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Hanoi : Tribune des enseignants et personnels éducatifs du lycée Alexandre Yersin

Face au projet de fermeture de plusieurs classes à la rentrée 2026, les enseignants et personnels éducatifs du lycée Lycée Alexandre Yersin alertent sur une dégradation annoncée des conditions d’apprentissage et de travail au sein de l’établissement. Alors que les effectifs restent stables, que la trésorerie du lycée est excédentaire et que les frais de scolarité continuent d’augmenter, la communauté éducative dénonce des choix budgétaires jugés incohérents et dangereux pour l’avenir de l’école. Soutenus par l’APE, les signataires demandent le maintien des classes et des postes, ainsi qu’un moratoire sur l’homologation de nouvelles écoles partenaires dans le nord du Vietnam.

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lycee Français Alexandre Yersin à Hanoi
Écrit par La Rédaction
Publié le 26 mai 2026

 

"Nous, enseignants du premier et second degré et personnels éducatifs du lycée Alexandre Yersin de Hanoï, souhaitons vous faire part de notre profonde inquiétude concernant l’avenir de notre établissement à la rentrée 2026. À ce jour, alors même que la lettre de cadrage relative à la carte des emplois ne nous a toujours pas été transmise, nous avons appris qu’un projet de fermeture de deux classes était fortement envisagé pour l’année prochaine.

Signez la pétition ici 

 

Une telle décision nous paraît inacceptable, pour plusieurs raisons majeures :

  1. Cette mesure qui a pour but une augmentation des effectifs à plus de 25 élèves par classe, dégraderait fortement les conditions d’accueil et d’apprentissage des élèves (29 élèves par classe en CE2, 27/28 élèves par classe en CM2, plusieurs doubles-niveaux...), ainsi que les conditions de travail des personnels.
  2. Notre établissement accueille déjà de nombreux élèves non-francophones et des élèves à besoins éducatifs particuliers, dont l’accompagnement nécessite du temps, des effectifs adaptés et des équipes stables. Réduire le nombre de classes aggraverait encore ces difficultés, surtout dans un contexte international où les arrivées d’élèves en cours d’année sont fréquentes.
  3. La fermeture d’une classe de Petite Section entraînerait également des conséquences durables sur toute la maternelle, ainsi que sur l'école élémentaire. Elle conduirait, en effet, à ne maintenir qu’une seule classe de PS, mettant fin au travail en équipe entre deux classes de ce niveau et fragilisant les conditions d’accueil des futurs élèves de Moyenne Section. Dès l’année suivante, ces classes de MS accueilleraient, par voie de conséquence, environ deux tiers de nouveaux élèves, essentiellement des élèves non-francophones, pour seulement un tiers d’élèves ayant bénéficié d’une année complète de Petite Section. Ceci aura inévitablement des répercussions très négatives dans les niveaux suivants
  4. Ces fermetures mettraient directement en péril le poste d’une de nos collègues ASEM, membre de notre équipe éducative depuis 5 ans, et à qui aucune proposition de reclassement à poste et rémunération équivalents n’a, à ce jour, été formulée.
  5. Les mêmes inquiétudes concernent également le secondaire, où les fermetures de classes prévues entraîneraient une hausse des effectifs jusqu’à 30 élèves par classe pour certains niveaux. Cette augmentation risque de fragiliser la qualité des apprentissages et de l’enseignement du français tout au long du parcours scolaire des élèves, de la petite section à la terminale.

 

Ces mesures apparaissent d’autant plus incompréhensibles que, dans le même temps :

  1. Le budget de l’établissement est excédentaire. Ainsi, le montant de la trésorerie s’élève à 6.349.138,29€ au 31 décembre 2025, en augmentation de 11,31 % en 2025  (+ 644 932,70 €uros).
  2. Les effectifs du lycée en général, et du premier degré en particulier, demeurent stables, voire sont en légère augmentation (projection à 656 à la rentrée 2026, 2% d’augmentation).
  3. L’AEFE s’apprête à homologuer une troisième école dite « partenaire » en trois ans dans la zone Vietnam Nord, alors même que ces établissements nous font, dans les faits, une concurrence directe en captant une part importante des effectifs de nos classes maternelles.
  4. Les frais de scolarité connaissent une hausse continue : + 4 % sur les 4 dernières années, avec de nouvelles augmentations prévues de 5 % sur les prochains exercices budgétaires.

 

Dans ce contexte, nous demandons :

  1. Le maintien des classes et des postes actuels, afin de préserver des conditions d’accueil et d’apprentissage de qualité, adaptées aux besoins de nos élèves, à la réalité de l’établissement et à l’objectif d’excellence affiché par l’AEFE.
  2. Un moratoire sur les homologations de nouvelles écoles dites « partenaires » dans la zone Vietnam Nord.
  3. Le rétablissement des deux supports de résidents supprimés, qui nous permettront de recruter des enseignants diplômés et expérimentés, tout en leur permettant de poursuivre normalement leur progression de carrière, ce qui n’est pas le cas en contrat de droit local.

 

   Cette démarche, portée conjointement par les enseignants et les personnels éducatifs, reçoit le soutien plein et entier de l’APE du lycée, en particulier en ce qui concerne le maintien des postes des personnels éducatifs.

    Elle témoigne de notre attachement commun à la qualité de l’accueil et d’apprentissage à la hauteur des besoins de tous les élèves du lycée Alexandre Yersin.

    Etant attachés à la qualité du service éducatif rendu aux élèves et à la pérennité de notre établissement, nous espérons que ces demandes seront considérées avec toute l’importance qu’elles méritent.

    Nous vous remercions par avance de l’attention portée à cette démarche." 

 

Publié le 26 mai 2026, mis à jour le 26 mai 2026
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