Samedi 31 octobre 2020
Ho Chi Minh Ville
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Journal d'une famille confinée à Hoi An - Le jour où tout a basculé

Par Lepetitjournal Ho Chi Minh Ville | Publié le 03/08/2020 à 12:00 | Mis à jour le 12/08/2020 à 09:09
coronavirus confinement hoi an

Quand une semaine de vacances en bord de mer tourne au confinement forcé en quartier vietnamien. Pendant quelques jours, lepetitjournal.com suit les aventures d'une famille bloquée à Hoi An.
 

2 août – Le jour où tout a basculé

Nous avons de la chance. Et même un certain talent, je pense. Pour nos vacances, nous avons visé juste : Da Nang, puis Hoi An. En plein dans le mille. Bingo. Au cœur de l’actu. Pris dans une expérience immersive rare.

Au cours de la dernière semaine de juillet, un cas de Covid s’était déclaré dans un hôpital. Très vite, la tension est montée et nous avions fui Da Nang juste à temps, le 26 juillet, pensant nous mettre un peu à l’écart, à Hoi An. A vrai dire, après avoir passé plusieurs mois en semi confinement à Hô Chi Minh-Ville, je crois que nous avions peine à croire qu’une deuxième session, en pleines vacances estivales, pouvait nous tomber dessus. Mais très vite, la situation s’est tendue. Da Nang a fermé ses portes, ses hôtels, ses restaurants, autorisant uniquement l’ouverture des magasins de première nécessité (mini-market, épiceries…). Hoi An a suivi, plus mollement. Il faut dire que cette ville qui vit essentiellement du tourisme redémarrait à peine son activité. Alors, le confinement…

Le petit quartier où nous avons élu domicile est en bord de mer, à quelques kilomètres seulement du centre historique. Les premiers jours étaient plutôt tranquilles. L’ambiance était même plutôt sympathique et reposante : aucun touriste dans les rues, des prix bradés, des plages quasi désertes, des ballades en vélo au milieu des rizières… un confinement +++ en perspective. Le pied.

Puis tout a basculé. D'un coup d’un seul. Sans prévenir. Le 2 août, après avoir déjeuné dans un petit restaurant qui a accepté sans difficulté de nous accueillir et nous servir, nous revenons dans notre petit quartier où nous louons une maison avec trois chambres et une pièce à vivre. Nous faisons notre pause café habituelle du début de l’après-midi puis décidons d’aller à la plage. Mais là, au bout de la rue, un barrage a été installé, un policier et quatre gardiens de quartier nous disent qu’il est impossible de passer et que nous sommes confinés pour 14 jours, au minimum.

En interrogeant, les voisins, la propriétaire de notre maison et d’autres Vietnamiens du quartier, impossible d’avoir une information sûre. Chacun semble avoir sa version des faits. Ce qui est sûr, c’est que nous sommes coincés. Une personne de notre famille a le droit de faire des courses encore aujourd’hui. Mais à partir de demain, les gardiens se chargeront de faire nos courses. Certains disent qu’une personne infectée a résidé dans le quartier, d’autres disent deux, la propriétaire d’un restaurant nous a dit que sa tante faisait des tests… Le patient 547 habiterait le quartier.

Au cours des premières heures, nous avons l’impression d’être comme des poissons sauvages qu’on viendrait de mettre dans un bocal rond. Nous faisons deux fois le tour du quartier à pied, examinant scrupuleusement les barrages et réfléchissant à la façon dont nous pourrions nous échapper. Il y a bien ce petit chemin à peine dessiné à travers les broussailles qui doit filer vers la plage, mais le barrage est tout proche et les habitants du quartier se surveillent les uns les autres. De l’autre, il y a des barques et des bateaux. L’idée de partir par là nous traverse l’esprit…

En fin d’après-midi, je sors du quartier pour aller retirer de l’argent, car il en faut, toujours. Ce sera ma dernière sortie. J’en profite pour aller voir d’autres maisons à louer que nous avions repérées. Ce serait peut-être une possibilité de quitter le quartier. De retour à la maison, au barrage, le gardien m’avertit : « Vous avez 30 minutes pour quitter le quartier. Après, il sera trop tard. Vous serez confinés 14 jours. » Avec Sara, nous réfléchissons. « Et, après tout, si nous étions infectés ? Ce ne serait pas honnête d’aller refiler ça à d’autres ». Que faire ? Qui peut nous aider ? Quelle stratégie adopter ? Soyons clairs, pour l’instant, un confinement strict de 14 jours dans ce mouchoir de poche nous semble tout simplement insurmontable…

Le mot de Césarée, 8 ans

Pour nos vacances nous sommes allés à Da Nang et à Hoi An mais à Hoi An il y a le corona et il y a des barrières autour de notre quartier. Donc on ne pourra pas aller à la plage et on va rester 15 jours à Hoi An et il y a des policiers qui surveillent qu’on ne parte pas de chez nous. Et la tante de la dame du restaurant elle a le corona et elle est de notre quartier donc c’est pour ça qu’il y a des barrières autour de notre quartier. Et là on est en train de s’inquiéter et on a peur de mourir mais on peut toujours acheter des choses pour manger. Mais on ne peut que acheter des trucs à manger en une seule journée c’est tout. On essaie de réfléchir comment on peut sortir de là avant qu’il soit trop tard. C’est la seule chance qu’on a de sortir de là. On n’a pas du tout de la chance mais on a de la chance d’aller en vacances. 

Le mot de Salomon, 14 ans

Ouch ! 15 jours confinés dans une zone de 10 mètres carrés ! L’affreuse nouvelle s’est abattue en plein dans ma tronche alors que je me dirigeais vers la plage. Ce midi, des barrières sont apparues dans notre quartier, nous privant de tout activités. A la vue de ces frontières, nous avons tout de suite rebroussé chemin.

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