La Corée du Sud entend faire du Vietnam le pivot de sa stratégie de développement du K-Food en Asie du Sud-Est. Annoncée à l’issue de la foire ASEAN K-Food 2026 organisée à Hanoï, cette décision confirme le rôle grandissant du Vietnam, à la fois comme marché d’exportation, de consommation et comme plateforme logistique au service des autres marchés de l’ASEAN.


Une stratégie régionale pour le K-Food annoncée à Hanoï
Le Vietnam occupe désormais une place centrale dans la stratégie d’expansion du K-Food en Asie du Sud-Est. À l’issue de la foire ASEAN K-Food 2026, organisée les 2 et 3 juillet à Hanoï, le ministère sud-coréen de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales (MAFRA) a annoncé faire du pays sa principale plateforme logistique et commerciale pour développer les exportations de produits alimentaires coréens vers l’ensemble des marchés de l’ASEAN.
Cette décision intervient dans un contexte favorable. Le Vietnam est aujourd’hui le quatrième marché d’exportation des produits agricoles et alimentaires sud-coréens, tandis que la popularité croissante de la culture coréenne continue d’alimenter la demande pour le K-Food. La foire organisée à Hanoï est venue illustrer cette dynamique : 45 entreprises exportatrices sud-coréennes y ont rencontré 107 acheteurs venus de plusieurs pays de l’ASEAN, débouchant sur la signature de 46 protocoles d’accord représentant un potentiel d’exportation de 21 millions de dollars. Les produits certifiés halal, les spécialités inspirées de la cuisine de rue coréenne ainsi qu’un espace consacré aux ramen inspirés du fleuve Hangang ont également suscité un vif intérêt auprès des visiteurs.
Ainsi, au-delà de son importance comme marché d’exportation, le Vietnam est désormais appelé à jouer un rôle plus large dans la stratégie sud-coréenne, en devenant une plateforme logistique et commerciale destinée à soutenir le développement des échanges agroalimentaires entre la Corée du Sud et les marchés voisins de l’ASEAN.
Hanoï au cœur du dispositif logistique sud-coréen
Pour accompagner cette ambition, Séoul renforce ses infrastructures au Vietnam. Mis en service en juin, un centre logistique multimodal à Hanoï est désormais au cœur du dispositif. Équipé de chambres de réfrigération, de congélation rapide et d’une chaîne du froid, il doit garantir la qualité de produits tels que les fraises, les raisins, les poires et les produits d’élevage, afin de soutenir les exportations de produits frais grâce à des infrastructures adaptées.
Le gouvernement sud-coréen prévoit également d’étendre son programme V-Express, qui combine accompagnement logistique, soutien marketing et actions de promotion afin de réduire les coûts d’importation et de transport tout en renforçant la visibilité des produits coréens sur le marché vietnamien.
Cette stratégie s’appuie aussi sur des partenaires déjà bien implantés localement. Avec près de 150 magasins au Vietnam, la chaîne K-Market doit jouer un rôle clé grâce à son réseau logistique et commercial. L’objectif est de développer des opérations de promotion conjointes et de s’appuyer sur cette implantation pour étendre progressivement la distribution des produits alimentaires coréens vers les marchés voisins, notamment le Cambodge et le Laos.
Le Vietnam, porte d’entrée vers l’ASEAN
Au-delà des investissements logistiques, la Corée du Sud adapte sa stratégie aux évolutions du marché vietnamien. Selon une étude menée par le MAFRA, la demande des restaurants, des chaînes de restauration et des cantines pour des plats préparés, des kits repas, des sauces et des ingrédients coréens est en forte progression. Pour répondre à cette évolution, les autorités souhaitent renforcer leur soutien aux entreprises exportant des produits destinés aux professionnels, marquant un passage d’une stratégie principalement orientée vers les consommateurs (B2C) à une approche davantage centrée sur les entreprises (B2B).
Pour Jeong Gyeong-seok, directeur général de la politique de l’industrie alimentaire au MAFRA, le Vietnam constitue une base stratégique pour développer les exportations de produits agricoles frais et d’ingrédients alimentaires en Asie du Sud-Est. En s'appuyant notamment sur le hub logistique de Hanoï et sur le réseau de distribution de K-Market, Séoul entend renforcer la présence du K-Food dans l’ensemble de l’ASEAN, avec le Cambodge et le Laos parmi les premiers marchés visés.
Sur le même sujet







