Un collégien est décédé le 14 octobre et quatre cas de méningite à méningocoque de type B ont été confirmés dans un collège de la commune de Hiệp Phước. Les autorités jugent la situation sous contrôle, mais un nouveau cas signalé cette semaine et la circulation de la grippe rappellent aux familles l’importance de connaître les signes d’alerte.


Tout s’est joué en quelques jours. Le 14 octobre, le centre de contrôle des maladies de Hô Chi Minh-Ville (HCDC) apprend qu’un élève du collège Hai Ba Trung, à Hiệp Phước, est gravement malade. L’enfant, né en 2014, a développé une forme très grave de la maladie. L’infection s’est propagée dans tout son sang et a empêché ses organes de fonctionner. Il est mort le jour même à l’hôpital des maladies tropicales.
Trois élèves sont confirmés le 16 octobre, puis un quatrième le lendemain : un garçon de 12 ans, en contact étroit avec l’un des premiers malades, infecté à la fois par le méningocoque B et par le virus de la grippe B. Le ministère de la Santé a demandé de renforcer la surveillance et le suivi des personnes en contact avec les malades.
Une riposte rapide, un foyer déclaré sous contrôle
Les autorités ont appliqué le protocole habituel : antibiotiques préventifs pour les contacts proches, désinfection des locaux et suspension de l’internat du collège. Elles n’ont pas basculé vers l’enseignement en ligne, estimant la situation bien maîtrisée.
Le 19 octobre, la ville a déclaré le foyer sous contrôle, aucun nouveau cas n’ayant été détecté parmi les contacts depuis le 17. Le bilan s’établissait alors à quatre cas dont un décès, les trois autres enfants étant dans un état stable à l’hôpital. Au total, 177 personnes, dont 163 élèves et 14 proches vivant sous le même toit, restent surveillées jusqu’au 25 octobre.
Un nouveau cas a toutefois été signalé dans la commune de Thượng Tân. Il s’agit d’un garçon de 12 ans, hospitalisé à l’hôpital pour enfants n° 2 et dans un état stable, dont la maladie avait d’abord été prise pour une infection virale le 14 octobre. Les médecins rappellent que la maladie se transmet par contact étroit, et non en croisant simplement quelqu’un dans la rue. Ils appellent à rester calme, mais attentif.
Reconnaître l’alerte, et que sait-on de la vaccination ?
La difficulté vient de ce que les premiers symptômes ressemblent à ceux de nombreuses autres maladies. La ville met en garde contre la propagation de la grippe A et la hausse des infections respiratoires, et plusieurs élèves du collège de Hiệp Phước étaient positifs à la grippe ou au rhinovirus. Or la méningite à méningocoque peut devenir grave en quelques heures. Devant une fièvre élevée, des maux de tête intenses, une raideur de la nuque, des vomissements ou des taches sur la peau qui ne s’effacent pas à la pression, les médecins recommandent de consulter sans attendre.
Côté prévention, la situation est contrastée. Une étude de 2024, fondée sur les données de 2012 à 2021, attribue 82 % des cas graves au Vietnam au type B. Ses auteurs relèvent pourtant l’absence de consensus national sur la vaccination et une probable sous-déclaration des cas. En France, la Haute Autorité de santé recommande depuis 2021 de vacciner tous les nourrissons contre le méningocoque B avec le Bexsero. Ce vaccin ne remplace pas les antibiotiques donnés aux personnes en contact avec un malade, et les vaccins ACWY ne protègent pas contre le type B. Les parents qui se posent la question peuvent en parler à leur pédiatre ou à un centre médical international.
Léna Baudin
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