Depuis quelques années, le Vietnam engage une transition vers un modèle de production et de consommation plus durable afin de répondre aux exigences environnementales internationales. Cette stratégie repose sur plusieurs axes : industrie verte, énergies propres, transports durables, infrastructures écologiques, agriculture responsable et finance verte. Cependant, cette transition reste un défi dans un pays marqué par une industrialisation rapide, particulièrement à Hô Chi Minh-Ville. Confrontée à la pollution, à l’urbanisation accélérée et au changement climatique, la ville renforce ses investissements environnementaux pour devenir une métropole plus verte et durable.


Des objectifs concrets pour une ville plus verte
Pour mener à bien sa transition verte, Hô Chi Minh-Ville estime avoir besoin d’environ un million de milliards de dôngs d’investissements destinés à transformer l’ensemble de ses secteurs clés, de l’industrie aux transports, en passant par les infrastructures urbaines et les énergies renouvelables.
Le 19 mai 2026, le gouvernement a adopté un nouveau décret définissant un cadre juridique supplémentaire qui permettra à la ville de promouvoir la finance verte, les mécanismes d’échange de crédits carbone ainsi que les modèles économiques à faibles émissions.
Un plan convenu sur 100 ans
Le 2 juin dernier, le Conseil populaire de Hô Chi Minh-Ville a organisé un atelier sur le plan directeur de la ville avec une vision sur 100 ans. En collaboration avec l'Institut de recherche sur le développement de la ville, le Département de la planification et l'architecture et le Département des finances, l’ambition de l'événement était de définir les modifications nécessaires à hisser la ville parmi les 100 agglomérations les plus agréables à vivre au monde.
Les principaux points sur lesquels les dirigeants se sont accordés de se concentrer sont le développement d'espaces et d'infrastructures plus optimisés, tant en termes d'aspects socio-économiques que de réalisation (optimisation des ressources), l’amélioration de la qualité de vie des citoyens ainsi que le renforcement de l’adaptabilité au changement climatique.
Des exigences internationales croissantes
Le durcissement des exigences internationales en matière de réduction des émissions de carbone exerce une pression croissante sur le Vietnam, l’incitant à adapter ses modes de production et de consommation afin de se conformer aux normes et objectifs établis par les organisations internationales.
Dans un contexte de réorganisation des chaînes d’approvisionnement mondiales, les entreprises vietnamiennes se doivent également de prendre en compte les normes écologiques afin de rester attractives. Les investisseurs privilégient désormais l’innovation, la technologie et les compétences de la main-d’œuvre, tout en accordant une importance croissante aux critères ESG, à la transition écologique, à l’efficacité énergétique et à la transformation numérique.
Des obstacles à surmonter avant d’atteindre les objectifs fixés
La transition vers un idéal de “métropole verte” reste néanmoins encore illusoire pour une ville comme Ho Chi Minh. Les périodes de grande chaleur entraînent une hausse considérable de la demande en électricité et la ville doit encore faire d’importants efforts en termes de gestion des déchets ou de gaspillage de l’eau.
Les efforts principaux sont engagés par les entreprises qui se doivent d’entrer dans les normes internationales pour attirer des investisseurs. Néanmoins le président de l’Association des entreprises vertes de Hô Chi Minh-Ville affirme que la plupart des entreprises n’ont en réalité pas les moyens et les capitaux travail et machine pour mener à bien cet objectif de réduction de leurs émissions. Selon lui, presque 90% d’entre elles n’ont pas encore entamé le processus de transition verte.
La multiplication des infrastructures vertes
Face à la hausse de la demande en électricité et à la volonté des autorités de réduire les émissions et renforcer la sécurité énergétique, la ville d'Hô-Chi-Minh-Ville vise à ce qu'environ 10 % des bâtiments administratifs et 10 % des ménages s'équipent chaque année de systèmes solaires photovoltaïques autoconsommés sur leurs toits.
Selon la société HCMC Power Corporation (EVNHCMC), la ville compte actuellement 23 669 systèmes solaires photovoltaïques. La plupart des installations appartiennent à des ménages et des particuliers, même si les entreprises commencent à en comprendre l’enjeux.
Certaines grandes enseignes de distribution se sont par exemple imposées comme des acteurs clés de l'adoption de l'énergie solaire photovoltaïque en toiture. Central Retail Vietnam, MM Mega Market Vietnam ou encore Saigon Co.op ont adopté pour la mise en place de panneaux solaires dans la plupart de leurs enseignes. Ils estiment que la baisse de consommation d'électricité est considérable et permet une réduction importante des coûts de production, encourageant d’autres entreprises à faire de même.
Néanmoins, l’adoption à plus grande échelle des panneaux photovoltaïques continue de se heurter à des défis, notamment des coûts d'investissement initiaux élevés, des exigences techniques et une capacité de stockage d'énergie limitée.
Un effort qui se poursuit
Le vice premier ministre Pham Binh An pense que la transition écologique nécessite une répartition claire des responsabilités entre les acteurs publics et privés. L’État est appelé à créer un environnement favorable grâce à des mécanismes de soutien appropriés, tandis que les entreprises doivent assumer un rôle central dans cette transformation en mobilisant leurs capacités d’investissement, d’innovation et d’adaptation aux nouvelles exigences environnementales.
Dans cette perspective, les politiques publiques ne peuvent plus se limiter à des engagements de principe. Elles doivent se traduire par des actions concrètes visant à faciliter l’accès aux financements, au transfert de technologies, aux données environnementales ainsi qu’au développement de compétences spécialisées dans les métiers verts. Les experts soulignent également la nécessité d’alléger les procédures administratives relatives à la construction et à l’environnement, pour favoriser la création de nouveaux modèles de technologies durables et d'une économie plus écologique.
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