Dans la province de Lam Dong, située dans la région des hauts plateaux du centre du Vietnam, des enfants de l’ethnie Hmong sont contraints de vivre seuls dans des chambres louées par leurs parents à 15km de leur village afin de pouvoir aller à l’école et avec l’espoir de sortir leur famille de la pauvreté.


De nombreux enfants Hmong habitant dans les hauts plateaux du centre du Vietnam n’ont pas d’école dans leur village, et doivent apprendre à vivre seuls à un très jeune âge afin de pouvoir aller à l’école. Un article du journal vnexpress explique que c’est le cas de Giang Thi Nu, une enfant de 13 ans qui doit s’occuper de ses quatre petits frères et sœurs à 15km de son village. Cet article raconte son parcours de vie et son quotidien dans les hauts plateaux.
Quitter leur village temporairement pour aller à l’école
Ses parents l’ont envoyée à l’école à l’âge de 5 ans, où elle devait vivre avec des filles plus âgées. Quand elle est rentrée au collège, sa mère a loué une chambre séparée et lui a confié la responsabilité de ses 4 frères et sœurs cadets. Tous les jours, elle va à l’école, et ensuite son travail commence : elle cuisine, fait la lessive et supervise les devoirs de ses frères et sœurs.
Ses parents se relaient les week-ends pour leur rendre visite ou les raccompagner dans leur village, et leur donnent principalement des œufs et des légumes de longue conservation afin qu’ils puissent se nourrir. Certains parents apprennent même à leurs enfants à cultiver leurs propres légumes et à élever des poulets sur les terrains environnant leur école. Pendant la saison des pluies, la route forestière reliant l’école au village est impraticable et les empêche de retrouver leurs parents pendant des mois.
Des conditions de vie précaires
Les enfants vivent dans une série de baraques faites de planches en bois et de tôle qui abritent plus de 30 enfants Hmong de la maternelle au lycée. Les chambres font environ 10m2 et coûtent de 400 000 à 600 000 VND par mois (13€ - 20€). Il n’y a aucun meuble, seulement des sacs d’école et des vêtements dans des sacs en plastique, avec une petite gazinière rouillée en son centre pour cuisiner, principalement des légumes récoltés dans la forêt et des œufs frits.
Giang Thi Nu explique que le vent s’infiltre entre les planches de la chambre, et le froid oblige les enfants à se serrer les uns contre les autres la nuit pour se tenir chaud. Selon Thao Van Phu, qui est à la tête du district où les familles habitent, le village se situe à 15km de l’école par un chemin de forêt et n’a pas d’électricité, de réseau internet ou d’école.
Par conséquent, 200 élèves de maternelle et de primaire sont obligés de louer des chambres afin de pouvoir aller à l’école. Il explique que la majorité des parents sont effrayés à l’idée de laisser leurs enfants habiter seuls et certains sont obligés de les retirer de l’école à cause du manque de moyens pour louer une chambre à proximité.
Un espoir de sortie de pauvreté
La mère de Giang Thi Nu explique que leur foyer gagne entre 60 et 70 millions VND (2.000€ - 2.300€) par an grâce à la vente de leurs produits fermiers, et espère qu’en envoyant ses enfants à l’école, ils pourront échapper à la pauvreté qui a fortement touché leur génération.
Les écoles, quant à elles, manquent de moyens pour construire des chambres pour les élèves et subvenir aux besoins des enfants. Néanmoins, elles ont des listes recensant les élèves qui vivent seuls à proximité, et les enseignants les visitent régulièrement. Parfois, ils mettent de la nourriture de côté pour l’apporter aux enfants.
Selon Truong Van Sang, président du comité populaire de la commune de Dam Rong 2, le terrain accidenté et la population dispersée sont les deux obstacles majeurs au développement des infrastructures dans la zone. Néanmoins, il affirme que les autorités communales ont priorisé l’investissement dans le développement des routes et la construction d’écoles dans la zone sur la période 2026-2030.
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