nous expliquent l'un après l'autre certains traits de leur personnage et la difficulté de les jouer.

Matthieu Motte: "Pour Vincent, ce qui est drôle ce que c'est vraiment un gosse dans un corps d'adulte. Il est agent immobilier, très beau et il en impose. Mais en fait il est puéril au possible. Dans son jeu, il y a une palette très large et je peux passer d'un mec très sûr de lui à un gamin qui se fait taper sur les doigts. Avec Pierre, c'est un combat de coqs et dès qu'il y a une femme, il redevient un enfant. C'est un peu les montagnes russes."

Lenny B. Conil: Pierre est un mec particulièrement lâche, et j'aime bien jouer ce genre de personnage parce que tu peux vraiment y aller à fond. Mais en même temps, il faut arriver à trouver dans un texte qui n'a pas la même densité que les autres, un peu de finesse pour porter quelque chose sur scène. Il y a un moment où j'explose vraiment, et c'est là que tu essaies de faire remonter des émotions. 

Bertrand Leduby: La difficulté pour Claude, elle est plus dans la rareté de son texte et dans le fait de réussir à incarner toutes ses nuances en l'absence de réplique. Il faut continuer un personnage dans le silence avec une vraie relation avec ses comparses. Ce que j'ai aimé, c'est qu'il est attachant, surprenant, et le fait qu'il devienne un des leviers de la pièce à la fin procure un certain plaisir. 

Valentine Guth: J'apparais beaucoup plus tard dans la pièce, la difficulté c'est de rentrer après une forte engueulade entre les acteurs et de m'imposer dans un univers où je suis un peu étrangère au début, donc de monter très vite en énergie. Comme Claude, je reste assez silencieuse, je connais ce secret, et il y a beaucoup de communication non verbale.  

Pour expérimenter ce retournement après être tenu en haleine par une dispute très rythmé, on ne peut que vous conseiller de vous jeter sur les dernières places. 

 

 

 

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