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Labellisation FSC : Vers une gestion durable des forêts vietnamiennes

La culture et la vente de ressources forestières à l’international est une source de revenus importants pour de nombreux villages vietnamiens du Nord et du Centre depuis des décennies. Néanmoins, les marchés mondiaux ont graduellement gagné en exigences quant à la gestion des ressources et aux méthodes de récolte du bois, en demandant notamment la certification des marchandises par le label FSC. Cette évolution a encouragé les cultivateurs vietnamiens à préférer un modèle plus durable écologiquement et économiquement.

Labellisation FSC : Vers une gestion durable des forêts vietnamiennesLabellisation FSC : Vers une gestion durable des forêts vietnamiennes
Écrit par Gaïa Beard
Publié le 13 février 2026

Le rapport national sur l’état des forêts de 2024 présente la surface forestière comme recouvrant 14,874 millions d’hectares de terres boisées, soit 44,89 % du territoire national vietnamien. Par conséquent, sa gestion est capitale afin de préserver la biodiversité ainsi que les revenus des localités qui dépendent d’elle. Pendant des décennies, les villageois qui vivaient de la vente de bois plantaient des arbres à pousse rapide, et coupaient les troncs prématurément quand les cours du marché étaient favorables. 

Désormais, les marchés exigent de plus en plus la certification du bois et des gages de durabilité des cultures, ce qui a entraîné un bouleversement des habitudes de gestion des producteurs. Les cycles de plantation et de récolte ont été allongés, et les variétés étrangères à pousse rapide comme l’eucalyptus et l’acacia ont commencé à être remplacées par des espèces indigènes de la région, qui possèdent des troncs plus larges et de meilleure qualité, en plus de consolider l’écosystème dont elles font partie. 

Le label FSC comme moteur de la transition

Le label FSC, ou Forest Stewardship council, est présent dans le monde entier, et concerne des millions de produits de notre quotidien, allant des livres aux rouleaux de papier toilette, tout en passant par de nombreux emballages alimentaires en carton. Ce label est un gage de qualité et de durabilité des matériaux utilisés, prodiguant une transparence d’information sur la provenance et les méthodes de récolte du bois. 

Par conséquent, si les producteurs veulent obtenir ce label, ils doivent sélectionner prudemment leurs graines, allonger leurs cycles de récolte et mettre en place des mesures de protection de l’environnement et de la biodiversité. Étant donné que le marché européen exige ce label, les producteurs ont accepté de supporter les coûts d’obtention de ce dernier, afin de garantir des revenus plus stables et importants sur le long terme. 

Une opportunité de sortie de la pauvreté et de formation

Pour les communautés locales et les villages, où chaque famille possède un bout de forêt, l’évolution de la culture forestière leur a permis d’avoir des revenus plus prévisibles et stables. Mais au-delà des ressources économiques qui soutiennent ces villages, les programmes FSC leur prodigue une formation extensive sur nombre de sujets, ainsi qu’une sensibilisation aux enjeux globaux qui aura une forte importance pour ces communautés sur le long terme.

Ces formations comprennent du management forestier, de la prévention contre les incendies, des mesures de protection de la biodiversité ainsi que la sécurisation des lieux de travail. Le label interdit notamment la pratique de l’agriculture sur brûlis, qui consiste à mettre feu aux parcelles pour défricher, afin de pouvoir injecter de l’engrais et planter plus vite les nouvelles semences.

La vente de bois est devenue un investissement pour le futur, un moyen pour les familles de la ruralité d’économiser sur le long-terme, plutôt qu’un revenu sur lequel vivre.

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