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Leymonerie Nicolas, Vietnam: “Vivre au Vietnam solidarité française et francophonie”

Dans le cadre des élections des conseillers des Français de l’étranger au Vietnam qui se tiendront le 31 mai 2026, le Petit Journal donne la parole aux quatre listes officiellement candidates.

Leymonerie NicolasLeymonerie Nicolas

À travers cette troisième interview de la série, vous découvrirez les priorités, les engagements et la vision portés par la liste Vivre au Vietnam solidarité française et francophonie. C’est son représentant, Nicolas Leymonerie, qui a accepté de répondre à nos questions. 

Nous en profitons également pour rappeler que le vote se tiendra le 31 mai : une échéance importante pour faire entendre votre voix et contribuer à la vie démocratique de la communauté française au Vietnam.

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ? 

Je m’appelle Nicolas Leymonerie, je suis originaire du Limousin, j’ai 45 ans et je suis résident permanent au Vietnam où je vis depuis 20 ans. Je suis marié et père de deux enfants franco-vietnamiens, dont l’aîné aura 18 ans cette année. Je suis arrivé à Hanoï en suivant mon épouse que j’ai rencontrée à Paris alors que nous étions étudiants. J’y ai travaillé pour FPT et Vinagame (VNG), puis j’y ai créé une entreprise dans le domaine du numérique ainsi que la branche vietnamienne de l’Association internationale des développeurs de jeux vidéo (IGDA), ce qui m’a amené à voyager pour représenter l’industrie locale et, plus tard, à rejoindre la French Tech Viet à ses débuts. 

En 2011, ma famille s’est installée à Dalat où j’ai commencé à exercer des activités bénévoles ayant principalement trait à la francophonie, à la coopération franco-vietnamienne, à la mémoire d’Alexandre Yersin, à la protection du patrimoine architectural et de l’environnement, et au soutien aux victimes de l’Agent orange.

En 2016, avec mon épouse, nous avons fondé l’unique centre francophone des Hauts plateaux du Centre, l’Antenne, ce qui m’a permis d’être en relation avec de nombreuses associations françaises d’amitié pour le Vietnam et avec les institutions francophones. Notre structure a rejoint le Réseau International des Maisons des Francophonies en 2020. Je suis actuellement membre du bureau de ce réseau qui représente les actions de la société civile pour la francophonie. Ces activités bénévoles m’ont valu d’être décoré de l’Ordre national du mérite et m’ont permis de rencontrer des personnalités exceptionnelles.

Plus récemment, j’ai écrit le livre Comprendre les Vietnamiens, dans lequel je partage les fruits de mon expérience d’intégration au sein de la société locale. J’ai ensuite été certifié comme enseignant de vietnamien par une université de Hô Chi Minh-Ville, de sorte que je donne désormais des cours de vietnamien tout en poursuivant des activités d’écriture et de traduction. 

Je suis également référent au sein du réseau de sécurité consulaire pour l’îlot des Hauts plateaux du Centre. J’ai par ailleurs toujours été impliqué dans le renforcement des liens au sein de la communauté française, notamment via les réseaux sociaux. 

Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?

Un conseiller doit être à l’écoute des Françaises et des Français installés au Vietnam afin de les accompagner dans leurs démarches administratives, leur vie quotidienne et l’accès à leurs droits. C’est sa mission habituelle d’assistance. 

La mission qui importe le plus à nos yeux est celle de la représentation démocratique découlant du suffrage universel direct. Cela implique un véritable pluralisme et c’est là que notre candidature joue sans doute un rôle majeur dans cette élection.

 

Liste Vietnam: candidate aux élections des conseillers des français de l'étranger

 

Avec Vivre au Vietnam, nous voulons faire en sorte que les conseillers servent à l’intérêt général de leurs concitoyens dans leur ensemble, et non seulement à des intérêts particuliers. Que le pluralisme des opinions soit garanti lors des conseils consulaires et lors du vote aux élections sénatoriales.

Nous voulons enfin, par le dialogue et une relation de confiance, recréer du lien au sein de la communauté française. L’épreuve de la pandémie de 2020, les crises actuelles et à venir, montrent que l’on ne pourra pas toujours compter sur l’État-providence. Il est donc nécessaire de renforcer la solidarité française et qu’un discours libre de toute attache associative ou politique soit porté par un élu.

Comment avez-vous constitué votre liste ? 

Pour quelqu’un qui ne bénéficie pas du soutien d’associations locales ou d’organisations politiques ou économiques, constituer une liste pour les élections consulaires est une véritable gageure. Les Français sont généralement informés de l’ouverture des candidatures peu de temps avant la date limite de leur dépôt, ce qui ne laisse que peu de temps à une liste citoyenne et indépendante de se constituer.

De fait, les listes présentes à ce scrutin sont toutes issues de structures associatives et des scrutins précédents, à l’exception de la nôtre.

Si nous avons pu réaliser ce tour de force depuis Dalat, c’est parce que j’ai répondu très tôt, début 2025, à l’appel d’un conseiller basé à Hong Kong. Celui-ci visait à constituer des listes partout dans le monde, s'inscrivant dans un élan global de citoyens refusant de voir l’image et l’influence de la France s’éroder d’année en année et souhaitant contribuer à son rayonnement où qu’ils se trouvent.

Il m’a fallu plusieurs mois de réflexion et de consultations pour me lancer dans la création de la liste. Pour la former, j’ai multiplié les rencontres et les échanges, diffusé des annonces en recherchant des personnes à la fois humbles, expérimentées et dotées d’un esprit fédérateur.

Au final, je suis très satisfait et fier de cette liste polyvalente, implantée dans différentes réalités (Dalat, Hanoï, Hô Chi Minh-Ville), représentative de notre communauté et dont chaque membre est un vrai modèle d’intégration, capable de conseiller efficacement nos compatriotes.

Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?

Il s’agit des seules élections permettant aux Français du Vietnam de choisir des représentants locaux susceptibles d’influer sur leur vie quotidienne. En votant pour un conseiller, nous lui confions également notre voix pour l’élection d’un sénateur des Français de l’étranger qui disposera de moyens concrets répondant à nos aspirations et à nos valeurs. 

Les prochaines élections consulaires auront lieu dans six ans. Dans un contexte marqué par la multiplication des crises, il s’agit donc d’un rendez-vous important à ne pas manquer. Pourtant, nous constatons un fort désintérêt pour ce scrutin, souvent lié à une méconnaissance du rôle des conseillers et, il faut bien le dire, au peu d’écho qu’ils ont eu dans la plupart de nos vies. La première élection, en 2014, avait connu 77% d’abstention, un chiffre monté à 82% en 2021.

Les Français expriment ainsi leur défiance vis-à-vis de candidats trop proches des milieux politiques et le fait qu’ils ne se sentent ni soutenus, ni représentés dans leur grande majorité. Par notre victoire, nous voulons qu’au moins un des trois conseillers incarne une nouvelle donne, un renouveau que beaucoup espèrent ici comme ailleurs.

Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?

Le Vietnam est un pays où la préférence nationale est fortement appliquée, ce qui rend particulièrement difficile et précaire une immigration dans ce pays où l’étranger a des droits très limités. Ce Vietnam fier et souverain se mérite et ne fait pas de cadeaux sans contrepartie, il est important que nos compatriotes sachent à quoi s’en tenir afin de faire les bons choix. Mais il offre aussi de réelles opportunités, y compris en dehors des solutions traditionnellement réservées aux expatriés.

Par ailleurs, les Français doivent s’attendre à une diminution progressive de l’assistance publique (aides sociales, bourses scolaires, etc.), ce qui implique un besoin accru d’autonomie, de débrouillardise, de cohésion solidaire entre compatriotes et d’intégration dans la société vietnamienne.

C’est le choix que nous voulons incarner lors de cette élection : celui d’un avenir lucide, vaillant et responsable à rebours d’un modèle fragile et usé.

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