En décembre dernier, le Vietnam a voté une loi de régulation de l’utilisation de l'intelligence artificielle, entrée en vigueur dimanche 1er mars. Il est l’un des premiers pays dans le monde et le premier pays d’Asie du Sud-Est à avoir adopté un cadre global de régulation de l’IA.


Cette loi se concentre principalement sur l’identification des dangers posés par l’IA générative, en implémentant des règles qui imposent la supervision et le contrôle de cet outil. Elle s’inscrit dans l’alignement de la loi sur l’IA élaborée par l’Union européenne.
Une loi qui reconnaît et régule les dangers de l’IA
Le Vietnam est l’un des premiers pays à adopter une législation concrète sur l’intelligence artificielle, quand la majorité des pays s’en tiennent à dénoncer les dangers qu’elle représente en termes de désinformation, d’abus et de harcèlement en ligne et de droits d’auteur. Le gouvernement a d’ailleurs affirmé que le Vietnam a élaboré cette loi afin d’intégrer les standards internationaux et de garder leur souveraineté numérique.
La loi demande aux entreprises de déclarer dûment leur utilisation de l’IA générative, tels que les deepfakes, qui sont difficilement différentiables de la réalité. Elle exige également que les entreprises déclarent à leurs clients s’ils interagissent avec des IA plutôt que des travailleurs humains. Elle s’applique aux développeurs, fournisseurs et distributeurs de ces technologies, à la fois aux entreprises vietnamiennes et aux entreprises étrangères qui opèrent dans le pays.
La première pierre d’une politique plus large
Peu de pays ont déjà mis en place des cadres réglementaires de grande envergure en matière d’IA. En janvier, la République de Corée a été le premier pays à faire entrer en vigueur sa loi de manière effective, et l’Union européenne est en train d’élaborer des règles qui rentreraient en vigueur en plusieurs étapes, pour que le plan devienne pleinement effectif en 2027.
Si la mise en place de cette loi est une évolution significative en elle-même, son efficacité dépendra des orientations mises en place par le gouvernement pour sa mise en œuvre. C’est pour l’instant un début solide qui établit la responsabilité, le contrôle par l’humain et la gestion des risques comme lignes directrices de la réglementation de l’intelligence artificielle.
L’impact de la loi dépendra des décrets qui préciseront les régulations par secteur, et des mesures d’application. Pour l’instant, de nombreuses entreprises restent dans une zone d’incertitude sur leurs obligations et attendent des précisions de la part du gouvernement.
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